SCÈNE vin
Les Mêmes, LK GOUVERNEUR, excepté THOMASSIN, trois DOMESTIQUES.
LE GOUVERNEUR. Ah! le voilà, ce citer ami!... Conuueut] tu as pris tou costume de théâtre pour me recevoir? c’est une attention dont je le sais gré. .. et trés-ca|>able d’entretenir la belle humeur où je suis....
Tu ne dev tuerais jamais , mon cher Thouussin , ce qui me Lit rire depuis une heure... je le le donne eu cent... je te le donne en mille !
LE podestat. Monseigneur . .. je oe sais pas...
le gouverneur. Mon cher ami, je vais te le dire... mais n’en parle à per- ou ne., tu ferais pleurer tous le monde. .. de rire... Apprends, mon cher Tbomassin, que tu es mort...
LE podestat. Je le sais bieu que je suis...
non, qu’il est mort.,
lk gouverneur- En rentrant ce oiilin au
UNE NICHÉE D’ARLEQUINS
palais. . . ce numéro du Mercure de France me toinlte sons la main... Tiens, si tu en doutes... regarde... et tu verras que tues mort et enterré...
LK podestat. Je n’en ai jamais douté, monseigneur...
LE GOUVERNEUR. Oh ! tu peux lire ton article nécrologique... on rend justice à ion talent... on te regrette... ou jette des fleurs sur la mémoire... Eh bienl... voyons...
cela ne te fait pas rire comme moi?... je ne te cache pas... que cela m’a fort surpris d’apprendre que toi, qui as si bien déjeuné avec moi au dernier relais... tu étais mort depuis huit jours!... Si lu n’es uu’un revenant, sais-tu que tu manges dianlreineui pour une oiubtc?,..
le podestat. Comment?... vous dites...
monseigneur. ..
le gouverneur. Je dis que lu buvais bien, pour un habitant de l’autre monde...
mou cher Thomas iu...
le podestat, d part. Il ne serait pas mort!
LE NOTAIRE, soulevant le tapis de la table.
Qu’csl-cequc cela veut dite?
i.e major, de même. Serions-nous mysti-
fiés Y...
LE GOUVERNEUR. Mais ris donc... ou je croirais que tu te frappes l'imagination pour un article de journal ., moi, qui te parle, j’ai été tué une douzaine de fois par les journaux, et tu vois que je ne m'eu porte pas plus mal?... Allous, veux-tu rire, colin!
LE podestat, d'un rire forcé. Ili l hi !
la ! bi! hi!
LE GOUVERNEUR. A la bonne heure. .. car, en vé.ilé... tu as l'air de jouer aujourd'hui... Arlequin statue... Voyons, sois gai, amusant, fais tes lazzis... si lu as pris ce costume... c'est pour me faire voir encore une fois, sans doute, le joyeux, le brillant Thouiassin !...
SCÈKË IX.
Les Mêmes, THOMASSIN, arrivant en arlequin.
thomassin. Qui est-ce qui demande le zoyeux Thomassin, ecco lo!... le voilà!
LE GOUVERNEUR. Y vois-je double?. .. deux arlequins...
le podestat. C’est lui l
t.E notaire. Il vit encore.
LE major. Nous sommes, ruinés.
tiiomassin, nu Podestat, Sangodomi. .
<piits-toii... toi qui in'as pris mon nom, mon habit, mon masque, mon çape.m, et zousqu’à ma petite queue du lapin ? hein ?
réponds ouii poco... Itrigand, bandit, détruussur de (tassant* !... tou fai* le mon et... le sourd... attends., ze m'en vais t'ouvrir les oreilles et le délier Ulangue. „ .wngudomi !
(Il lui donne un coup de batte.)
LE gouverneur. Alt! très-bien ! je comprends tout maintenant... c'est une scène que tu me tuéuageais, je t't n remercie, et je vais prendre place., continue mon cher Tiiomassin... il paraît que tu avais un compère sous la main. (Il va s'asseoir.)
THOMASSIN. C'est étonnant, eccenlcza, comme les arlequins il* pullulent depuis quelque temps . . il en sort dit dessous terre... mai* nous allons commencer la petite comédie, aé vi le pertnetluz.
le gouverneur. Commence, mon atni, commence.
le podestat, à part. Je voudrais être à cent mille pieds y tus terre I tiiomassin. Figurez-vous, excellença , que celoui-ci il est oun père barbare, sloupitlo, ridicule ; son lii*, il était oun zeune homme cannant. .. qu'il était amoureux d’ounc zeuue fille très-zolie.. . mà le père barbare, stup.do et rid colo... il voulait pas entendre parler d’auioru...
LE Gouverneur. J’y suis! c’est le cassandre de la pièce...
tiiomassin. Monsiguor, il l’a dit : monsié Cassa mire. Ainsi donc, père barbare, l<m neveux ju* consentir, stoupido... à l’Iiv menée de ce* deux petits tourtereaux qui roucoulent si zentiment. . . ridicolu!
LE PO OKI AT, a part. Kst-CO qu’il ferait allusion à mon fil* et à Zcrbiuelle, par hasard?
TIIOMASSIN . Tou ne ié|*onds pas... ma ze sais que tou as défendou a Colombtiie dé parler à tou fils qui l’adore, et moi... pour te faire ettrazer. . . ze fais ouzage de mou talisman... ze souis ailequin protecteur 1 t! |>our réounir les deux tourtereaux... (Uinse arlcquinade de Thumastin..) zazitte ma balle en l'air... et ze leur dit r paraissez! ouue, deux, trois... paraissez! (Musique, air de valse. J