‹ Une mission en Vendée 1793 [i.e. dix-sept cent quatre-vingt-treize]Chapitre 7 sur 27 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

« Il est ordonné au citoyen commandant de la cavalerie de faire mettre de suite en liberté et remonter demain à la tête de la cavalerie, les républicains brigadiers et gendarmes qui ont été démontés en présence de l'armée; en conséquence lesdits brigadiers et gendarmes seront publiquement réhabilités et rendus à leurs fonctions. »

8 Frimaire.

A Prieur ^ à Rennes,

« Me voici content, mon bon ami. Tout va bien. Les ordres nous sont arrivés à onze heures du matin ; à deux heures de l'après-midi l'armée était partie. Nous laissons 1 800 hommes environ, dont 600 hommes de bonne troupe dans cette place. Le reste de l'armée part avec les pièces et nous promettons à la Vendée ou au Morbihan une destruction prochaine. Gouverneur reste ici pour la surveillance. Robinet, l'adjudant général, prend le commandement de la place, l'ingénieur en chef

y reste pour la continuation des travaux commencés r Deux ingénieurs pour les cantonnements sont à la suite de l'armée. Il reste ici trente-deux bouches à feu et des munitions pour les servir. Les habitants sont rassurés sur le départ d'une partie de la garnison. Il y a 300 canonniers outre les hommes de bonne troupe dont je vous ai parlé. Ça ira.... Quant à moi, voici ma marche. Je vais à Vannes me concerter avec la commission administrative et prendre surtout des renseignements positifs, puis à Lorient stimuler dans cette commune et sur ma route le patriotisme et assurer les munitions, les vivres et les forces nécessaires. De là je reviens rejoindre l'armée à Pontivy où j'arrive avant elle, et je ne la quitte plus. Je ne serai pas le dernier à voir l'ennemi. J'ai écrit le plan de. ma marche à Tréhouard qui doit aussi venir, et j'attends avant de partir sa réponse. J'attends la tienne à Lorient où je ne compte passer cependant que trois heures. Écris-moi à Pontivy. Je t'embrasse. Adieu. »

9 Frimaire.

Vu l'exposé fait par la comité de surveillance de Dinan des motifs de l'arrestation du citoyen Lecoq, administrateur du département des Côtes-du-Nord aucun fait ni aucunes pièces n'existant à la charge du citoyen Lecocq, il est mis hors d'état d'arrestation et renvoyé à ses fonctions.

9 Frimaire.

Je pars l'après-midi de Dinan, et me rends le soir à Jugon et à Lamballe,où je prends tous les renseignements relatifs à la marche des troupes et faisdonnerordre à l'adjudant général Robinet d'aller de suite prendre le commandement de laplace de Dinan. J'invite le district de

Lamballe à s'occuper de suite de faire établir un étapier à Jugon pour le passage des troupes.

10 Frimaire.

Je passe à Montcontour, à Loudéac, et viens coucher à Pontivy. J'ai dans ces dilTérentes communes des conférences avec les autorités constituées, d'oîi il résulte que les troubles du Morbihan sont absolument évanouis, et que la crainte avait exagéré et falsifié tous les faits. Je prends à Montcontour l'arrêté suivant ;

c( Le commissaire, etc., après avoir entendu le rapport de la municipalité de Montcontour, considérant que la compagnie fournie par cette commune à la division de Tarmée commandée par le général Tribout, est en partie composée de pères de famille dont la présence est dans ce moment indispensable dans leurs foyers pour contenir les communes voisines qu'agite l'aristocratie et dont Tune même a refusé de payer ses contributions, et pour assurer la tranquillité dans la contrée.

Arrête : Que la compagnie des pères de famille actuellement à Montcontour restera dans cette commune et que la compagnie de Bas-Bretons qui s'y trouve sera à la disposition du général Tribout qui pourra la joindre à son corps d'armée.

10 Frimaire.

De Pontivy à Prieur.

J'écris de Pontivy la lettre suivante à Prieur de la Marne à Rennes, ou en son absence à ses collègues Pocholle ou Bourbotte :

« J'arrive à Pontivy, mon bon ami; je croyais que,

lorsque Dinan s'était dégarni de trois mille hommes pour les envoyer au secours du Morbihan, il y avait dans ce département des troubles déjà dangereux et une Vendée naissante. Je demande où sont les ennemis et quels progrès ils ont pu faire : on se rit de moi, on me demande à moi-même oii sont les ennemis et quels progrès ils ont pu faire pour que l'armée de Dinan reflue sur Pontivy. Le fait est qu'on a tiré quelques coups de fusil, parce que quelques paysans s'étaient ameutés, et que maintenant tout est rentré dans l'ordre. Il faut qu'on ait envoyé à Rennes des rapports bien exagérés pour que Vergne ait fait marcher trois mille hommes, et découvert une place aussi importante que Dinan. Ce mouvement subit des troupes a été bien funeste, au moment surtout où la garnison de Dinan commençait à devenir respectable par son ordre, $a discipline, sa confiance dans les chefs, qu'il n'avait pas fallu peu de temps à établir. Il nous faudra maintenant tout recommencer ; et sans compter la fatigue du soldat, les marches précipitées, la difficulté de trouver des vivres dans des communes qui n'avaient pu être prévenues, l'embarras d'un logement subit et inattendu pour plus de deux mille hommes, les dépenses que tout cela occasionne à la République, n'«st-il pas bien dangereux de voir une fausse alarme répandue entraîner de tels résultats que les mesures les plus utiles seront peut-être négligées quand le moment d'une alarme vraie et fondée sera venu? Il ne serait pas inutile de remonter à la source de ces bruits mensongers qui nous font tant de mal. Au reste, il ne faut pas attendre une alerte nouvelle pour détruire la cause première des inquiétudes et des troubles. Il faut renouveler toutes ces petites administrations fédéralistes qui, au mépris des lois, existent encore et semblent se cacher dans la foule. Ce

renouvellement ne saurait être différé. Quant à l'armée de Tribout, je présume avec assez de fondement qu'une partie a déjà reçu Tordre de retourner dans la place dont elle sortait; l'autre partie pourra venir, mais peu nombreuse ; 800 hommes avec les forces qui sont déjà dans le département seront plus que suffisants. Nous les distribuerons dans les principales communes où leur séjour momentané fera peut-être quelque bien. J'envoie à Tribout qui est en route, à ton collègue Tréhouard qui doit à peine être sorti de Saint-Malo, et à Gouverneur à Dinan, copie de cette lettre, afin de les rassurer sur l'état du Morbihan. J'attends avec impatience ta réponse à la lettre que j'ai envoyée par un courrier extraordinaire lorsque tu m'annonças que Tribout devait partir avec son armée. J'attends aussi ta réponse à chacun des objets dont il était question dans ma lettre antérieure. J'attendrai enfin réponse à la présente à Pontivy.Tu marques à Gompmar que tu reconnais l'inutilité de la marche des soldats de Tribout. Ces faux avis nous sont bien nuisibles. Nous ne saurions jamais être trop en garde contre eux. »

Au département du Morbihan.

Lorient, 13 Frimaire.

« Les circonstances qui avaient nécessité la réquisition à Belle-Isle d'une partie de sa garnison n'existent plus, puisque d'un côté les troubles intérieurs ont été dissipés dès leur naissance, puisque de l'autre des forces considérables nous arrivent du côté de Dinan. Il importe de rendre sur le champ à Belle-Isle les troupes que nous lui avons empruntées, la certitude que nous avons que l'escadre anglaise est en merrendant plus que jamais intéressante la défense de Belle-Isle. 11 importe ensuite de pro-

iiter des troupes envoyées dans votre département pour révolutionner un peu vos campagnes, faire une guerre à mort au fanatisme et forcer vos paysans à donner leurs grains.

«Il faudra, pour dégoûter les communes insurgées ou celles qui seraient tentées de les imiter, de ce penchant contagieux à l'insurrection, faire payer en denrées les frais de l'expédition qu'ont nécessitée les derniers troubles aux communes dans lesquelles ils ont eu lieu^ sous peine d'une nouvelle expédition militaire qu'elles payeraient encore. Faites encore forcer les recouvrements des réquisitions déjà faites pour les grains.

« Nous vous prions de rendre de suite àBelle-Isle les hommes qui lui ont été momentanément enlevés; nous vous -prions aussi de nous envoyer dans le plus court délai un état qui vous sera remis sur votre demande trèfe pressante par chacun de vos districts, de chacune de leurs communes, avec une apostille d'après laquelle nous déterminerons la répartition de toutes les forces dans les différents cantons du département; et d'après cette répartition chaque commune aura, ou dans son sein ou dans son voisinage, assez de forces pour réprimer la malveillance, arrêter les prêtres qui seraient dangereux, montrer aux paysans ce que c'est que la révolution et faire exécuter les lois. — Veuillez nous répondre de suite. »

Suite de la lettre.

« Nous recevons votre lettre : il faut que vous fassiez filer vos hommes de réquisition vers Nantes, à mesure qu'ils vous arrivent, et que Nantes les fasse filer de suite vers les départements avoisinant Paris en évitant surtout qu'ils ne passent dans les lieux insurgés ou disposés à s'insurger. Les motifs de cette mesure sont

que si vous rendiez vos hommes de réquisition à leurs foyers, il serait difficile de les réunir ensuite ; que si vous les gardiez réunis au milieu de vous, ils pourraient offrir un noyau insurrectionnel, et qu'en les dépaysant ils ne seront plus dangereux. Ils apprendront le français et se patriotiseront. Écrivez à Carrier, et faites-nous part de votre lettre. Ayez soin aussi de nous écrire et gardez-vous d'envoyer à Belle-Isle des hommes de réquisition. »

13 Frimaire.

A Prieur de la Marne,

« Je t'avais écrit, mon bon ami, de Dinan et de Pontivy pour t'instruife de ma marche et te présenter les observations qui me paraissent utiles. J'attends encore, et avec une vive impatience, ta réponse.

« J'avais cru devoir devancer l'armée pour prendre par moi-même des renseignements sur l'état du Morbihan et sur les dispositions exigées par les circonstances. Je me suis rendu de là à Vannes, et voici le résultat de mes conférences avec la commission administrative. Les troubles sont dissipés, mais le germe des troubles existe encore. Il s'agit de l'étoufifer et de prévenir le mal, puisque le mal est prévu. Les ennemis du bien public fondent une grande espérance sur toute la cidevant Bretagne, qu'ils ont travaillée plus qu'aucune autre partie de la République, et nous devons nous attacher à révolutionner la ci-devant Bretagne. Belle-Isle est comme l'avant-poste qui couvre nos côtes, et dans un moment où l'escadre anglaise est en mer, la défense de Belle-Isle doit, moins que jamais, être négligée. Il importe aussi d'y affermir l'esprit public, et de nous mettre en garde à la fois contre la ruse

et la trahison et contre Tinvasion et la force. Je crois ensuite que je ne ferai pas mal d'aller à Belle-Isle, dans quelque temps, pour bien m'assurer de la garnison et des habitants, et ajouter encore, s'il est possible, à ce qu'a fait ton collègue Tréhouard. Belle-Isle bien couvert et garanti par ces mesures, voici ce qui peut être fait pour le Morbihan et ce qu'on étendra peut-être aux départements des Côtes-du-Nord et du Finistère. Chaque district donnera Tétat de chacune de ses communes avec une apostille qui nous instruira des dispositions dans lesquelles elles sont. Il importe beaucoup que les administrations et les municipalités soient partout régénérées ; il y en a encore beaucoup de mauvaises qui entravent les opérations utiles au bien public. La municipalité de Lorient et la commission administrative, croyant que je pouvais être utile pour éclairer et électriser le peuple dans ce département, écrivent au Comité de Salut public pour que mon séjour y soit prolongé pendant deux mois encore. Je crois, en efiFet, qu'ayant, dans ces contrées, la confiance des patriotes, je pourrai opérer quelque bien en restant plus longtemps. »

14 Frimaire.

Aux membres composant le Comité de Salut public.

« Ma dernière lettre, citoyens, écrite de Dinan après l'affaire de Pontorson, vous avait appris les causes de notre retraite qui n'eût pas eu lieu si Vergne eût agi comme il devait le faire. Vergne est maintenant arrêté» et le tribunal révolutionnaire fera justice des généraux qui veulent prolonger la guerre pour conserver leurs appointements et leurs épaulettes, ou qui craignent de concourir au succès de ceux de leurs confrères, dont ils

sont jaloux. Une lettre de ce Vergne, écrite par lui à Tribout depuis qu'il est en état d'arrestation, jette un nouveau jour sur cette affaire. Il prétend se disculper en disant qu'il était simple chef de l'état-major et qu'il devait obéir aux ordres que son général lui avait laissés. Copie de cette lettre a été envoyée à votre collègue Prieur, qui a dû vous la transmettre avec d'autres pièces. Depuis ce temps les armées qui étaient à Saint- James et à Antrain et qui n'avaient pas bougé lorsqu'il le fallait, ont fait un mouvement sans nous prévenir, et il a fallu se replier encore.

« Maintenant on est à Laval où l'on se bat avec des squelettes, car l'armée des rebelles, dénuée absolument de vivres et en proie à une maladie contagieuse, n'offre que des soldats à demi vaincus par la famine et la misère et qu'un seul jour aurait détruits après le siège de Granville, s'il eût existé le moindre concert entre vos généraux et vos armées. Pendant que les troupes de Rennes se sont portées en avant pour atteindre l'armée fugitive, on a fait marcher une partie de la garnison de Dinan vers le département du Morbihan, où s'étaient manifestés de grands troubles. Vous verrez dans la lettre ci-jointe d'Hector Barère à votre collègue Bréard quelques détails sur cette insurrection. Vous verrez aussi, dans la copie que je vous envoie d'une lettre écrite par moi à Prieur de la Marne, quel est l'état actuel de ce pays et quelles sont les mesures qu'il est instant de prendre. Veuillez, je vous prie, sanctionner ces mesures et me transmettre à Lorient l'approbation que vous y aurez donnée, avec l'autorisation pour les faire exécuter. J'en ai déjà préparé l'exécution que les bons citoyens attendent avec impatience. »

Lorient (Commune Montagnarde), 14 Frimaire.

Aux administrateurs du district de Quimperlé,

«La commune de Lorient, citoyens, aie besoin le plus urgent des secours en subsistances qu'elle a droit d*at- , tendre de nous. Vous parler des besoins de vos frères, c'est vous exposer vos devoirs, et tout ce que je pourrais ajouter, votre patriotisme et votre zèle le rendent superflu.

« Veuillez de suite me faire part des mesures que vous aurez prises pour accéder promptement à la juste demande de la commune de Lorient.

a Pocholle a été trompé lorsqu'il a cru Lorient suffisamment approvisionné, et c'est à vous de pourvoira ce que son approvisionnement n'éprouve aucun retard. »

14 Frimaire.

« Le commissaire, etc.

« Considérant que le général de brigade Gillibert qui se trouvait chargé de la défense des côtes du Morbihan a été mis en état d'arrestation sans qu'il ait été pourvu à son remplacement; considérant qu'il importe plus que jamais de garantir et les côtes du Morbihan et celles de la ci-devant Bretagne, depuis l'embouchure de la Vilaine jusqu'à l'embouchure de la rivière de Quimper, dont le général Gillibert était également chargé ; vu l'importance de le suppléer promptement et d'acquérir des renseignements positifs sur les moyens de défense de ces parages dans un moment où les corsaires anglais peuvent s'approcher impunément jusqu'à la rivière du Morbihan et sous les canons de nos forts,

et favoriser là communication des ennemis intérieurs et ceux du dehors,

« Arrête : que les citoyens Lavalette et Digeon feront la tournée des côtes depuis l'embouchure de la rivière î

de Quimper jusqu'à celle de la Vilaine, suivant dans cette mission les instructions qui leur ont été remises, »

14 Frimaire.

Instruction pour les citoyens Lavalette et Digeon,

Notes à prendre sur 13 canonniers du fort de Brest pour en rendre compte au citoyen Jullien.

Prendre des renseignements sur les officiers qui commandent les différents forts, les soldats, les munitions, les moyens de défense, l'esprit des campagnes avoisinantes. Écrire d'abord des détails sur chacun de ces objets, offrir ensuite un tableau général pour résultat.

Transmettre des renseignements sur les prêtres, religieuses ou agents suspects qui se trouveraient dans ces parages et que provisoirement il sera utile d'arrêter et d'envoyer à Lorient avec les notes recueillies sur leur compte et les renseignements donnés par les autorités constituées ou les bons citoyens pour servir de base à leur interrogatoire.

15 Frimaire.

ARRÊTÉ

« Le commissaire, etc.

«Vu la lettre à lui adressée parle citoyen Raoul, président du tribunal criminel du département du Morbihan qui l'instruit que le nommé Guet, chirurgien français passé à Jersey en 1789 qui, depuis la révolution et la guerre de la France contre le gouvernement anglais, loin de chercher à rentrer dans sa patrie, s'est

embarqué sur un corsaire anglais, a été pris il y a trois mois par une frégate française et maintenant détenu dans les prisons de cette commune,

« Considérant que le nommé Guet, qui aurait dû être jugé par une commission militaire formée dans la frégate même qui l'avait pris, ne peut être jugé suivant ce mode que la loi prescrivait, puisque la frégate est en course, et qu'il ne doit pas néanmoins rester plus longtemps détenu sans jugement,

« Arrête que le dénommé Guet sera, à la diligence de l'accusateur public, poursuivi et jugé conformément aux lois; que les pièces et les procès-verbaux relatifs à cette affaire seront, par le chef des bureaux civils de la marine, remis au tribunal criminel du département du Morbihan. »

16 Frimaire.

M, A, Jullietif commissaire y etc^ aux officiers municipaux de la commune de Béaud.

« Je suis informé, citoyens, qu'on a retenu dans votre commune du bois destiné pour Lorient. Il est de votre devoir, comme magistrats du peuple, de favoriser l'exécution des réquisitions faites et le transport des objets destinés pour les communes qui vous avoisinent. Vous voudrez bien vous occuper de suite de remettre les deux cents cordes de bois qui ont été enlevées et de faire partir pour Lorient tout ce qui lui est destiné.

« Je vous prie de m'instruire sur-le-champ des mesures que vous aurez prises pour remplir l'objet de cette lettre. Vous deviendrez responsables des entraves qui seraient mises sous vos yeux au bien public. »

16 Frimaire.

J'écris aux agents des députés près des côtes de Brest et de Lorient :

« J'ai reçu votre lettre, citoyens, et pour ne point retarder l'équipement de nos frères de Quimperlé, j'ai de suite levé les entraves qui s'opposaient au départ des étoffes achetées, et je les ai fait expédier, mais je dois observer que la municipalité de Lorient n'était nullement dans son tort en arrêtant une marchandise qui avait été mise en réquisition par l'administration du district. La municipalité ne pouvait agir à cet égard contre les arrêtés de l'administration supérieure, et c'est à cette dernière que devaient s'adresser les fournisseurs du district de Quimperlé pour n'éprouver aucune difficulté. Quoi qu'il en soit, elles ont toutes cessé et les marchandises arriveront à Quimperlé en même temps que ma lettre. Je suis très inquiet d'une lettre extrêmement pressante que j'avais écrite à l'adpiinistration du district de Quimperlé et qui sans doute n'est point parvenue à sa destination, puisque je n'ai reçu aucune réponse. Il s'agissait de grains que j'ai requis le district d'envoyer à la municipalité de Lorient pour approvisionner cette commune que le fanatisme de l'aristocratie des communes voisines semble avoir résolu d'afiamer. Nous avons le besoin le plus urgent de subsistance, et quand le district de Quimperlé enverrait dans les magasins de la marine plus de grains encore qu'il n'en envoie, il n'en résulterait aucun avantage pour la commune de Lorient qui mourrait de faim au milieu des approvisionnements de la guerre et de la marine qui ne peuvent avoir aucune autre destination. »

18 Primai ce.

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