‹ Une Modification Rare Des UrinesChapitre 21 sur 29 · OBSERVATION NU · texte numérisé non relu

OBSERVATION NU

(Observé par M. le D' Ogden, praticien à Milwaukee (Wisconsin), Zeïtschift für Physiolog. Chemie. Strasbourg, 1803, p. 280-286.)

Un cas d’alcaptonurie

Ce cas d’alcaptonurie a été observé au mois de juillet 1890 et en automne de la même année : il a été communiqué à la Société médicale'militaire.

Ce sujet alcaptonurique était un homme de quarante-cinq. ans, bien portant à cette époque. Les parents, frères et sœurs sont tous morts et du plus loin qu'il s’en souvienne, aucun de ses parents n'aprésenté d'alcaptonurie :cependant,on ne peut attribuer grande importance à ses dires, parce que lui-même ignorait que son urine présentait quelque chose de particulier jusqu'à ce que je le lui aie dit. Jusqu'à cette dernière année, le malade a toujours mené une vie sédentaire, jamais il n’a été sérieusement malade : sauf quelques crises dyspeptiques et une névralgie sus-orbitaire, il jouissait d’une bonne santé.

Cette urine ne contenait pas d'albumine : ses caractères et ses réactions étaient d'une urine à alcaptone. Exposée à l'air et à la lumière, elle « s’obscurcissait »; elle devenait très foncée en présence d'un alcali,et cette coloration brune allait.

de la surface à la profondeur, de haut en bas ; elle réduisait

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la liqueur supro-potassique à chaud, et la solution de nitrate d'argent ammoniacal à froid.Diverses expériences montrèrent que cette urine ne pouvait fermenter « alcooliquement» et à n'avait aucune action sur la lumière polarisée. Au mois de janvier 1891, j'ai fait quelques expériences

pour définir l'influence de la diète et de quelques médica

ments connus, sur le pouvoir réducteur de l'urine : les médicaments employés étaient l'acide gallique, le tanin et l'acide benzoïque. Ces médicaments ont été donnés par petites quantités et les conclusions qu'on en à pu tirer étaient que pas un de ces médicaments n'avait influencé le pouvoir réducteur de l'urine. La diète a donné d’autres résultats : l'urine reste invariable quand le malade prend une nourriture ordinaire mélangée où ilse nourrit principalement de lait et de légumes. Au contraire, le pouvoir réducteur augmente beaucoup quand le malade commence à suivre un régime riche en viande.

Nous donnons, pendant six jours, à ce malade, une nourriture ordinaire mélangée et nous trouvons que la réduction calculée avec la liqueur de Fehling correspond environ à 45 gr. 8 (par comparaison avec le sucre) ; pendant six autres jours, nous faisons prendre à notre sujet une nourriture riche en viande et nous obtenons 95 gr. 3. Ces expériences ont été faites avant que j'aie lu le travail de Wolkow et Baumann.

Comme les réactions. différentes de l'urine de ce malade laissent peu de doute sur la nature de la substance réduetrice qu’elle contient, j'ai essayé d'identifier cette substance avec l'acide homogentisique ; j'ai pu, suivant les conseils de Wolkow et Baumann,extraire cette substance. J'ai pu démontrer

que l’alcaptonurie, dans le cas qui nous occupe, était occa-

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sionnée par la présence d’acide homogentisique et dans ces

derniers temps, le malade recevant une nourriture mélangée ordinaire, J'ai extrait chaque jour la quantité d'acide homo- gentisique présente dans ces urines.La quantité moyenne du précipité de cet acide est de 4 gr. 43. Ce chiffre est très près de la quantité 4 gr. 84 observée par Wolkow et Baumann. Embden n'avait trouvé que 3 gr. 2. Mes recherches m'ont aussi montré que la courbe de l’urée suivait la courbe de l'acide homogentisique. J'ai vu que le maximum de l’urée (24 gr. 12) correspondait le même jour au maximum de la quantité d'acide homogentisique (6 gr.); le minimum de la production de l’urée et de l'acide homogentisique se trouve aussi le même jour (14 gr. 37 d'acide et 3 gr. 79 d'urée).

J'avais l'intention de faire quelques expériences avec les

médicaments qui empêchent la fermentation ou la putréfac;

tion ;mais comme le malade était obligé de s'absenter souvent et ne pouvait conserver son urine de toute une journée,je ne pus continuer mes recherches. J'ai seulement employé le naphtol donné cinq fois par jour à la dose de 4o centigrammes à la fois ;je n'ai pas eu le temps d’avoir des résultats décisifs.

Comme dans le cas signalé par Embden,la quantité d’acide urique était tout à fait insignifiante (o gr. 00244 à o gr. 0066). IL faut faire encore beaucoup d'expériences et d'analyses pour expliquer la diminution d'acide urique dans tes urines alcaptoniques, À mon grand regret, je n'ai pu continuer la série d'analyses que j'avais commencée et ce que j'ai pu faire ne

m'a pas donné un résultat complètement clair,

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