‹ Une mission médicale en KabylieChapitre 17 sur 44 · SERVICE MÉDICAL DES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

SERVICE MÉDICAL DES INDIGÈNES

CONSIDERATIONS PBELIMINAIRES

Avaol d*entrer en matière, nous ferons quelques observa ~ lions sur la nature de notre service et de ce compte- rendu.

Quand, après l'expédition de 1857, le maréchal Randon nous fit rhonneur de nous désigner pour le service médical des Indigènes à Fort-Napoléon, ce fut dans Fespoir que notre ministère pourrait avoir quelque heureuse influence sur des populations jusqu'alors indomptées et récemment conquises.

A notre arrivée, on travaillait à la construction du Fort. Nous nous installâmes sous la tente et fîmes des bons de méticaments; nous y restâmes jusqu'en décembre. Nos moyens étaient alors restreints : certains sujets durent être envoyés à l'ambulance . On nous y réserva plus lard une salle ou des tentes.

Les malales ne tardèrent pas à devenir nombreux. Pendant les trois derniers mois de 1859^ ils dépassèrent le chiffre de 1,500. Tel jour nous en donna 50.

Dès le 23 septembre, nous les inscrivîmes, avec les renseignements nécessaires, pour suivre la marche de la maladie et du traitement. L'interrogatoire était difficile et long ; les trois quarts de nos malades ne parlant pas arabe, et nos in« terprètes étant d'une insuffisance dés .spérante.

Les Kabyles, comme les Arabes, ont aussi rindolence et la résignation musulmanes. Ils aiment les traitements courts. Quelques-uns avaient une ou deux journées de marche pour arriver jusqu'à nous. Parfois ils ne revenaient plus après une première visite ; souvent ils nous apportaient des affections très graves, difficiles ou même incurables avec des moyens plus étendus que les nôtres. Les moyens durent être longtemps ceux d'une ambulance de campagne; or, notre service comportait bien d'autres exigences. Nous n'en avons pas moins consigné tous les cas. .

On comprendra facilement, dès lors, comment nos observations seront souvent courtes ou incomplètes. D'une part, le temps nous pressait, car, outre les indi|[ènes, nous avions les civils, plus l'hôpital pendant l'été. D'autre part, nous ne pouvions suivre tous nos malades jusqu'à la fin.

Nous avons cru cependant devoir rédiger ce compte-rendu, qui repose sur des notes recueillies scrupuleusement, jour par jour. Le chiffre de nos malades s'élève à 5,3.94* Notre suUstique peut donc être considérée conune l'expression à peu près exacte de la pathologie d'une contrée jusqu'alors inexplorée : elle pourra fournir quelques renseignepienls utiles tant à l'administration qu'aux médecins chargés du service d'une population intéressante et bonne, qui mérite les sacrifices faits pour elle, et qui n'a pas cessé d'être présente à notre mémoire.

Nous avons essayé de faire plus pour deux affections : la syphilis et la fièvre intermittente, qui représentent à elles deux la moitié de nos clients. Les deux chapitres qui leur sont consacrés fourniront peut-être quelques documents intéressants à l'histoire de ces maladies en général.

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