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LE DJEBEL-AMOUR, LE SAHARA

Les études géologiques n'offrent pas pour l'explorateur un intérêt purement scientifique, elles le guident dans toutes les recherches qu'il peut avoir à poursuivre sur le relief comme sur la nature du sol, sur le régime et la qualité des eaux, sur la possibilité de les rencontrer dans telles ou telles conditions, sur les ressources agricoles et industrielles; elles fortifient les inductions qu'il tire de l'examen des documents qu'il peut avoir à consulter et lui permettent d'acquérir la connaissance, le coup d'oeil d'ensemble des régions qu'il parcourt.

Elles renseignent le constructeur sur les difficultés qu'il rencontrera sur la meilleure voie a prendre pour l'organisation des chantiers, rapprovisionnement des matériaux, etc. A ce double point de vue elles fournissent k l'ingénieur une foule de données précieuses.

En Algérie, les caractère.^ distinctifs des formations sont souvent difficiles a saisir, les fossiles notamment y sont assez rares, ce qui rend les premières études ardues et indécises, mais en revanche les analogies s'y multiplient à profusion, le voyageur se familiarise peu à peu avec Taspect de certains terrains, il les reconnaît à ces caractères empiriques de toute nature qui sont si utiles dans une course relativement rapide. Puis, peu à peu il rectifie ses vues par des données précises et arrive ainsi h une connaissance très suffisante du pays.

Terrain tertiaire. — La formation helvétienne si caractéristique en Algérie s'étend au nord de Tiaret et vient mourir au pied de la ville basse contre la lisière nord du plateau du Sersou.

Elle est constituée principalement par des marnes à Ostrea crassissima dans lesquelles sont souvent interposés des cordons de calcaire siliceux bleuâtre. A la partie supérieure de l'étage, des grès constituent un puissant couronnement découpé parfois en falaises et d'un aspect très imposant.

Tiaret

PLA.TBAU DU SBR80U

Les marnes helvétiennes sont fertiles et donnent d'excellentes terres à céréales. Sur les mamelons qui avoisinent Tiaret on a planté la vigne avec succès ; elle fournit un excellent vin.

Les grès sont assez tendres, et pour peu que le cultivateur les ait fractionnés par un travail préparatoire, ils finissent par se désagréger et constituent un amendement sablonneux très favorable à la culture de la vigne.

Le dernier affleurement du terrain tertiaire se voit le long de l'Oued-Tiaret , au bas Tiaret; il se relève contre le versant nord de la plaine crétacée qui s'étend vers le sud.

Dans la figure ci-dessus, ab représente le terrain helvétien, cd est une plaine constituée principalement par des couches de grès perforés en tous sens, probablement par des coquilles lithodomes.

Terrain crétacé cénomanien. — Dans sa partie supérieure

ce plateau est assez aride, mais sur les flancs il est recouvert de champs ensemencés en céréales.

Plus au sud on rencontre diverses terrasses à arêtes vives Cy (?, qui proviennent de la fracture des couches du cénoraanien. Elles constituent de grandes ondulations en arc de cercle qui semblent traduire à la surface du sol la houle d'une mer souterraine qui après avoir soulevé les montagnes tertiaires au nord serait venue se briser contre les couches plus résistantes du terrain crétacé.

Cette formation est rubanée par des bancs marneux à la surface desquels pointent quelques bonnes sources qui, de terrasse en terrasse, de chute en chute arrivent jusqu'à rOued-Tahola, qui court de Test à Touest avant de se perdre dans la Mina.

L'Aïn-Selsoul, l'Ain-Tahola, l'Aïn-Telmaya, alimentent autant de douars. Ces sources après une sécheresse de plusieurs années débitaient encore 1 litre 1/2, 2 litres, 3 litres environ par seconde.

Craie tuffeau ou turonien. — La ligne de partage des eaux du Nahr-Ouassel et de la Mina qui s'étend à peu de choses près en ligne droite de Tiaret au Djebel-sidi-el-Habet marque très sensiblement la séparation des étages turonien et cénomanien.

Les fossiles très rares dans le cénomanien ne font pas défaut dans la craie tuffeau où nous avons trouvé quantité d'oursins et notamment le Micrasier corangiiinum et VAnanchytes ovaia, caractéristiques de cet étage.

En Touraine, de pauvres gens creusent leur demeure dans la craie tuffeau ; en Algérie, les Arabes y pratiquent des silos dans lesquels ils cachent et emmagasinent leurs grains. La campagne y" est en effet parsemée de monticules blanchâtres provenant des déblais effectués dans ce but et qui, portés toujours assez loin des lieux d'extraction, ne trahissent point Torifice du silo qui est soigneusement dissimulé et ne doit être connu que du propriétaire.

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La Montagne Carrée (Djebel-Sidi-el-Habst). — Au sud de

Tiaret le Djebel-Sidi-el -Habet domine la plaine. C'est une immense pyramide quadrangulaire tronquée à talus réguliers. Elle appartient à la formation hélvétienne, les marnes qui chaussent sa base ne recouvrent le terrain crétacé que sur une faible distance aux alentours.

De temps à autre sur le parcours d'Aïa- Selsoul à la Montagne Carrée, nous avons rencontré des débris marneux et des amas de gros blocs de grès helvétiens. Le Djebel-Sidiel-Habet est en effet un témoin d'une dénudation considérable du terrain tertiaire qui a arraché toutes ses couches lambeau par lambeau en découvrant les assises crétacées.

Des courants d'une grande violence ont creusé des vallées même dans ces dernières, leur point de réunion se trouvait précisément à l'emplacement de la cascade de la Mina au sudouest de Tiaret; là un remous d'une puissance inouïe s'est produit donnant lieu à un important affouilleraent des assises jurassiques elles-mêmes.

Les eaux, après s'être heurtées aux massifs voisins, ont dû s'ouvrir un nouveau passage, la Mina été déviée dans la direction nord-ouest, à partir de sa chute qui, comme on le voit, provient d'une érosion et non d'une fracture.

Terrain jurassique aux environs de Tiaret. — L'étage

moyen représente presque exclusivement dans les environs de Tiaret la série jurassique. Le point de passage du terrain crétacé au terrain jurassique se trouve dans les environs du Chercharrat-el-Mina (chute de la Mina).

La direction générale des couches est à peu de chose près est-ouest, dans le voisinage du cours inférieur de la Mina elles plongent vers le sud.

Elles constituent, comme nous avons pu l'observer chez les Beni-Affan, une véritable chaîne de montagnes coupées de temps à autre par des affluents de la Mina, comme l'Oued-

sa ETUDE D'UN CHEMIN DE FER

Tourk, rOued-Tafliaraoua, et qui sout formées principalement d'ai^ile entrecoupée de banca de calcaire corallien tubercu-

cordlien tnbercnteai.

leux et de rognons calcaires qui nous sembient correspondre à la formation de l'étage moyen qui porte en Angleterre le nom de Kelloway-rocks.

Les bancs d'argile sont cultivés jusqu'aux plus grandes altitudes, leur fertilité est extrême. Certaines maisons ou masures de labour sont perchées sur les sommets les plus élevés.

Parfois les couches sont fracturées très nettement et présentent alors l'aspect suivant :

La partie supérieure de cet étage est occupée par des grès à nodules siliceux qui précèdent le coralrag proprement dit, lequel s'étend sans interruption jusqu'aux hauts plateaux.

Ces deux séries sont parfaitement représentées h la cascade de la Mina, comme le révèle la vue schématique que nous donnons ci après.

Non loin d'Aïn-Mora, sur la rive gauche de la Mina, on rencontre encore quelques couches cénoiuanieniies et de craie

tnffeau, sur la rive droite au contraire les couches coralliennes sont très c

n ilquss ban

peut observer non loi de lo cascade au nord une fa lie assez curieuse.

Comme on le voit, les couches ont été fracturées, brisées et légèrement déviées, do sorte que les deus fragments ont conservé leur direclion première, mais ne sont plus dans le prolongement l'un de l'autre, il s'en faut seule ment de l'épaisseur de la couche. f^hlh prks de la c*«cai)e

En résumé, le jurassique moyen est principalement constitué par une grande assise de marnes jaunes très caractéristiques présentant à diverses hauteurs des cordons de calcaire en forme de gros moellons, sur laquelle se trouvent de puissants lits de calcaire compacte.

â* ETUDE DU.N CHEMIN DE EER

puis des couches noduleuses avec rognons de silex et enfin le coralrag proprement dit.

Ces marnes jaunes passent souvent insensiblement à un calcaire jaunâtre marneux qui doit fournir par la cuisson une bonne chaux hydraulique.

Peu à peu, en rencontrantlaMina, les couches jurassiques deviennent horizontales. Les formations qui s'étagent depuis Tiaret ressemblent dès lors aux déchirures terminales d'un grand soulèvement qui aurait porté les hauts plateaux à leur allitude actuelle.

Sur presque tout ce parcours, la rive droite de la Mina est bordée par des falaises souvent escarpées qui révèlent avec

la plus grande netteté la distribution des couches de l'étage moyen jurassique. Le croquis ci-dessous pris au débouché dans la Mina de l'Oued -Berranis, montre au milieu de l'argile jaune qui correspond à \'Oxford~clay des cordons de calcaire jaune qui semblent délités en pavés ou en petites pierres de taille, et à la partie supérieure les rognons de grès avec silex agglutinés qui terminent la formation et sont recouverts immédiatement en d'autres endroits parla couclie à polypiers. Cette dernière se rencontre plutôt par lambeaux qu'en grandes couches continues ; elle a été profondément corrodée.

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Les couches calcaires qui sont si imposantes près de la cascade de la Mina se débitent ici facilement, se séparent eu gros blocs.

L'argile jaune qui constitue de véritables cliaînons de coUines à l'ouest de la Mina est ravinée par les torrents et, la plupart du temps, elle forme des éboulis qui chaussent le pied des falaises Jurassiques.

Cet aspect, s'il n'est pas particulier au terrain jurassique, eo est UD des caractères saillants, car presque toujours les marnes de l'oolithe forment de puissants mamelons au pied des

assises calcaires. A la cascade notamment, ces dernières passent aux grès dolomitiques qui ont formé ces chaos si pittoresques que l'on peut y obsen'er et que nous avons retrouvés en divers points, notamment à Daïdia.

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