XVI. — AUMBNTS
Le couscous est encore la base de ralimeniation, mais il est loin de valoir celui des Arabes. Trop souvent il est fait avec un mélange de farine d'orge et de farine de gland. On conçoit qu'une telle nourriture est lourde ; c'est, du reste, ce qu'accusent les consommateurs. Nous avons déjà dit que certaines tribus de l'Oued-Sahel, de la vallée du Sébaou et de celle de Bor'ni, récollaient de beaux blés. Ainsi que les Arabes, les Kabiles consomment aussi la farine sous forme de pain, ar'roûm. On use également de la farine de beclma^ sorgho. La figue sèche prend ensuite le pas dans la consommation alimentaire; c'est elle qui est la provision du voyageur. En automne, il se fait un abus de fruits verts, figues et raisins : d'où les indigestions elles engorgements; c'est l'époque où les Kabiles se plaignent le plus de la faiblesse, de la paresse de leur esiomac, de la laqtiya ou tamaguirt.
Les Kabiles font un usage plus fréquent des légumes que les Arabes, et ces légumes sont ou bien mêlés au couscous, ou bien mangés isolément. Nous avons déjà donné la liste de ces végétaux alimentaires.
Nous ajouterons encore que les plus communs sont les fèves, les navets et les artichauts sauvages, tar'adioûts, scolymus.
Presque tous ont de ces derniers, que l'on récolte au printemps et dont on mange la côte.
N'oubiiûQS pas de r'^ppdrr Thuile d'olive, dont il se fait une grande consommation.
La viande s'achète au marciié, où chacun s'ingénie, même les enfants, pour réaliser un petit pécule qui permet d'en rapporter au logis, il est une coutume heureusement instituée pour faire manger de temps eu temps de la viande aux pauvres. Il s'en fait une distribution à laquelle prennent part tous les membres du village, hommes et femmes, grands et petits. Cette distribution peut avoir une triple provenance. Par Yoûzya, timecliert, on opère par souscription, chacun donnant suivant sa fortune, peu ou prou, ou même rien: alors on partage par maison. L'oûzya peut avoir lieu environ une fois par mois. D'autres fois, ce sont des personnes riches ou des individus qui lèguent à leur décès une certaine somme aOeciéc à l'achat de bestiaux, et ce legs porte le nom de sedâkat ou aumônes.
Enûn les amendes sont aussi converties au même usage.
Dans ces deux derniers cas, le partage se fait, non plus par maisons, mais par tètes (1).
Il est une habitude qui, sans être générale, est assez répandue pour que nous l'ayons remarquée toutes les fois que les Kabiles nous ont reçu. Après le repas, on nous servait du savon et de l'eau, pour les mains et la bouche. Quand le Kabilc jouissait d'une certaine aisance, l'eau versée sur les mains était reçue dans une sorte de cuvette à double fond, dont la paroi supérieure était percée de trous. L'eau salie par le lavage des mains et de la bouche allait se cacher dans ce réceptacle. Nous admirions avec quel soin ils se rinçaient la bouche, dans laquelle ils inséraient alternativement l'un des doigts indicateurs.
(1) Le tableau que nous avons donné du bétail fait voir que la production du lait, aïfki, et de ses dériyés, n'est pas abondante.
XVI 1. ^ OB LA MBDBONB CHBI LRS KABILBS.
Àvdfîi d'aipo^fsr pofnoient les Kabiles» eQvisageot les pia- UdJQSj cooçoWeot et praMqueal la médecine, nou3 croyons devoir dirçi quelques mpU sur les Daissaoces et les mariages.
Novs t^^QAS des détails sur les accouchements d'une de nos clientes les plus assidues, de la tribu des B^tçn, groupe de Sidi Raclied» affectée d*albugo*
Assex rapprochée pour nous rendre des visites fréquenies, âgée de 45 ans et d'un caractère liant, cette femmç avait fini par se meure avec nous sur un pied de confiance et de fainiiiarité Qui nous permetiaH de lui adresser des questions que nous n'aurions pu poser i^ d'autres.
Suivant Kollat>ent Aijoi, la durée de la grossesse peut dépasser oeuf mois et atteindre jusqu'à di>^* £Ue n*a pas vu de femmes enceintes réglées, mais elle en a connu qui l'étaient pendant rs^Uaitement, A sept mois l'enfaut est réputé viable. Il n'y a pas d'accouçUeuses de profession^ mais ij y a des femm.es ay^pt plus pu moins d'habitude et dont or réclame l'asgtstajaçe. (^es hommes a'éloîgnenti mais on laisse les enfapts en ba^-i^e. Les douleurs peuvent durer de w à deux jQjiirS' Jamais en ne rompt la poche des eaui^. DauA les présentation vicieuses on ne praUque d'autre manœuvre que la tracjtipR sur les parties sorties. Si raecQucbemetu est par trop let^h une femme place sa tète sur le ventre de la patiente ei e9)?ç^n^ ses mains <^errière son dos, presse de
part et d'autre pour déterminer l'expulsloo 4q l'enfMt* L'dc* couchée se tient généralement par terre. Quelquefois elle s'assied et Ton reçoit l'enfant dans un pan de robe. L'enfant n'est pas lavé : des onctions sont pratiquées sur ses articulations* On lui coupe le cordon qui tombe dans une huitaine
de jours, et on répand à l'eQdroit dç l'alun pilé. On ne tire
pas sur r«rriàre-fiili, mais on aiiand soa eipvItloD spoouinée : qoeli|«€8 femmes saccombeat aux suites de sa réteotien.
Ce q«e nous savons de rallaiiemeat, repose sac des reii* iolgiiemeois ei des observations pour ainsi dire àe tons les jours, li se prolonge pendantplusieors aanées« parfois quatre ou cinq ans, s'il ne survient pas de nouvel enfant. Dans ce dernier cas même, raltaitement est souvent double et quel quefois on nous a dît que chacun avait sa mainelle en titre, Tutt à droite, l'autre à gauche.
Les mariages se font d'aussi bonne heure chex les Kabiles que diez les Arabes. On ne conçoit pas davantigige le célibat. Quand on a le moyen de se mettre en ménage, on le fait. Le prix moyeu de la dot est de cent douros, ou cinq cents francs.
Bien souveni la fem.ne est tancée plusieurs années avant |e mariage, c'est-è-dire vers l'âge de sept ans. Il nous est arrivé dans le printemps de iS5S une jeune et jolie petite fille de sept ans dont les fiançailles avalent été rompues par suite d'un accident. L'enlant s'était laissée tomber dans le feu qui lui avait brûlé toute la^pftrlie postérieure du membre baiérieur gauche. La dot, en raison de sa beauté, s'élevait à six cent cinquante francs. C'est généralement vers» dix à douze ans que les fiancées sont livrées à leurs maris.
Certaines maladies retardent le mariage des jeunes fiUes. Nous nous en rappelons deux, de <j^Vib^it (ns : rusèt d'itM riche et belle nature, avait une dOubJH) kératite dont l'Une Yut heureusement améliorée par nous; l'aulre, d'une nature plus distIbgMée et plus délicate, avait également une affection de la cornée, entretenue par un double entropion que nous opérâmes aussi.
La polygamie n'est pas lrès*commune, du moins simultanément, mais elle l'est Jieaucoup plus consécutivement. Jus* qu'au terme de sa carrière, le Kabile, comme l'Arabe se fait
un plaisir, j'allais dire un devoir de la cohabiution coiyu-
94e« Une qiuuraiiuioe de. sujets, souvent déft TièiUards, sont T€oas nous demander des ftphrodisiaques. Si nous leur :o1h jeotions leorige, ils nous répondaient que c'était moins pour eux. que pour satisfaire aux désirs de leurs coigointes, et ce que nous savons des mœurs . musulmanes, nous fait penser que sotuvent ils disaient vrai. La femme réclame ira»périeusement son droit, autorisée du reste par la loi, et se lait une vanité de le voir bien uccompli.
Comme en pays arabe, le divorce est fréquent.
Le Kabile est superstitieux comme TArabe, mais il a moins de fanatisme.
A Forigine de ses maladies il n'aperçoit bien souvent que Dieu et les génies. Quand nous interrogions nos malades et que nous voulions remonter à la cause, on nous répondait le plus souvent : cela vient de Dieu. A cela nous répondions : ei pourtant Tbomme agit ; si tu reçois un coup de bâton, ce n'est pas la main de Dieu qui a tenu ce bâton, mais la main d*un homme. On ne lardait pas à comprendre. Les habiiants. du village d'tehérâoua, sur l'emplacement duquel on a construit le fort Napoléon, furent cantonnés près des constructions appartenant au marabout sidi Seddik, homme ioûuent que l'on dut transporter en France. Au commencement de i85V, plusieurs ophihalmies se déclarèrent et la croyance se répandit dans le pays que c'était une punition de Dieu quj vengeait le marabout lésé dans ses propriétés, et que la ma ladie durerait tant qu'il n'y serait pas réintégré .
Un grand nombre de maladies et particulièrement les ma-, ladies nerveuses spnt réputées le fait des génies. Maintes fois encore, on nous a désigné une espèce de génie qui répond ^ nos fées, dfrîL Comme dans nos campagnes, on croit aussi que ces tées et génies peuvent agir à Tinstigaiion des horoiçes; en nq mot, on croit aux sorts, le plus souvent introduits avec les aliments. Dans la majorité des cas, les sorts sont jetés par vengeapçe, à la suite de querelles de ménage, de jalousie. Quand nous traiterons des ma'adies en particn-
lier, nous raconterons l'histoire intéressante 4'«Be tijntéi^pQ affectée de sort et évincée par une riTale.
Un grand nombre de maladies sont considérées comme produites et entretenues par des vers : ainsi les maladies des dents, des oreilles, les abcAs, fistules, etc. Quant à la thérapevtique les Kabiles méconnaissent les indicaiiioas. ils se figurent qu'à chaque maladie correspond un spécifique. C'est à sa recherche que doit tendre le médecin : c'est sa connaissance qui fait l'efllcacité de ses cnres.
Le médecin consommé pour eut est donc celui qili sait parfaitement recounalire une maladie et le remède correspondant.
Une des grandes dilBcnllés de mon service ébit l'interrogation, et cette iliniculté provenait d'une double source, rinsniBsance des interprètes et les préjugés des malades. Ce ne fut qu*après plusieurs essais que je finis pîar trouver un interprète à la hauteur de son rôle, intelligent et possédant bien l'arabe et le kabile. Mais les malades eux-mêmes étalent souvent un obstacle. Non-seulement ils se prêtaient difficilement à une Interrogation méthodique, mais Ils n'en comprenaient d*aboid pas U nécessité. Beaucoup venaient me demander directement un remèJe Quand je voulais pénétrer dans les deuils de leur affection, Us commençaient fréquemment par me dire : nous appelons cela ainsi, ei ils^ croyaient en avoir dit assez.
Ce ne fut qu'à la longue qu'ils comprirent la nécessité d*un inteirogatoire complet.
A leurs yeux, la supériorité de la médecine française tien-» dratt en grande partie à la supériorité des médicaments..
il y a plus, ils croient encore que la plupart des médicaments guérissent d*emblée à première administraiioa.
XYltl/— niAYidbit MftDidàLir*
Noat n*tùhHis il meDiiômier ici qae etfrtainas rhëf» la médecilie l&ablie ayant de nombreux potoia de tt9- •emblaikee airec la s^dedue arabe dont ikoua notis aofmnétf occupé aulre p^ri. H n*en saurait- étr6 différeimnent. C*esl êù arabe que sont écrits tous les Hf res des Kabites ; mi Kabile |niiK|%è ('est pas autremeni qu'un Arabe, i.es petits recueils 4e laédccine que l'on trouve chez les lettrés et les médediîs âraties ou kablles sont absolument les moines.
C'est ehéileë Ktibiles que se recrutent la plupart des colporteurs qui veodent sûr les marchés arabes des médicaments et des drogués.
PUisieurs tribus du Djurdjura, telles que les Ali-ou-Haraoun, etc , ont des dépôts considérables de dirofiles otf Viennent puiser les coFponeurs.
La médecine est exercée concurremment par les hothmel él les femmes. Ainsi que chez les Arabes, chacun a le phia souvent une épficiatfté.
Malgré la fréquence dé la fièvre iiitermiitenle, nous n*aiihê tro^é aucun remède en usage contre elle. Nous avonè essayé d'y vulgariser l'emploi de la pefttte centaurée, assez tfOtenMinë en RaMIie.
Dans les affections de l'œil, on fait un grand usage de l'a- Ci'tatè de cuivre et du sulfote, soit appliqués immédiatement comme cauftti^ties, soit employés en pommAde avec du befilrhi:
L'entr?pion se trhite quelquefois par la suture, et nous avons vu un Yenni qui nous a dit l'avoir pratiquée plusieurs fois d'après un procédé apporté de Syrie.
Le traitement de la syphilis est un des plus méthodiquement institués : nous l'avons déjà donné dans la Gazette
métHcale de l'Algérie, now ie nppell«iMl8 jiQwniiiHvqiiyH
JCI. .
On prend «ime 0Oçej(ievniercttreiet,UQvq^ari.^e sulfate lUe eyivjre, de verdet et de 9el aminomac. On .irlUire a^p^eément les trois .dernières snbstaoces, puis w ajoute Je wjer- .cmcet^oa bit.w ubleues dnnt. ob^iciiAe servira ponjr «pe fpmigfktian.
l^a fwU[î|Mop se pr^ti^Qe en .s'siccrQinp^nt .sur.nne m^r^iite 4remplie .de.c)igr|)ans, seQouvriapi de.^Qp |}iir(«QM9 et se bouchant les ouvertures naturelles : elle dwe.iiRjiyiar^ d'heure. On ea,lait unejii^tip et i^K et qn.ieoplfpaie peu- 4apt trQi3 i^urs. P^i^dant ce temps, Jl Cs^t s^abçtei^ir .^ sel, de viande, hormis celle de moutop^^t de lilgi^eis. jQf^ jgarde la inajs^; .^ bojt.de l'fj^,.cJh»p*e ^i Ap. fjait, p^gOide /wasepareille.
Ge traitement a ses inçpnviépients et s*il p*cist p^ )>ien #pryeiUé par le médecin ,qpi Ta j^esterit,;il,enMaipe ddj^s ^jcjdepis,
DepiPis quelque tepips les K^es font.i^ge «p^re Ja>y* |d)ilis de pilules iiu*i|s appuient pilules 4^ Paris, A^ qu'ils jrpnt généfalepient ^ procurer à Gçn^ntine. Ces poules 4QQt pops avons vu des échantillons, .pQps p^ifiaUsept )§Uie composées de proto-iodure de p)er<^re.
La clef de Garei^eot, coniiuci.des indigènes d'ÂI^r, ;ie r.est.p^s en I^abilie. On ext^it.les dents avec, une mauvaise pince etJii^n souvent on pe p:^rvient, ^près bi^n d^ <effuris laborieux, qu'à rompre la couronne. A)gintes fois, pous ayqns dû compléter ces opérations grossièrement exécutées. Un de ces iastruments nous a été présenté.
Nous avons vu deux appareils à fracture. I^'up fl'epx était .constitué avec des tiges de férules coupées ^enjpng et ser-r vaut d'attelles. Leurs extrémités percées éj^/çnt.ti^versées par des cordons en laine et d'autres liens^ portaient sur ^pr partie moyenne. Ipunédia^eniept sur ,1a frafij^iire, on avait ^jçaAiqpé.^jes ,eipbrcica4onS:d;hqile, d^'olive, [Ct: on^ avi^t reçou-
rtn avec dé la laine. L'autre appareil se composait d'une aeole pièce d'écorce de liëge, entourant presque compTète-ment le membre* et du reste assez souple. Comme dans !e cas précédent on avait UU une embrocation et appliqué de la laine. Par-detsns récorce de llége étalent des Kens que l'on serrait par un procédé curieux. Ces liens une fois noués, un cylindre de roseau éuit passé dans chacun, puis, en le tordant, on serrait le lien, comme on fait d'un tourniquet. Une tige de bois enfilée dans tous les roseaux les maintenait en position.
Une des pratiques les plus curieuses que noui ayions observées en Kabilie est celle de Vinoeulation^ d'un usage qui nous a paru général.
C'est vers Tige de trois à quatre ans que les enfants sent inoculés. Alors qu'une épidémie de variole se déclare, on fend un bouton avec un couteau, puis une incision é'ant faîte d'un centimètre ou deux d*étendue entre le pouce et l'index, on transporte du pusvarioiiquedansla plaie. La ci* catrice consécutive d'une étendue d'environ trois centimètres a une forme elliptique. Nous avons observé des centaines d'enfants et nous avons presque toujours observé cette cicatrice. De l'aveu des Kabiles, l'inoculation n*est pas un préser^ vatif infaillible contre la variole.
Cette pratique de l'inoculation sera quelque temps encore un obstacle k la propagation de la vaccine en Kabilic : quelques années seront nécessaires pour que les Kabiles en comprennent la supériorité.
Nous avons pratiqué plusieurs vaccinations dans le prin< temps de 1858, dans les conditions suivantes :
Pendant l'hiver, une épidémie de variole avait sévi dans le village de Taourirt-Tamocrani, d'une population de plus d'un millier d'habitants et distant de Fort-Napoléon de cinq kilomètres. Le village, en raison de sa proximité, «le ses environs pittoresques, et de Tindustric des coiffures de femmes dont je Élisais de fréquentes provisions, était un de ceux oà
j'étais le plus connu. D'an autre côté, les jeunes Kabiles venaient tous, les jours au Fort gagner quelques sous en vendant différenis objets et faisant des commissions. J'envoyai préalablement un homme de confiance, qui avait été quelque temps mon interprète, pour prévenir de mon arrivée, le lendemain 4 avril 1858.
Une affluence considérable était réunie sur la place. Je fis apporter une natte pour ni'asseoir et dé l'eau pour laver les bras. Une quinzaine d'enfiinls, plus une jeune femme de dii>huit ans qui n'avait pas été inoculée, se présentèrent et se soumit ent parfaitement à l'opération. Je n'avais avec moi: que des plaques, et le 11 avril, ayant revu mes opérés, je n^en trouvai aucun de réussi. Je recommençai trois vaccinations avec des tubes, et toutes me réussirent. Deux de ces derniers vaccinés vinrent me trouver huit jours plus tard et me scr^ virent à quelques vacicinations heureuses dans la population civile Européenne de Fort-Napoléon.
Le 10, je pratiquai à Taguemmount-Haddàden^ village tout près, du Fortj quatre vaccinations avec des tubes^ et trois réussirent.
Deux autres tentatives, aux villages de Taddert-Oufella et d'AzTOûza, furent infructueuses. On me répondit que tous IVs enfants avaient été inoculés. Je crus devoir m'ea tenir là pour deux raisons. Le courant journalier de malades qui venaient à ma visite ne me permettait pas de m'absenter au loin ; de plus, des bruits couraient contre la vaccine . Quelques-uns disaient que c'était un moyen que Ton voulait avoir de marquer les Kabiles. D'autres même avançaient que la vacrine avait pour résultat de diminuer les forces génératrices. Enfin, dans certains coins de l'Algérie, celte mesure en quelque sorte imposée violemment, avait rencontré de la résistance et occasionné une légère émeute. Je crus donc devoir attendre du temps et de l'expérience la destruction de ces préjugés et ne pratiquai plus que deux vaccinations parfaitement réussies, l'une sur tin jeune Kabile <le Tal)labalt et
rantre Mr qb 'd'AgotAniMûD, ai»^|«èfe de MqueiAi rapports av€€ nous araiest iaapiré ose gnMe confiànee. réas dephn Ja iiréeaution ëe les vacciner coBCorreramiii «vec'Én tûùaii Eeropéeb; pour Iê«r pnraVèrqQe cette pi^at^tte était eàiàrée 4aD8 nosliaages, qa'eOe n'atàh aucune irnère*('pénaée.'Quel» queç yaccinaiiona de zouaves furent égal^iiéàthttes en présenee de Habiles.
Nous avons déjà dit que les Kibites admettaient comme c»ises des lâaladies des influencés Kurnàtnrélles, coaiflie l'action des génies, les charmès/fes sorts, etc. Ils admettent également les inéines influencés comme agènte tfiérapeati* qries.
On a dit que les Kabiles ne |k>riaient pas d'amulettes; c'est une erreur» il en estpen^i n'enpoiieni et plusieurs k la fois."QtteI(ines-ubs m'en ont demamdé. Un =plus grand nombre, en me fiiisant l'historique de leur mbladie et dés traitements qu'ils avaient faits, me mentionnaient les fterffs qu'on leur avait éômj^sés.
Tout comme chez les Arabes, ce sont des talebs'éu des marabouts qui ont cette spécialité, cumulée quelqdeftrts avec la pratique de la médecine. Un jour, je réprtiéliaig à Vun d'euz d'abuser de la crédulité du peuple'en leur Uettitanl^s morceaux de papier comme^ des remèdes efficaces. Mais, Me répôndit-ll, noush'écrivons là q^iede bonneselftfSeSroù donc est le mal? — Sans doute, mais ne irompei'àî^-tu pas également en recommandant àui Kabiles de jeter des Feuilles du Koran dans leiirs champs au lieu dé blé : erois-tu 'qu'il 'en pousserait?
Les amuleties sont fartées ieonireleà maladies de Tàme tout aussi lii4;u' que contre leé marlndièS du tb\^.
Une femme dé 40 ans de la tribu des Fràoiicen'vintà nous aVec m goitre assez volumineux. Suivant un u^ageâssez ré* 'l^andu dans lé pays, on pareil cas, elle aVait assez habilement masqué soti marmite en'biaaât'traCer^ par dessus des 'ta^ttàgek Mgiiraiat 't% eoilier à' plti^felirs rairgs. migréèon
âgc'â^s $mi vôuvag^e, èlks voulait convoler à de iiofivelU* ^ocbs etti^ifiis plia itistàlmhieht de lui fbire une amulêtle pour 'attirer à êlte quèi()u'ài] qui TépOttsàt. Une jeune et intéres- 'sahle hyislétique dés Beni-Thoupar' vouhiC également em ^ '^oi^er'iin<i'2^muléUe en dèfaôrc 'des mëdreamefils ^e-iHHis lùradriiitlistrâniiés. Ihié rivale lui avall^ jeië vn sort : à««^ 'Aé'V^t)i[is aVdir ta puiissànee d^evlevèr ce sort et de le i^ejetér •fcfùféaïiVdle.
Parmi les pratiques superstitieuses, nous menti4»nnerot)s la suivante. Un 'KâMfe dçs Sedka vliit nous trouver |^ur la ^tieVré4i(ii"le lënafi déptiis Ibdgiemps.'Il avait bien «^ d-un '^eniè<le,'^nfilis ce remède lui rëf^ugtiait -et il préféva^it^notre quina. Pour couper les accès, il suspendait la nuit au-dessus 'de satêtétfn c^e' humain, et la fîèvre le qiiittait. Quand il enlévitii'le%ràtie,1a fTèvrerépiànii^âlt.