OBSERVATION IX
(D: Karl Hirsch, assistant de la clinique médicale de Leipzig, Berliner Klin. Wochens., 1897, n° 4o, p. 860-860.)
Un cas d'alcaptonurie
19 juin 1897. — Une vendeuse de dix-sept ans fut reçue à la clinique pour une diarrhée rebelle. La malade n'avait eu d'autre maladie que la rougeole. |
Depuis huit jours, elle ressent de fortes douleurs au ventre et accuse une forte diarrhée. L'opium fait cesser la diarrhée, depuis trois jours, la malade ne s’est pas présentée à la selle. Cette malade se plaint surtout de céphalée,
douleur dans l'abdomen, vomissements, malaise général.
L'examen dénote un cœur et un poumon en excellent état; P ;
la langue est très chargée et la malade est atteinte d’anémie ;
l'abdomen est douloureux à la pression : à la moindre prise de nourriture, la malade a des nausées. La température à 38°5 degrés est normale le lendemain. On obtint la première selle le lendemain à la suite d’un lavement, elle était de consistance molle, jaune, et ne présentait rien d’anormal.
Ce qui, principalement, attira notre attention, ce fut la coloration étrange des urines qui rappelaient les urines phéniques; après un examen attentif, on voit que cette
urine était beaucoup plus foncée que les urines ordinaires
et prenait à l'air une coloration se rapprochant du brun.
La malade affirme qu’elle n’a jamais eu de pareille urine et
que son urine était très claire à l'émission; elle n'avait fait
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usage d’aucun médicament: acide phénique, salicylate, salol, | naphtol ; elle n'avait pris que de l'opium et de l'huile de ricin. | :
Une quantité d'urine fut laissée à l'air pendant Ia nuit; le lendemain, elle avait une réaction acide et était devenue noire comme de l'encre. L’urine, fraîchement recueillie, avait un aspect un peu plus foncé que de coutume, et exposée à l’air devenait plus foncée ; l'épreuve de Fehling fut positive et la réduction de cette liqueur était significative. On fit un cathétérisme et l'urine ainsi extraite était légèrement brune.
De ces observations, il m'a semblé qu'il s'agissait, en l'occurrence, d’un cas d’alcaptonurie et, sur ces données, M. le professeur Siegfried fit l'analyse et l'examen chimique des urines. ;
De cette urine on a pu cxtraire un acide qui, dans une solution alcaline, se colore vite en brun foncé, réduit le nitrate d'argent ammoniacal à froid et la liqueur de Fehling à chaud.
La quantités d'urine à alcaptone, le second et le troisième jour, sont environ de 400 à 600 centimètres cubes. Le troisième jour, l'urine ne prend plus au contact de l’air une teinte aussi noire. Au’quatrième jour, ce phénomène disparaît complètement et notre malade a une urine normale : tout ce qu'il y avait d’alcaptone dans son urine a complètement disparu et la malade entre en convalescence.
Chez aucun de ses parents, ce phénomène n’a été observé.
La disparition rapide de ce phénomène ne nous a pas permis, à notre grand regret, d'entreprendre des recherches
expérimentales et quantitatives.