‹ Une mission médicale en KabylieChapitre 7 sur 44 · V(I. — ANIMAUX · texte numérisé non relu

V(I. — ANIMAUX

Animaux domestiques. — Le chevial est très rare en Kabilic. Le tableau suivant donnera une idée exacte de la fré quence des autres animaux domestiques.

Sur une population de 16,000 âmes, la tribu des Ratcn compte : mulets 258, — ânes C42, — bœufs 1,356, — moutons 666, — chèvres 972. — Dans la circonscription de Fort

Napoléon qui comprend outre les Raien , les Mcnguelût les Yahya, les Bou-Youcef, les Itourar et les Ililtcn, tels sont* pour une population de 38,000 âmes les chiffres des animaux domestiques : Mulets 598, — ânes 1 ,331, — bœufs i,656, — moulons 1,915, — chèvres 2,326.

Lecluval se dit en Kabitie aoûdiou. Ce mot dérive de Tarabe, la rareté du cheval ayant fait tomber en désuétude l'expression berbère iyès, que Ton retrouve dans le sud. —

Le mulet se dit accerdoûn, Tâne ar'ioûl, le bœuf se dit azgar, et la vache, tafoûnest\ le mouton ikerri et la brebis tikhsi ; le bouc aMouâch et la chèvre, tâfat.

Les chiens, akjoun, aïdi, sont moins nombreux que chez les Arabes, les chats, amchichj plus fréquents.

Animaux sauvages. Ce u*est point ici une énumération complète de la faune locale, mais une indication des espèces les plus saillantes, à notre* connaissance du moins.

Le singe, t^^, est très commun dans la haute Kabilie, Dans Tannée 1858 les Kabiles en apportèrent environ une cinquantaine au Fort.

Le lion paraît avoir existé jadis. Uu village des Raten porte le nom d*Aguemmoûn gu izem^ la colline du lion.

Il existe encore, dit-on, de la panthère.

Le chacal, ouchcheny est moins répandu qu*au voisinage des pays à tentes. Il en est de même de l'hyène, ifis. On rencontre aussi un petit renard.

Le sanglier, Ue[, habite les coteaux inférieurs et les parties fourrées de la plaine. Il est moins commun au nord du Jurjura que dans la vallée de 1*0. Sahel.

Comme les autres animaux traqués par Thomme, le lièvre ùûisoUU est moins commun en Kabilie que dans les plaine;^. On rencontre assez fréquemmeut des hérissons et des porcépics [aroui-inmi).

Parmi les oiseaux, plusieurs grands rapaces sont représen.

tés en Kabilie. Ainsi l'aigle, ichchery le vautour, le gypaète,

e duc, le chat-huant, la chouette.

II y a des corbeaux, aguerfiou, des guêpiers, des geais, des merles, des grives, amergou, des moine aux, des cliardonnerets, etc.

L'aloueite, la caille, la perdrix sonl moins communs que chez les Arabes.

La cigogne est rare au nord du Djurjura, nous l'avons rencontrée en d'auire points de la Kabilie. L'hirondelle s'y familiarisp avec l'homme comme partout.

La poule, aïdzîdy est commune; on élève aussi l'oie.

Quelques chasseurs apprivoisent la perdrix iasekkourt; nous en asons vues qui paissaient en liberté, comme des poules, sous la surveillance de leurs gardiens. On les expose dans une cage où par leurs cris elles appellent les perdrix libres.

Les rivières de Kabilie ne peuvent être poissonneuses. Cà cl là dans les fonds, on pèche le barbeau. Quelques cours d'eau renferment des anguilles, et les petits, des crabes.

Les tortues terrestres et aquatiques ne sont pas communes en Kabilie. Nous n'avons pas appris qu'il existât des vipères. Les couleuvres azrem ne sont pas rares.

Les papillons ne nous ont pas paru bien fréquents.

Les abeilles sont élevées dans un grand nombre de localités et le liège est employé à la confection des ruches.

Les cantharides ne sont i)as aussi communes que semblerait le comporter l'immense quantité de frênes. Nous nous rappelons avoir observé des accidents chez des soldats qui avaient puisé à des sources ombragées par des frênes, chez les Merraï, en 1850.

Le scorpion, assez commun dans la grande Kabilie en général, surtout sur les hauteurs moyennes et bien exposées, ne l'est pas dans la Kabilie du Jurjura,

Dans quelques petits marais des environs d'Asikh ou Meddour, on a trouvé des sangsues.

VIU. — RACI BCMAINB.

La Kabilie da Jurjura est à peu près exactement représentée par Fensemble des quatre cercles de Dellys, Tizi-Ouzzou, Drà-el-Mizan et Fort-Napoléon.

La population se décompose ainsi :

Dellys • 69.064 habiunts.

Tizi-Ouzzou 88.840 —

Drâ-el-Mizân 33.799 —

Fort-Napoléon 37 . 867 —

Total 229 . 570 habitants.

La carte de la grande Kabilie de 1855, du dépôt de la guerre, la seule carie d'ensemble que nous ayons à notre disposition, ne comporte pas un toisé complètement exact de la surface terrestre occupée par ces quatre cercles. Nous croyons toutefois nous écarter fort peu de la vérité en donnant à ce grand quadrilatère les dimensions moyennes de 86 kilomètres de Testa Touest et de 44 du nord au sud; d'où résulte une contenance de 3,784 kilomètres carrés. Le chiffre de la population étant de 229.570 habitants, nous arrivons à 60 habitants par kilomètre carré.

La grande Kabilie, cette fois restreinte aux deux bassins de risser et du Sébaou, malgré Tàpreté du sol, serait donc à peu près aussi peuplée que la France, pour laquelle nous trouvons le chiifre de 67 habitants par kilomètre carré, dans les dernières statistiques oflQcielles. Le chiffre de 60 habitants par kilomètre carré prend plus d'importance encore si nous nous plaçons sur le terrain de TAlgérie. En donnant au Tell une population d'un peu plus de 2. 000. 000 d'habitants et une superficie d'environ 150. 000 kilomètres, nous arrivons à 15 habitants seulement par kilomètre carré.

Nous trouvons un chiffre beaucoup plus faible encore, celui de 5 habitants, si nous cherchons le rapport de la superficie totale de l'Algérie (le Sahara compris) à sa population.

Nous avons dil que le toisé de la superficie occupée par les cercles deDelIys, Tizi-Ouzzou, Drâ-el-Mizân et Fort-Napoléon ne pouvait être rigoureusement exact : nous en avous probablement surfait le contenu. Maintenant nous allons, dans un cercle restreint, opérer sur des bases positives, et nous verrons une densité plus considérable de la population, là précisément où le sol est le plus ingrat, là où la population berbère est la plus pure de tout mélange.

Uu oQicier compétent nous a fait le toisé de la superficie comprise entre le Sébaou moyen, TO. el Kossob, TO. Boubébir et le Jnrjura : il Ta trouvé de 1,020 kilomètres carrés. Nous avons nous-même fait ce calcul, et en laissant de côté les Amrouas, qui débordent quelque peu la rive droite du Sébaou, nous sommes arrives au cbiCfre de 998 kilomètres, qui concorde sensiblement avec le cbiffre précédent, réserve faite des éliminations.

Telle est la populaiisn de l'espace dont nous avons posé les limites.

Maïka 6.729

Khelifa 2.165

Betrounâ 1 .910

Zmenzâr 5. 488

Aïssi 14.465

Fraoucen 4.938

Khelili 2.827

Dou Cliâïb 2.900

Dfà el Mizân 27.185

(moins quelques tribus.)

Fort-Napoléon 37.837

Total 106.444

Ici, au lieu de 60 habitants, nous en trouvons 106 par kilomètre carré.

€*est à peu près le chiffre de la popullation spécifique de

l'uD des départemenu les plus peuplés de la France, celui du Pas-de-Calais, où il attcinl 104 habitanls.

Nous trouverons un chiffre plus élevé encore en nous restreignant à la grande tribu des Raten. Son territoire peut être évalué en chiffre rond à 120 kilomètres carrés. Avec une population de 10,801 habitants, nous arrivons à 140 habitants par kilomètre carré.

Si dense que soit cette population, nous croyons qu'elle l'a été plus encore à des époques très rapprochées de l'époque actuelle»

Les gnerres avec la France ont dû nécessairement apporter un obstacle à la multiplication de Tespèce humaine, par les vides qu'elles ont faits, par la destruction des ressources locales, par les entraves qu'elles ont apportées au commerce extérieur, etc. Il y a plus. Nous avons observé chez les Raten, les ruines de quelques bourgades. Ainsi, entie Taguemmont gu Adefel et Tir'iU-el-hadj Ali, ainsi entre Aboudid et Aguemmoûn Izem, ainsi le vieux Misser et Igoufâf. Ces désertions ont été diversement motivées. Pour iMisser, ce fut une question de sécurité. Pour Igoufâf on dût céder aux intempéries atmosphériques. Pour les deux autres bourgades nous manquons de renseignements. Sans doute les populations se sont portées autre part : mais il n'en est pas moins vrai que ces désertions, ainsi que nous nous en sommes assurés, ont entraîné dans le sol une moins value qui a dû se traduire par une diminution dans les ressources alimentaires et partant un obstacle à la multiplication de l'espèce. Il en fut ainsi dans la Kabilie comme sur les autres points de nos possessions africaines. Le fanatisme a déterminé quelques émigrations dans le Levant.

La population de la tribu des Yenni paraît avoir baissé depuis les derniers événements. Njus sommes étonné de ne la voir figurer dans la statistique officielle que pour ie chiiïre de 2,378 habitants, et le plus considérable de ses centres de population, Âïl Lahsen, pour G89 seulement. Nous avons vi-

siié ÂîtLahsen, et en comparant son étendoe et sa connpacite avec quelques villages tels qu'Ait Frah, Taourîrt des Menguellât, qui comptent un millier d'habitants, nous lui en aurions donné environ 3,000. En somme, la population de la grande Kabilie a décidément depuis quelques temps une baisse appréciable.

Nous avons oublié de prendre aux mêmes sources le chiffre de la population pour le reste de la Kabilie, qui se résume à peu près dans le bassin de FO. Sahel . Dans ses recherches sur les migrations des tribus, M.Careile évalue cette population, sous le titre de Kabilie orientale, à i30,900habitants. Ce chiifre, ajouté à celui de la Kabilie occidentale, ou du Jurjura, nous donne un total de 360,000 habitants de race berbère. C'est le groupe le* plus considérable, attendu que l'Âurès n'a qu'environ 200,000 habitants.

Pour le cercle de Fort-Napoléon, nous avons pris les chiffres de répartition par âges et par sexes. La population s'élève à peu de chose près à 38,000 habitants, qui se décomposent, en nombre ronds, en 10,000 hommes, 12,000 femmes et 16,000 enfants.

Nous manquons de documents pour établir positivement la fécondité des mariages ; mais de tout ce que nous avons vu nous sommes autorisé à conclure que la fabrication de l'espèce humaine est active en Kabilie. Comme en tous pays musulmans, le célibat n'est pas plus compris que pratiqué. Quand on entre dans un village kabile, on est frappé de la grande quantité d'enfants qui se présente partout.

Les décès en bas-âge sont nécessairement fréquents dans un pays ou sévit la variole, vainement combattue par l'inoculation, où règne la fièvre, où la syphilis étend partout ses ravages et les transmet de génération en génération, où le climat a parfois de brusques alternatives, où la charité publique n'est pas constituée, où le divorce vient souvent rompre la famille, où les discordes civiles déplacent et compromettent les fortunes, où les ressources alimentaires sont in-

suffisanleSy où rëmigniUoo est une nécessité, où les lois de riiygiène sont en général méconnues.

L'alimentation du pauvre est insulOsante et grossière ; les glands et les figues y entrent au moins pour la moitié. L'abus des fruits en automne entraîne l'affaiblissement des facultés digestives. Les Kabyles sont assez mal véius. Le vêtement du pauvre se borne à une mauvaise gandoura ^ descendant jusqu'aux genoux, et surmontée d*un beurnous indéfiuiment porté, dans lequel plusieurs couches de lambeaux recousus les uns sur les autres ne laissent plus apercevoir rétoffe primitive.

Les babitations ne sont bien installées que pour piotégcr couire le froid : la lumière n*y pénètre pas assez, l'air n'y est pas renouvelé, les déjections animales et la fumée les infestent.

Dès sa jeunesse, leKabile garde les troupeaux^ exposé a toutes les intempéries. Une fois adulte, il passe quelques années à l'étranger, et pour réaliser quelques économies, il doit mener une vie de dénument. En somme^ la vie est rud.^ en Kabilie, et si l'on voit de robustes vieillards, c'est que leur tempérament fortement trempé leur a permis de résister aux influences qui en ont enlevé tant d'autres.

Nous dirons plus loin le nombre des victimes de la fièvre, de la syphilis, des ophihalmics, des accidents traumaliqucs.

Malgré toutes ces conditions fâcheuses, nous voyons la population presque au§si dense en Kabilie qu'en France. Nous pouvons donc admettre avec Malihus^ que les causes d'accroissement de la population sont eu opposition constante avec les causes de destruction. Les causes d'accroissement nous les avons déjà signalées, ce sont l'absence du célibat C| la fécondité des mariages. Ce n'est pas à des Musulmans qu*il faudrait prêcher la conlrainle morale,

Malthus établit aussi comme une loi suprême qui régit les populations, que les subsistances en sont le régulateur, et qu'un pays est peuplé en raison des subsistances qu*il peut

produire. Cette loi nous paraît démentie par les faiis, et ne pouvoir ê!re admise absolument que dans l'antagonisme et risolement perpétuel des nations. Certes, la Kabilie ne saurait produire une somme de subsistances sufllsantes pour nourrir sa population, mais l'appoint est fourni par la voie de rindustrie, du commerce et de l'émigration. Dans ses remarquables études sur la Kabilie, M. Carotte a démontré que les tribus fixées sur les cantons les plus ingrats étaient celles précisément qui étaient les plus riches ; Tobservation directe nous a prouvé que ces renseignements étaient exacts, et ses conclusions légitimes. Autant les villages kabiles des confins sont misérables, autant ceux de la haute Kabilie sont confortables. Dans ce massif de la grande Kabilie, nous voyons la richesse s'accroître de la circonférence au centre, nonob* siant l'aridité croissante du sol.

Malgré sa turbulence, malgré ses disseniions, la démocratie Kabile avait bien ses avantages. Elle offrait du moins à l'épargne, à l'accumulation des produits du travail, une garantie que n'eurent jamais les populations plus ou moins soumises au gouvernement turc. L'indépendance ne servait donc pas moins les intérêts matériels des Kabiles, que leurs intérêts moraux.

La colonisation, comme occupation et exploitation directe du sol, n'aura que peu de chose à faire en Kabilie : tout au plus pourra-t-elle s'établir dans la plaine de Drâ el Mizân et dans la vallée du moyen Scbâou. La propriété est ici, non pas comme en pays arabe, collective, mais privée ; la population est très 'compacte, et un tel sol ne saurait être exploité que par les rudes habitants qui l'occupent depuis des siècles .

Nous interviendrons en Kabilie soit par l'établissement d'usines qui travaillent les matières premières fournies par le sol et surtout les huiles ; soit en amenant \C9 Kabiles à perfectionner leurs procédés et leurs instruments grossiers, ce qui sera pour eux une cause de plus-value, comme qualité et comme quantité.

Avec la paix et la sécurité, la population de la Kabiiie deviendra plus dense encore qu'elle ne Test actuellement. La médecine et l'hygiène y aideront aussi, en amoindrissant les causes de destruction.

Nous avons maintenant à exposer les traits physiques et moraux des populations kabiles.

Quant à leur origine, ces populations appartiennent à deux races : la race arabe et la race berbère.

La race arabe est à peu près exclusivement représentée par les marabouts qui passent pour s*être introduits dans le pays, à la suite de l'invasion, comme agents de propagande religieuse. Les marabouts ne présentent qu'une fraction minime de la population. Ils composent à peu près exclusive* ment certaines petites tribus.

Il nous a semblé que les marabouts étaient plus nombreux dans la Kabiiie du Jurjura que dans le bassin de l'O. Sahei. La tribu des Raton, en particulier, compte un certain nombre de bourgades à peu près exclusivement habitées par des marabouts. Ainsi Mestiga, chez les Irdjen ; Agouni Atiq, Ir'zer n Zouît, Achlou chez les Akerma, Si-Klaoui, Aroust, chez les Oumalou : lahlem, AU Meraou chez les Aguacha. D'autres villages, tels qu'Aguemmoûn, sont habités concurremment par des marabouts et par des Kabiles. Si l'on s'enqniert auprès des indigènes de la population de ces villages mixtes, ils font la distinction des deux races, et répondent qu'il y a tant de Kabiles et tant de marabouts.

Les caractères de la race sont à peu près effacés chez les marabouts, qui ne se distinguent plus guère des Kabiles que par leur caractère religieux cl par leur instruction. Nous aurons à reparler d'eux sous ce double rapport.

Quant aux Kabiles, on sait parfaitement aujourd'hui ce qu'ils sont et d*où ils viennent.

De grands travaux historiques, au premier rang desquels se placent ceux de M, de Siane, ont jeté un jour tout nouveau sur la race berbère. On n'en est plus aujourd'hui à

considérer les Kabiles et les Ghâouia comme des reliquats des invasions^ et particulièrement de Tinvasion Vandale.

Il serait hors de propos d*entamer ici une dissertation historique ; nous mentionnerons seulement une tradition que nous avons recueillie sur les lieux, nous restreignant à noire rôle d'observateur.

Sur de vaines analogies de consonnance on a voulu rapprocher le nom de Frâoucen de celui de Français, ou plutôt de Francs. On sait qu'au troisième siècle une bande de Francs traversa les Gaules et l'Espagne et débarqua sur les côtes de la Mauritanie* sans que nous sachions ce qu'ils sont devenus depuis. Toutefois, il serait difficile de croire que ces Francs ont pu, de la Tingitane, se rendre aux pieds du Jurjura. Il eut été plus rationnel de rapprocher le nom de Frâoucen de quelques noms de chefs indigènes qui apparaissent dans la lutte des Quinquégentiens contre les Romains.

Quoi qu'il en soit, les traditions locales, et nous les avons recueillies surplace, admettent un mélange de sang berbère avec le sang romain : ces traditions portent particulièrement sur les Frâoucen et les Bou Ghâlb.

Une voie romaine remontait le Sébâou, en passant par Djemââtcssahridj. Elle débouchait dans la vallée de 10. Sahol, à Tubusubtus^ aujourd'hui Ticlât, où se voient encore des restes considérables de l'occupation romaine. Le marché de Djemàâ-es-sahridj est tout couvert de ruines romaines. Nous y avons découvert un bas-relief antique et une médaille de Plolémée. Djcmâà-es-sahridj, à une altitude de 460 mètres, se trouve immédiatement dominé par les montagnes des Frâoucen. Dans ce même massif, Koukou, des Yahya, qui s'élève à 933 mètres, conserve encore des ruines où nous avons cru reconnaître l'ouvrage des Romains. Les populations voisines de la rive gauche du Sébâou durent se trouver en contact assez intime avec les Romains, et probablement à demi soumises, la résistance se concentrant sur les pentes abruptes du Jurjura.

Les invasions durent aussi occasionner des refoulcmcnis cl un mélange de la race latine avec la race berbère.

A l'appui des iradilions, nous allons produire uu nouvel argument, la confrontation de quelques expressions kabiles qui rappellent les expressions latines correspondantes Par la nature des idées qu'elles expriment gcnéralemeni> ces expressions peuvent être considirées comme des mots d'emprunt.

Page 1