ÉGALITÉ, UNITÉ, LIBERTÉ OU LA MORT
LIBERTÉ, ÉGALITÉ
La municipalité de Malestroit au citoyen Ârnous, administrateur du département du Morbihan.
Nous avons reça par le dernier courier ta lettre du 17 de ce mois avec la copie de celle du citoien Julien.
Nous avons remis au représentant Trehouard toutes les pièces même originales que nous avions contre le commissaire Le Batteux, et nous sommes bien fâchés de n'être pas à même de Renvoyer des copies en forme, mais nous espérons que le citoyen Trehouart en saisira le citoyen julien, afin que le comité de salut public de la Convention nationale en ait ujne parfaite connoissance. Il est plus que tems que lé coupable Le Batteux soit sévèrement puni, et c'est avec amertume que nous avons appris qu'après avoir été trop justement mis en état d'arrestation, il avoit été élargi. Il n'y a pas d'horreur qu'il n'ait commis, lui, ses acolites ou sa troupe révolutionnaire et son confident Bomely, gendarme de cette brigade, qui n'a pas osé reparoître dans le pais depuis. Us ont emprisonné et assasiné sans interrogatoires préalables plusieurs individus dont deux de ces environs appelles Querrant père, ancien maire, et Lacroix, percepteur de la commune de Caro. Ils ont élargi le cy devant marquis de Eouant, de la même paroisse, homme dangereux, ennemi de sa patrie, qui a forcé son fils aîné âgé de vingt ans de s'émigrer, et qui d'ailleurs a deux frères émigrés, mais ses richesses ont sans doute adouci le courroux de l'abominable Le Batteux et de ses exécrables adhérents.
Ils ont mis en liberté un nommé Vailland, membre du conseil général du district de Rochefort et jugé au tribunal du même lieu, arresté par notre comité de surveillance et transféré à la maison d'an'ôt de Ploërmel, agent du cy-devant duc de Gesvres émigré, père d'un des chefs des brigands, descendus au dit Rochefort dans le mois de mars dernier, compromis lui-même dans ce brigandage et traduit au tribunal criminel de Vannes d'où il s'est tiré en juillet dernier, tandis qu'un appelle Houeix son filleul près chez lui et moins coupable a été guillotiné.
302 UNE MISSION EN VENDEE, i793.
Nous ne concevons pas comment un homme comme Le Batteux ait pu avoir la confiance d'un représentant do peuple, lui qui n'a jamais été patriote, lui qui a servi en qualité de cuisinier dans les maisons aristocrates, notamment chez l«s moines de Redon et chez les émigrés Castellan, bastionnés à. la fin de juin 1791 au cy-devant château du Preclos et que notre garde nationale prit d'assaut et les conduisit à la citadelle du Porl la Liberté, d'où ils n'eussent jamais dû sortirj ainsi que trente- cinq autres, y compris le fameux La Ruée, saisis avec [eux et qui sont tous émigrés ou censés l'être.
Reporte notre lettre, citoyen administrateur, au respectable Julien, dont les vertus nous sont connues; nous aurions désiré le voir parmi nous ; nous avons eu le bonheur de posséder le vénérable Trehouart, nous n'oublierons jamais ses bontés, et que le Morbihan ainsi que Redon et ses parages lui ont les plus grandes obligasions.
A la fin de la lettre de Julien, nous voyons avec plaisir le retour à Lorient du brave Prieur de la Marne. Avec de pareils hommes il n'est point étonnant que ça ira et que ça va.
Les officiers municipaux et commissaires nommés par délibération du Conseil général de Malestroit.
Signé : Cocrtes, Bouin, Phelipot, Laqdesne, Dâniadx, Bouché, Fretiot, ag^ naP prov^.
Le 25 nivoSf l'an 2''« de la Rép. fedM, une et indivisible.