II. ~ Hypertrophie de la rate
Ginquame-neiif malades figurent sous ce titre dans notre tableau. Ce chiffre est loin de représenter le nombre des hyperirophîes de la rate que nous avons observées. Il ne répond qu'aux malades qui se sont présentés à nous, accusant cette maladie exclusivement. Bon nombre de fièvres d'accès étaient accompagnées d'hypertrophies de la raie plus ou moins prononcées.
Toutes ces affections de la rate reconnaissaient pour cause une fièvre dont l'invasion remontait à une époque plus ou mains éloignée, généralement quelques années.
Un seul malade se présenta chez lequel, dès les premiers accès, la rate était considérablement tuméfiée. Généralement cette tuméfaction ne se prononçait qu'au bout d'un certain temps.
Parmi les sujets dont nous avons noté les âges, 7 avaient moins de 20 ans, et 36 avaient de 20 à 45 ans. C'étaient à peu près tous des hommes.
Généralement, chez ces malades, les fonctions digestives étaient gravement altérées ; la peau revêtait souvent une coloration terreuse ; il y avait de ramaigrissement, un état cachectique, pnrfois de l'infiltration et de l'ascite : presque toujours ils accusaient de la prostration des forces et de l'essoufflement aux moindres mouvements d'ascension.
Dans le plus grand nombre des cas, la rate ne débordait que de 5 à 10 centimètres. Chez trois elle débordait de 15, chez deux de 20, chez deux de 25 et chez un de 37.
Chez quelques-uns le débordement était énorme, la rate se prolongeant non pas seulement en bas, mais à droite audelà de la ligne blanche.
Nous allons ciier quelques-uns des derniers cas.
Le 9 décembre i857 se présentait Mohammed ben Âmara, d'Âgouni ou Djelban, deia tribu desRaten, âgé deylngtans. Depuis deux années il a la fièvre La rate mesure ^4 centimètres à partir du rebord costal, et dépasse de 3 centimètres la ligne blanche.
Le 18 février 1858 comparaissait Mohammed ou Ider, des Âmraoua, tribu de la vallée du Sébaou, âgé de 25 ans. Depuis trois ans, la rate s'est tumélice consécutivement à la lièvre intermittente. Actuellement elle remplit presque toute la moitié gauche de Tabdomen, mesurant de haut en bas 37 centimètres, et s'avançani à droite au-delà de la ligne médiane de 4 centimètres.
Le 14 juillet venait à la visite Zamoun ben Mohammed, des Yala de Toucd Sahel, âgé de 40 ans. Depuis six ans la raie s*est tuméfiée consécutivement à la fièvre. Elle occupe tout le côté gauche de Tabdomeu des côtes au pubis, et déborde en bas de deux centimètres en dehors de la ligne blanche.
Le même jour nous recevions Âbderrahman ben Mansour de la même tribu, âgé de 40 ans. Il y a un an il eut la fièvre qui ne le quitta pas de trois mois. Aujourd'hui la rate occupe la moitié supérieure de Tespace compris entre les côtes et le pubis ; Tabdomen mesure 4 mètre 5 centimètres de circonférence.
Toutes les tribus fournirent leur contingent; mais les cas du plus grand développement nous vinrent de localités voisines de la plaine.
Cette affection fut une de celles dont le traitement fut pour nous le plus iograt, en raison de sa longueur et de ses difficultés. Nous eûmes rarement occasion de nous féliciter de quelques succès. Le Kabile aime les médicaments qui agissent promptement : il nous en revint seulement un petit nombre.
Ce traitement variait suivant les indications.
Après un ou deux purgatifs salins nous administrions généralement les ferrugineux. Quand des aecés erratiques se continuaient nous donnions le sulfate de quinine. Quand il y avait de rinfiliration, de Tasciie, un traitement était institué en conséquence.
Les Kabiles aussi bien que les Arabes ont Thabitude de traiter la rate hypertrophiée, thikâl, par la cautérisation avec le fer rouge.
Il nous vint un cas d'hypertrophie de la rate d'origine traumatique. Une balle était entrée par le côlé gauche du thorax : du sanp:, puis du pus, avaient éié expectorés, et le projectile paraissait enfin s*clre logé dans la rate, consécutivement tuméfiée.