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SUR LA. GÉOLOGIE ET L'HYDROLOGIE DE LA SÉNÉGAMBIE

Dans notre colonie du Se'négal, on peut distinguer, autant que le permet l'état actuelde nos connaissances géologiques, un certain nombre de régions naturelles bien tranchées.

Fouta-Djallon. — Le dôme primitif du Fouta-Djallon est le nœud hydrographique de cette région. C'est de lui que descendent, vers tous les points cardinaux, ces grandes rivières : Djoliba, Tankisso, Bafing, Falémé, Gambie, Rio Grande, Konkouré, Scarcie, Rokelle, etc.

Ce massif, formé de granités et d'autres roches cristallines, de gneiss, de grès, de schistes primaires, souvent métamorphiques, de calcaires siliceux, paraît présenter tous les caractères d'une grande ancienneté.

Il est constitué par de hauts plateaux, atteignant i .5oo mètres d'altitude, entaillés par de profondes vallées. Les descriptions de certains voyageurs donnent à penser que certaines de ces vallées ont été autrefois occupées par des glaciers, qui auraient laissé des traces de leur action (moraines, roches polies, striées, moutonnées du Kakoulima, du Sannou, du

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Kinsam.) Dans la colonie anglaise de Sierra-Leone, on aurait reconnu des blocs erratiques, transportés par ces glaciers.

C'est certainement dans les roches primaires du Fouta- Djallon et de ses contreforts qu'il faut rechercher les filons de quartz aurifère dont les débris et les pépites, charriés par les eaux qui ruissellent de ce massif, ont constitué les gisements aurifères, en particulier ceux de Bambouk, du Bondou et du Bouré.

Plateaux. — Les vallées supérieures du Sénégal et du Niger passent au travers de larges assises de grès, grossiers et plissés à la base, fins et horizontaux au sommet, et que Ton assimile provisoirement, en l'absence de tous fossiles, aux grès permo-triasiques de Karoo (Afrique australe); on trouve également des calcaires siliceux accompagnés de calcaires spathiques; toutes ces couches reposent sur des schistes primaires, quelquefois micacés, souvent injectés par des filons de quartz, de granité, et autres roches diverses. Au travers de ces grès, les eaux de ruissellement ont effectué de ^Duissantes érosions, déterminant ainsi les beaux aspects ruiniformes du Tambaoura, les montagnes tabulaires, les larges brèches à parois verticales que l'on rencontre en amont de Bakel. Ce sont ces grès qui opposent aux eaux du Sénégal les résistances qui les obligent à la chute de 1 5 mètres de Gouina, aux dangereux rapides du Félou, qui arrêtent la navigation en amont de Kayes.

Basse vallée. — En aval de ces rapides, la vallée du Sénégal s'étend entre les formations gréseuses du pays des Maures, duFouta et duFerlo,aussi*désertiques les unes que les autres. Dans la vaste plaine où se creuse son lit, le fleuve s'est livré à des divagations sans nombre*, sur ses deux rives s'étend

un dédale inextricable de marigots; entre ses bras, de vastes îles (île à Morfil), autrefois très boisées, maintenant presque entièrement livrées aux cultures, sont à chaque crue recouvertes en parties par Peau, qui chaque fois dépose un limon fertilisant. Le fond de cette vallée est tout entier constitué par les apports du fleuve, sables, graviers, argiles, dont on ignore le soubassement. Les sondages effectués à Saint- Louis portent

Terme inférieur des calcaires du Cap Vert (2 kil. sud de Popenguinc).

leur épaisseur à un minimum de i5o mètres. Le Pecten VariuSj que l'on trouve vers cette profondeur dans les sondages de Saint-Louis, vit actuellement dans les parties chaudes de rOcéan ^l de la Méditerranée. Sur ce travail de remplissage et de colmatage effectué par les eaux est venu se greffer le travail du vent, qui, remuant le sable, a élevé des dunes, atteignant 5o mèîres en certains points, capables de dévier le cours des marigots, et dont la marche lente fait progresser sans cesse le désert vers le sud.

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En outre, le long des marigots qui avoisinent la mer, Taction des organismes vivants a créé de singulières collines de coquillages, mêlés de sables et de limons, qui peuvent s'élever à 35 mètres, comme celle exploitée pour ballast à Tountoulit. La plupart des mollusques dont les coquilles forment ces accidents appartiennent à des espèces actuellement vivantes dans les eaux saumâtres. Cette formation, bien connue dans les environs de Saint-Louis, se retrouve un peu partout où il existe des lagunes saumâtres. Ainsi, à la Somone, entre Rufisque et Portudal, des acéphales {Arca)^ des gastéropodes, [T/mpanotoniis)^pèchés comme comestibles par les indigènes, contribuent journellement à augmenter de leurs débris des collines déjà hautes de 8 à lo mètres.

Cayor et Baol. — Le Cayor et le Baol constituent une autre région, dont le soubassement comprend des couches très variées, plissées et faillées par les grands mouvements du sol qui ont accompagné l'apparition des volcans du Gap Vert. Il est malheureusement difficile de se faire une idée très exacte de ce sous-sol; ces régions ne sont entaillées par aucune érosion profonde; les quelques tranchées nécessitées par rétablissement du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis ont traversé des épaisseurs notables de latérite, mais n'ont fait qu'effleurer les calcaires et les marnes sous-jacents. Enfin de fortes épaisseurs de sable et de latérite masquent absolument le sous-sol.

Néanmoins, on a pu recueilUr de précieux renseignements, d'une part, grâce aux travaux de forage de puits dans le Baol, d'autre part, grâce à l'examen des falaises qui s'étendent depuis les environs de Rufisque jusque vers le Sine- Saloum.

Dans le Baol, lors des forages de certains puits, exécutés

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par radtninistraiion des Affaires indigènes, Ton a conservé' avec soin des échantillons des diverses couches traversées, avec l'indication de leurs épaisseurs et de leurs profondeurs. Il serait à souhaiter, dans Tintérêt de l'étude, encore si incomplète, de notre belle colonie, que cette pratique se généralisât et devînt réglementaire dans tous les travaux entrepris par Tadministration.

Voici deux relevés de ces forages :

Puits de Thiès (Baol).

12 mètres Sables et graviers ferrugineux.

4 — Marnes feuilletées.

6 — Graviers agglomérés.

2 — Calcaires sableux à dents de squales.

3 — Calcaires à bivalves.

8 — Grès fissurés [niveau de Veau).

5 — ....... Grès argileux.

3 — Calcaire crayeux.

Puits de la ferme-école de M'bambey (Baoli.

3,5 mètres Sables.

2 — Gravier ferrugineux.

3 — ; .' Gravier calcaire.

10 — Calcaire marneux.

3 — Calcaire compact.

2 — Argile feuilletée.

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