APERÇU SUR UNE VARIANTE DU TRACÉ DU CHEMIN DE FER
TIARET-EL-MAIA
Le tracé que nous étions chargs d'étudier, longe Tune des routes sahariennes les plus fréquentées. Il est jalonné dans la traversée des hauts plateaux par des points d*eau qui assurent actuellement la subsistance des caravanes.
La plupart du temps ce ne sont que des puits peu profonds creusés dans le tuf, des mengoub, qui renferment une eau fortement saline ; plusieurs d'entre eux s'assèchent complè tement dans les périodes de sécheresse. Ces eaux ne renferment qu'une proportion relalivenient faible de sulfate de chaux, et à ce titre elles peuvent ne pas être absolument rejetées pour Talimentation, mais quoi qu'il en soit le creusement de nouveaux puits est indispensable, comme nous le verrons, et dès lors il est permis en face de celte nécessité bien reconnue de chercher h dégager le tracé des servitudes que lui impose la recherche des eaux existantes.
Si Ton remarque d'ailleurs qu'un tracé plus direct passant près du Helliat éviterait complètement la région des basfonds qui s'étend entre le Chott-el-Chergui et Kheneg-es- Souk, resterait à peu près exclusivement dans toute la traversée des hauts plateaux dans une plaine couverte d'halfa, peuplée de campements indigènes et qu'il serait possible d'aller chercher à la surface delà craie supérieure une eau meilleure que dans les dayas, on comprendra que nous ayons cherché au cours de nos reconnaissances à déterminer les éléments principaux et a nous convaincre de la possibilité d'un tracé
plus direct, plus économique et tout aussi avantageux pour les intérêts locaux.
L'absence de sources naturelles entre Aïn ou Alassi et le Helliat ne doit inspirer aucune inquiétude. La disposition réciproque des couches crétacées qui se relèvent au nord contre les flancs du Nador, et au sud contre les massifs du Djebel-Amour, avait déjà conduit M. Pomel à révéler l'existence dans toute cette région d'une grande nappe qui, si elle n'a pas donné d'eau à Oum-el-Guetouta par suite de l'interruption des travaux, en fournit d'excellente dans les puits de Maanetah près du campement de l'agha des Harrars, au pied du Helliat.
L'aperçu que nous donnons ne saurait, on le conçoit, suppléer à une étude régulière qui n'entrait pas dans notre programme. Si nous avons pu reconnaître la ligne près du Djebel-Sidi- el-Habet, près du Nador, près du Helliat, et apercevoir le passage entre le Sebgueg et le Si-Sliman, nous ne l'avons pas parcouru en entier. Cette réserve faite nous n'en affirmons pas moins son existence.
La ligne de partage des eaux qui vont au Chéliff par le Nahr-Ouassel et de celles qui s'y rendent par la Mina, s'étend en droite ligne ou à peu près de Tiaret à la Montagne Carrée suivant une bande à peine saillante au-dessus de la plaine; il suffirait de la longer pour atteindre sans difficulté cette dernière montagne.
Au sud se dresse le Nador; il est séparé des massifs montagneux qui l'avoisinent par des échancrures à talus très nets qui, comme nous l'avons déjà vu, servaient de pertuis pour la circulation des eaux quaternaires qui ont couvert la plaine du Sersou de leurs alluvions.
Le col principal créé par l'une d'elles est d'un accès facile comme nous l'avons reconnu ; la ligne le franchirait en laisant à droite les sources multiples de l'Oued- Yat, elle pas-
seraitensuiteprès d'Aïn-Songueur, d'Aïii-Oum-el -Mala. Au nord du haut plateau, on retrouverait des sources qui appartiennent au même système que celles Aïn-Hamara, Aïn-Medrissa, etc. Ce sont les Aïn-Sfissifa-Reghaï, Oualassi.
Un peu plus au sud Thalfa commence à faire son apparition; il règne sans interruption jusqu'au sud du haut plateau. Près du Helliat, il est dense et très exploitable.
La voie ferrée, qui dans la plupart des cas pourrait être pour ainsi dire simplement posée sur le sol des hauts plateaux, passerait entre le Helliat et le Djebel -el-Aleg-el-Menza, dans une grande dépression riche en pâturages et en terres de culture qui se continue fort loin au nord et au sud. Elle devait être anciennement couverte de forêts.
Du sommet du Helliat, on aperçoit très distinctement la trouée du Sebgueg dont nous avons reconnu la praticabilité à distance du haut des montagnes de Taouyala, puis dans une excursion que nous avons poussée jusque près des sources de rOued-si-Sliman.
Du Helliat au Sebgueg aucune difficulté, c'est encore le haut plateau. En remontant rOued-Sebgueg on atteint la ligne de faîte qui fait partie de cette grande plaine unie sur laquelle se dressent plus au sud les Djebel-Euvreïd et Meklemza.
La cote de l'Aïn-Trisset 1350, celle du pied de TEuvreid 1380, ne seraient que peu dépassées, croyons-nous.
L'Oued-Si-Sliman conduit ensuite tout naturellement jusqu'à Sidi-Tifour; là on rejoindrait le tracé étudié.
Cette variante n'aurait guère qu'une longueur de 250 kilomètres au lieu de plus de 280, que présente ce dernier ; nulle part les pentes ne dépasseraient notablement 0*" 01 par mètre, nous en sommes convaincu.
85 KTUDK DUN CHKMIX DE FKR
ARERÇU GéOL03IOUE SUR LE SER80U. LES HAUTS PLATEAUX