‹ Une mission dans le Sud OranaisChapitre 12 sur 14 · OOLITHE FERRUGINEUX. DÉCOUVERTE DU GITE DE FER · texte numérisé non relu

OOLITHE FERRUGINEUX. DÉCOUVERTE DU GITE DE FER

D'HAMARA-LACHDET

En parcourant les plateaux qui s'étagent au sud d'Aïnriïsa, nous avons reconnu quelques sources qui surgissent à

la séparation d'un banc d'oolithe porphyroïde et d'une couche de sable et d'argile du jurassique. Leur présence est révélée par des pointements de gros blocs rougeâtres et de marnes très ferrugineuses. En suivant au jugé la couche sur quelques kilomètres, nous sommes arrivé à une nouvelle source, celle d'Hamara-Lachdet, dont les eaux se déversent dans la Médrissa. Là, sur les flancs d'un escarpement qui se continue quelque temps sur la rive gauche de cette rivière nous avons pu observer en grand ces marnes et ces oolithes ferrugineux. Certains échantillons que nous avons recueillis contiennent jusqu'à 75 pour 100 d'oxyde de fer. Le temps nous a manqué pour examiner la possibilité d'une exploitation, toutefois nous sommes porté à croire que des recherches suivies conduiraient à des résultats favorables. Sans doute les mines actuelles de l'Algérie sont riches, nombreuses, produisent des minerais qui ont une teneur en fer considérable et beaucoup d'entre elles sont, par leur proximité des voies de communication et des ports, placées dans des conditions exceptionnellement favorables à l'écoulement avantageux de leurs produits; néanmoins, il faut bien reconnaître qu'un gîte de fer placé à proximité d'une voie ferrée est toujours digne d'alteiition, car il constitue une réserve que certaines circonstances peuvent rendre précieuse.

Djebel-Saïhada. — Près de rAïn-Chaïma, et non loin du

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DISPOSITION llKS COUGIIKK

Djebel-Saïhada nous avons observé une formation qui nous semble devoir être rapportée à la partie inférieure de l'étage

iÔO ÉTUDE D'UN CHEMIN DE FËR

jurassique moyen. Nous voulons parler d'une série de cordons ou de rognons gréseux intercalés dans des argiles ferrugineuses rouges et jaunes. Ces rognons présentent l'aspect tuberculeux et on y voit une série de trous qui rappellent au premier abord le cénomanien.

JLoo à. 25o jxxètrea .

GOUPR DBS TERRASSES

a* a, argile; c, c, caillasses; g, g^ grès

Les couches supérieures semblent avoir été laissées de côté par le soulèvement, à la base des collines au contraire elles plongent fortement vers le nord, puis s'infléchissent de moins en moins jusqu'à la surface d'un plateau couvert de petites caillasses degrés calcariforme siliceux qui semble constituer le biseau terminal d'une couche crétacée qui s'étend ensuite sur les hauts plateaux où elle est masquée par des terrains plus récents.

Terrains quaternaires. — On rencontre dans les vallées de Mekkemen, du Kirbou, etc., qui parcourent la partie nord d(s hauts plateaux, le terrain argileux et sableux quaternaire formant à la suite d'érosions de petits escarpements couronnés par une carapace de calcaire tendre jaunâtre qu'un observateur inattentif rapporterait volontiers au terrain tertiaire. Ces alluvions recouvrent la craie blanche qui affleure encore en certains endroits et dont l'existence paraît générale dans toute cette partie des hauts plateaux.

LE TORRADA, OOUDI AT-iCHDI D, BEN-EJAAL

Un temps aff*reux ne nous a pas permis d'étudier de près e Torrada, non plus que les Coudiat-Chdid (lit nouveau) et

DE TIARET A EL-MAIA IGl

Ben-Ejaal, nous les rapporterons toutefois, au simple aspect, comme le Lachdar, à la formation crétacée supérieure.

Du Torrada on aperçoit au loin à Test les monts Essenia.

Aïn- ftaétifa. — De Chaïma à Aïn-Guétifa on parcourt de larges plateaux couverts de thym, puis d'halfa. La couche de terre végétale qui recouvre la craie blanche est peu épaisse.

L'Aïn-Guétifa se trouve dans une dépression qui annonce rapproche du Chott-el-Chergui (Chott de TEst).

La source, près de son embouchure, donne une eau assez bonne qui se charge après son parcours dans les dépôts gypseux de la dépression de sels de soude, de chaux et de magnésie.

Les puits d'El-Gora, d'Aïn-Guétifa, d'El-Beïda, de Sunérah, etc., sont creusés dans des dépôts épais d'argile gypseuse et de calcaire compact qui recouvrent le terrain crétacé à la surface duquel on doit rencontrer des eaux beaucoup meilleures, comme Texpérience Ta révélé pour les puits qui alimentent le campement des Harrars près du Helliat.

M. Pomel avait d'ailleurs signalé la possibilité de trouver de leau dans l'immense cuvette que limitent au nord les couches crétacées qui se relèvent contre les flancs des massifs dont fait partie le Nador, et au sud , celles qui s'appuient sur le revers nord des chaînes du Djebel- Amour. Le puits de Mou-el-Guetouta avait été creusé dans cet ordre d'idées, malheureusement l'insurrection de 1864 n'a pas permis d'à chever les travaux. Ce puits a traversé un manteau quaternaire d'environ 50 mètres de profondeur pour pénétrer ensuite dans le terrain crétacé dont la partie supérieure est, en cet endroit, constituée par des couches de marnes alternant avec des bancs peu épais de grès.

Les puits des Arabes traduisent la faiblesse des moyens d'action dont ils disposent, peut-être aussi leur paresse; lorsqu'il s'agira de traverser les hauts plateaux, de bons puits

pourront être creusés sans grande dépense et ralimentation assurée, nous le croyons, dans d'excellentes conditions.

Âpergn sur les ohotts. — Le chott est à proprement parler la dépression ou plutôt le bassin considérable parfois qui, par suite du retrait et de l'évaporation des eaux, a été mis à sec, sauf dans le réseau irrégulier des bas-fonds (sebkha, littéralement : filet) où séjourne et circule une mince couche d'eau que le vent porte souvent d'une extrémité à l'autre du chott et qui, alimentée par les pluies et les sources, résiste encore aux ardeurs du soleil.

Les rives du chott marquent bien les niveaux qu'atteignaient anciennement les eaux qui les ont dénudées et ont raviné profondément le sol en laissant seulement de distance en distance des mamelons isolés de 10, 15, 20 mètres de hauteur qui reposent sur le tuf et le travertin qui couvrent le fond des dépressions. Ces témoins, comme les plateaux qui bordent les rives, sont constitués principalement par des marnes calcaréo-gypseuses qui miroitent parfois au soleil, car elles contiennent des cristaux de gypse. Ils sont couronnés par une carapace de grès de 0'",50, 1 mètre, 1^,50 d'épaisseur, laquelle provient sans aucun doute des formations crétacées.

Tout semble indiquer, comme certains auteurs l'ont déjà fait remarquer, qu'il y a eu deux périodes de dépôt des terrains quaternaires : la plus ancienne, qui est celle à laquelle doivent être rapportés les mamelons et les terrasses, a été suivie d'une grande corrosion dont leur niveau actuel atteste la puissance, et c'est dans les bas-fonds ainsi créés que se sont déposées les nouvelles couches d'argile, de gypse, de calcaire, de sable (dunes) et de sel gemme.

Actuellement le phénomène de dépôt continue. Les eaux des sobkhas sont répandues à la surface du sol par couches peu épaisses, ce qui favorise le dégagement de l'acide carbo-

DK TIARET A EL-MAIA 103

nique et le dépôt des carbonates alealiuo-terreux. L*évaporation de Tété active la précipitation du sulfate de chaux en premier lieu, puis du sel marin; si la concentration devient assez grande les sels de magnésie se déposent à leur tour, ils forment notamment ces lisières blanches qui bordent les rives des chotts.

« Lorsque les pluies reviennent, dit M. G. Ville, elles redissolvent les couches de sel gemme et de sulfate de magnésie; les affluents apportent de nouvelles quantités de chlorure de sodium, de carbonates alcalino-terreux et de sulfate de chaux.

« Les sels terreux se déposent ensuite au-dessus des cou-

Gour. Le Hellial.

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Guetaf.

TERRASSES ET MAMELONS QUATERNAIRES DE LA DAYA d'aSKOURA

ches déjà formées et le sel marin reste toujours à la surface, w C'est ce que Ton observe en effet clans la plupart des chotts et des lacs fermés et à fond plat de TAlgérie.

On peut remarquer à Textrémité est du Ghott-el-Chergui, une barre de sables formée principalement de petits monticules de 1 , 2 et 3 mètres de hauteur, fixés par des tamarins, du gou^t ou sennak et quelques maigres touffes d*halfa. Quelques dunes plus élevées de 10 mètres de hauteur environ courent de Test à l'ouest. Ce dépôt n'a aucune liaison avec le gypse et le travertin. Cette dernière circonstance avait conduit M. Mares à attribuer à l'action du vent la formation de dunes très probablement semblables à celles-ci,

mais cette explication ne peut être admise, au moins pour ces dernières.

A répoque où les affluents du chott avaient plus d'importance qu'aujourd'hui, ce dépôt constituait une véritable barre sous-lacustre formée par leurs apports. Le gypse et le travertin étaient en place et ont servi de fondation.

On retrouve dans ces sables des rognons calcaires et siliceux qui ont leurs analogues dans la craie supérieure à laquelle ils ont été empruntés ; on y rencontre aussi des pierres bitumineuses qui, provenant de la même source, existent en abondance à la surface de quelques témoins quaternaires comme ceux que nous avons observés à El-Beïda. La craie dans toutes ces régions est en effet métamorphisée au point de ne plus être reconnaissable ; plus au sud nous trouverons près de la montagne de sel du calcaire fortement bituminisé.

Ces dunes résultent donc bien d'un apport des eaux, elles sont la dernière barre deve nue cordon littoral, puis mise à sec, d'un lac qui n'est représenté aujourd'hui que par la sebkha.

Nous donnons ci-nprès un croquis sommaire du chott.

UNB TOUFFU

DE aoULF SUR

LE SABLR

Mirage.

RIVR nu CHOTT, SABLE COUVERT D'HBRRES •

Le Helliat. — Les deux pics ei forme de cône légèrement tronqué du Helliat dominent les hauts plateaux. 11 est rarç

que le voyageur qui les traverse perde de vue ces deux som mets singuliers qui ressemblent à des volcans éteints. *

Les deux sommets principaux sont placés sur une ligne nord sud légèrement est. A 3 kilomètres nord-oue3t on aperçoit deux montagnes jumelles, de formation analogue, auxquelles leur' structure particulière a fait donner le nom d'Oreilles du lion (Oudenen sba). Au nord s'étagent quelques plateaux qui font partie du système général du Helliat.

Rien de plus curieux que ce paysage montagneux jeté comme à plaisir au milieu d'une immense plaine d*halfa. Leg roches noires métamorphiques qui couronnent lés Helliat et s'éboulent en certains points, les marnes bariolées qui chaussent leurs pieds, ces sables qui au milieu même de Thalfa semblent vouloir tenter l'ascension des sommets, ces pierres de toutes couleurs répandues à profusion à la surface du sol, et par-dessus tout les deux aiguilles et les deux oreilles des Helliat, tout contribue à donner à cette région un aspect magique.

Les Haouïtas, les marabouts des Helliat, sont des lieux de pèlerinage très révérés ; ils sont établis de temps immémorial sur les sommets auxquels on accède par un sentier ou plutôt un escalier dont les marches sont formées d'énormes blocs et qui conduit aux fosses sacrées dans lesquelles les Arabes viennent faire leurs ablutions avec l'eau ou le sable, demander à Allah la pluie, etc., etc.

De nombreux éclats de silex taillés parsèment le sol, particulièrement dans le col qui sépare les deux pics principaux. Nous y avons trouvé de beaux éclats et quelques grattoirs de la période néolithique de Tàge de pierre, absolument identiques à ceux que l'on rencontre en Europe. Ces débris ne sont pas rares en Algérie; à Ouargla on peut recueillir d'admirables pointes de flèches.

Xout indique que la grande invasion, qui, partie de l'Asie

t06 ÉTUDE D'UN CHEMIN DE FER

Mineure, a apporté en Europe l'art de mieux tailler la pierre, les procédés de culture, les animaux domestiques, a jeté un de ses rameaux dans le nord de l'Afrique. Le bronze n'a pas tardé à faire son apparition, les bijoux de certains nomades du Sud ont conservé tous les caractères et parfois même la forme de ceux que Ton rencontre en Europe dans les stations préhistoriques de cette époque. Nous avons pu examiner à Cherbourg une meule à grains qui a été recueillie par M. le commandant. Delambre, alors chef du génie : elle appartient à une époque contemporaine des habitations lacustres de la Suisse et présente la plus grande analogie avec la meule dont se servent les Arabes.

Mais revenons au côté purement géologique de cette étude. Le fait le plus saillant que nous croyons devoir signaler est cette similitude de structure qui existe pour les témoins quaternaires avec ceux qui, comme le Helliat, appartiennent à la craie supérieure.

Dans les uns et les autres on trouve une sorte de carapace terminale de grès dolomitiques qui reposent sur une sorte de tuf soit crayeux, soit marneux.

Les plateaux dolomitiques de la sebkha du Beni-Mzab présentent un faciès analogue. On y rencontre à la surface du sol une foule de débris à angles vifs, colorés en noir grisâtre à l'intérieur, qui se composent de grès quartzeux. Ces débris forment parfois de grandes taches noires. La sebkha est d'ailleurs entrecoupée par des lémoins qui ont tout l'aspect des témoins quaternaires des hauts plateaux; les premiers doivent pourtant être rapportés à la craie blanche.

Les courants quaternaires n'ont donc fait que répartir uniformément à la surface du sol les couches crétacées déjà bouleversées par des soulèvements antérieurs et dont les Helliat constituent un des rares vestiges restés debout à la surface des hauts plateaux. Sans doute des dépôts spéciaux à l'époque

DE TIARET A EL-MAIA iOl

quaternaire se sont produits, mais, on le voit, le phénomène saillant dominant est un remaniement, une distribution nouvelle de couches empruntées à des terrains plus anciens.

Le système général du Helliat appartient d'ailleurs au terrain néocomien, qui se révèle par ces argiles bariolées si caractéristiques ; seuls les sommets doivent être rapportés à la craie supérieure.

Si-Oued-Sidi-Naoeur. — Si-Oued-Sidi-Naceur vient du sud et se perd dans les sables à Kheneg-es-Souk. Son cours visible dépasse notablement cette localité pendant la nuit ; le jour, au contraire, par suite deTévaporation, il se termine plus en amont, et le voyageur est tout étonné de ne plus retrouver le soir l'eau dans ce même emplacement qui était parcouru le matin par un courant très appréciable.

Tantôt l'oued sillonne de ses méandres une plaine assez étendue, tantôt il est resserré entre des berges formées de sables et poudingues quaternaires, qui, ravinées par les pluies, alimentent ce courant de sable que l'on voit circuler sur le lit, ou former en certains points de petites dunes. Le cours de l'oued est alors seulement marqué par une végétation spéciale verdoyante et vivace.

Le néocomien. — A Kheneg-es-Souk le terrain néocomien inférieur fait son apparition sous la forme de couches de calcaire marmoréen blanc rosé qui plongent de 10° environ vers le nord ; ce calcaire correspond à celui que l'on peut observer près de Djelfa sous les grès néocomiens. 11 forme à Kheneges-Souk la rive ouest de la rivière et a fourni en grande (partie les matériaux qui ont servi à l'édification d'un petit camp fortifié avec fossés et réduits aux quatre angles, lequel fut occupé par Si-Hamza pendant l'insurrection de 1864. Sur l'autre rive du Kheneg se dresse une de ces petites tours si fréquentes dans les défilés et qui devaient, avant l'occupation française, servir de poste aux agents militaires chargés de

percevoir le droit de hack ou ténia (défilé), qui en cet endroit très passager, comme son nom de Défilé du marché l'indique, devait être assez productif.

La rive droite est bordée par des pointements de blocs porphyroïdes empâtés de gros silex, le sable en remplit les anfractuosités. Plus loin que Kheneg-es-Souk apparaissent des couches horizontales de grès ; sur la rive gauche on aperçoit au pied de la berge des marnes ferrugineuses. Ces grès ressemblent beaucoup aux grès miocènes, ils se rattachent cependant au terrain quaternaire qui domine dans ces, régions et doit recouvrir souvent le tertiaire. Nous avons en effet reconnu dans le lit même de l'oued des affleurements qui appartiennent incontestablement au miocène inférieur : tantôt c'étaient ces calcaires marneux bleuâtres que nous avons signalés déjà et que nous avons retrouvés dans l'Oued-Zergoun, ailleurs, comme près de Tadjerouna, c'étaient les calcaires marneux à Ostrea crassissima.

Le tertiaire existe aussi contre le flanc nord du rocher de sel, où Ton peut apercevoir des lits de calcaire marneux bleuâtre et de meulières redressées par l'éruption. Les poudingues et les grès quaternaires de ces pays ont dû emprunter la majorité de leurs éléments aux formations tertiaires qui en certains endroits doivent constituer des substratums assez étendus.

Le tertiaire a d'ailleurs été signalé par M. Ville sur la lisière sud du haut plateau de la province d'Alger.

De Sidi-Naceur à Stitten et ftéry ville. — En remontant

rOued-Sidi-Naceur, puis prenant la direction de Géryville, on observe que la formation des faluns et grès quaternaires prend un développement considérable. Elle a rempli toutes les vallées de ces régions ; on aperçoit parfois sur leur thalweg d'importants témoins ou gours parmi lesquels il convient de citer le Garet-el-Khachoua qui fut le théâtre d*un combat

De tiaket a el-maia

sanglant entre nos troupes et celles de Si-Hamza en 1864, quelques jours après la mort du colonel Beauprêtre.

Près de là, TAm-Kcheb, véritable petite source artésienne, prend naissance au sommet même d'un mamelon sableux qui domine la rive gauche de l'oued.

Le long de l'Oued -Stitten la formation néocomienne revêt toute sa puissance. Les marnes et sables irisés forment des éboulis au pied des montagnes de grès. Ces derniers sont parfois recouverts à la surface d'une légère couche bitumineuse.

Ils se retrouvent comme les marnes dans le Ksel, près de

Cimetière

UNK KOUBBA — GBRTVILLK

Géryville. La vallée de l'Oued-el-Biod, qui passe dans cette dernière localité, est remplie d'un travertin crayeux et d'un tuf gypseux blanc, qui justifient l'appellation donnée à ce cours d'eau (rivière le Blanc, littéralement).

Oued-el-Hadjet. — En laissant le Ksel à lest on franchit, près des marabouts de Sidi-Mohammed et Sidi-Ahmed, la ligne de partage pour entrer dans la fertile et fraîche vallée de rOued-el-Hadjet, dernier refuge des troupeaux pendant la sécheresse. Sa rive droite est bordée par des collines assez importantes de sables et argiles ferrugineux.

Oued -MaBSin. — Près de l'embouchure de l'Oued -Massin

110 ETUDE D'UiN CHEMIN DE FER

OU trouve des couches très inclinées de calcaires schisteux et de meulières du terrain tertiaire qui nous semblent correspondre géologiquement aux f aluns et meulières de la Touraine. A Ras-Massin, nous rencontrons sur la rive est du défilé ces calcaires jaunes et ces cordons de calcaire schisteux déjà aperçus dans TOued- Sidi-Naceur. En ce point, l'Oued- Massin reçoit les eaux d'une source et de deux oueds, dont l'un, le Trisset, est alimenté par la source de ce nom, l'autre par les eaux pluviales.

Le Djebel-Tri sset, qui barre le passage au sud, fournit par

Jiarà. ^>->,^^ • — Sud

DJEBEL'TRISSET

a, crétacé («^raie chorité ou cénomacien) ; c, c, calcaire jaune marneux en cordons;

g^ calcaire gréseux; «n, m, marne.

le col de TAïn-Trisset une échappée sur la plaine au milieu de laquelle se dressent les djebels Euvreïd et Meklemza.

Le Djebel-Trisset est formé de couches alternées de marne et de calcaire jaune en petits parallélipipèdes ; il est couronné par plusieurs cordons de calcaire gréseux. Les marnes inférieures renferment des couches bien assisées de gypse lamel leux.

Le Djebel-ïrisset appartient très probablement à la formation aptienne; il est en tout cas très voisin du néocomien.

Djebel Euvreïd. — Le Djebel-Euvreïd est formé par un double système de crêtes provenant de couches identiques séparées par suite d'une immense fracture.

Le Meklemza est un pic absolument analogue au Helliat Comme les EuvreiM, il est chaussé par les marnes irisées du

néocomien ; son sommet appartient à la craie supérieure, sa partie moyenne à la craie chloritée.

DJEBEL- EUVREID

c, calcaire noir mètamorphisé.

Ces massifs reposeïit sur les assises néocomiennes qui se révèlent principalement sur la rive gauche de l'Oued-Chelal par cette puissante ft)rmation de grès que nous avons eu l'occasion de signaler déjà.

Coudiat-Mahalla. — Le Coudiat (mamelon) Mahalla, près de Sidi-Ti four, est analogue au Trisset; en allant vers Khadra cet étage côtoie, sous le nom de Kef-Taïr, les grès néocomiens sur une très grande longueur.

Ces derniers sont très développés entre Khadra et El-Richa ; ils renferment des gîtes de fer et de manganèse. Non loin de Khadra, à Argaïk, nous découvrons un gîte d'une certaine étendue.

Gîte de fer à Argaïk, près de Khadra. —Le substratum doit

êlre plus riche que la surface et renferme peut-être du manganèse et en certains endroits de la galène.

EL RIGHA. — VALLEE DK FRACTURE

c, c, bancs à Exogyra su'sinuala; m, m, marnes; g^ g^ grès du néocomien.

El-Rioha. Le lignite. — On aperçoit à El-Richa une série de couches alternées de marnes et de cordons crétacés à texture

compacte pétris à' Exogyra subsinuata, caractéristiques du terrain néocomien inférieur. .

Au-dessus, en stratification concordante, se trouvent les grès néocomiens séparés par des couches de marnes. Le lignite, tant de fois cité du Djebel- Amour, se trouve soit dans ces marnes, soit dans ces grès ; il est assez combustible, sulfureux. Il paraît constituer une formation régulière afférente à cet étage, mais il est en couches de 2, 3, au maximum 15 centimètres d'épaisseur, séparées par des bancs beaucoup plus épais de grès ou de marnes ; il ne nous paraîtrait sérieusement exploitable que dans des poches d'une certaine capacité, s'il s'en rencontre.

Nous avons observé, ce lignite au nord d'El-Richa, près d' un moulin ruiné, au bas du village, dans la vallée de TOued- Mzi. Il a été découvert encore sur les rives de cette rivière, à Guementa-Aïn, sur la route de Laghouat. Il serait facile, croyons-nous, de découvrir beaucoup d'autres gisements.

RICHESSES MINÉRALES PROBABLES DU DJrBEL- AMOUR

Les grès néocomiens sont très riches en minerais de fer et de manganèse; d'un autre côté, le plomb argentifère, le zinc, le cuivre, ont été signalés dans le Djebel- Amour. Il est de tradition parmi les Arabes que le pays est très riche en miné raux» Un juif d'El-Richa nous raconta qu'un de ses coreligionnaires, l'allemand Dolicky, avait recueilli dans ses excursions une foule d'échantillons précieux.

Quelque temps après, en Visitant à Laghouat la boutique d'un Mozabite, nous retrouvions dans de vieux parchemins diverses demandes de concession ou d'autorisation de faire

des recherches parmi lesquelles se trouvait celle du sieur Dolicky.

Sidi-Tifour. — Sidi-ïifour est situé dans la plaine alluvienne qui remplit la cuvette comprise entre les Djebel- Makna, Mimouna d'une part, et le Djebel-Beklef de l'autre. Ces montagnes appartiennent par leur partie inférieure à la formation néocomienne dont les grès pointent dans la plaine de distance en distance ; leur partie supérieure que nous ne pouvons déterminer avec quelque précision, car ces calcaires ou grès sont métamorphisés et méconnaissables, nous semble par analogie avec les formations déjà étudiées dans la province d'Alger devoir être rapportée à la craie chloritée.

Les couches du Beklef plongent au nord sur leur versant nord et au sud sur leur versant sud.

La montagne de sel. — L'Oued- Ammoulda, après avoir reçu rOued-Sidi-Tifour et l'oued de Taouïala, se précipite à rentrée du Kheneg-Melah (défilé du sel) et passe au pied de la Montagne de sel.

11 est encaissé entre de hautes berges de sables et de poudingues ferrugineux, découpés, ravinés comme à plaisir, et qui de loin revêtent l'aspect de constructions élevées de main d'homme.

En le suivant dans le défilé où il prend le nom bien justifié d'Oued-Melah, on aperçoit sur la rive droite les calcaires siliceux, les marnes et les meulières duterrain tertiaire qui s'appuient et se relèvent contre le flanc ouest delà Montagne de sel.

En gravissant cette dernière jusqu'à son sommet, qui est couronné par un tas de pierres marabout, on peut embrasser dans son ensemble toute l'éruption. L'ascension est périlleuse, surtout lorsqu'il a plu, et c'était le cas lorsque nous lavons tentée, car en dehors de la difficulté que l'on éprouve à gravir des surfaces presque verticales, on peut craindre d'être emporté avec quelque masse saline décollée par les pluies.

lU ETUDE D'UN CHEMIN DE FER

En revanche, le coup d*œil est splendide. On distingue un immense cirque dont la circonférence est jalonnée par d'autres rochers de sel, dont le principal borde le Kheneg- Medgouk, qui débouche dans le Kheneg-Mélah, près de rAïn-Taïba.

Le centre est occupé par des mamelons blanchâtres d'un aspect singulier : on croirait voir les bouillons d'un liquide visqueux qui auraient été solidifiés instantanément.

Parfois, l'on circule sur des cavernes dont l'enveloppe extérieure est constitiiée par une carapace de gypse blanc; un peu plus bas que le sommet principal, le regard plonge dans un immense trou dont il ne peut mesurer la profondeur, et qui devait être un des évents par lesquels s'opérait le dégagement des gaz amenés par l'éruption.

Les berges de l'Oued-Melah sont souvent presque à pic; elles sont formées d'argiles bariolées et de gros blocs d'ophite rappelant assez les roches éruptives des Pyrénées. Cette ophite est très riche en amphibole d'un vert foncé.

L'amphibole et le feldspath qui la constituent principalement sont rarement discernables à l'œil, c'est alors un véritable Grïmstein,

Ces roches contiennent du soufre, de beaux cristaux de quartz; on y voit quelques veines d'oxyde rouge de fer, des pyrites de fer et de cuivre, de la galène, de la stibine (sul-fure d'antimoine), du minerai de manganèse, du mispikel, de la bournonite (antimoine sulfuré plombo -cuprifère) et probablement beaucoup d'autres substances que nous n'avons pas reconnues.

L'ophite est le véhicule du gypse et du sel gemme. C'est l'élément dominant, il colore plus ou moins ces deux substances. Le gj^pse existe en quantités plus considérables que le sel, croyons-nous. Il est impossible d'estimer, même très approximativement la quantité considérable de sel que ren-

ferme la montagne. Ce condiment forme parfois des escarpements de plus de 10 et 20 mètres de hauteur, ailleurs il constitue avec le magma argilo-gypseuxqui l'accompagne de véritables aiguilles. La montagne semble déchiquetée comme à plaisir.

Le sel gemme présente généralement en masse une coloration rose ou verdâtre ; il est cependant plus pur que le sel marin brut ou blanc. Les caravanes entament fréquemment les flancs du rocher de sel et alimentent Géryville, Aflon, Tiaret, etc., d*un sel excellent.

En certains points toutefois, l'exploitation, par suite de la présence d'une notable quantité de gypse et d'argile dans la masse, ne pourrait être pratiquée qu'à l'aide de l'eau et par évaporation dans des bassins salants comme on le fait auprès du rocher de sel des environs de Djelfa.

Le sel le plus pur est celui qui forme de petites stalactites aux points d'émergence des sources ou des suintements qui dissolvent par leur passage à travers la masse saline une certaine proportion de sel qui se dépose à la surface en petits cristaux analogues à ceux du sel blanc comestible.

Le sel gemme doit exister d'une manière continue sur toute la base de la montagne dont la partie supérieure est plutôt constituée par du gypse. On rencontre fréquemment dans ce dernier de beaux cristaux de spath dislande.

L'Oued-Melah contient après la montagne de sel jusqu'à 12 grammes de sel par litre. Les puits de Tadjerouna alimentés par le cours souterrain de l'Oued-Zergoun, prolongement naturel de TOued-Melah fournissent une eau encore assez saumâtre.

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