‹ Une nièce de MazarinChapitre 19 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nous ne demeurerons que huit ou dix jours. Je viens de recevoir une de vos lettres si oblig-eantcs et si pleines d'amitié pour moi qu'elle me donne la plus gTande joie du monde, mais elle m'a bien aussi fait redoubler le chag-rin que j'ai de votre absence, me voyant éloig-née de la personne au monde que j'aime le mieux et qui a des bontés pour moi si g'randes que j'ai de la confusion de les mériter si peu et de ne les pouvoir pas assez reconnoître. Tout ce que je puis vous dire, c'est que je vous aime de tout mon cœur, et que j'ai pour vous la dernière tendresse, et que je suis plus à vous qu'à moi-même. Adieu, mon très-cher.

Parisj ce 9 septembre 16S4.

Je reçus deux de vos lettres, une par l'ordinaire et l'autre par le courrier que M. de Gandale a envoyé. Elles m'ont donné beaucoup de joie, et je ne puis assez vous remercier de la bonté que vous avez de me donner de vos nouvelles aussi souvent que vous faites. Je vous supplie de me la continuer, étant la seule joie que je puis avoir éloig-née de vous. J'attends celle de vous voir comme la plus g-rande que je puisse jamais avoir : je crois que vous n'en doutez pas, étant assuré comme vous êtes que je vous aime beaucoup plus que moimême. En vérité, vous me rendrez justice quand vous aurez un peu d'amitié pour moi qui ai pour vous toute la tendresse dont je suis capable, et

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qui suis de tout mon cœur toute à vous, mon très-cher.

Paris, 11 septembre 1634.

Quoique j'aie peu de nouvelles à vous mander, je ne laisse pas de vous écrire pour vous en dire qui ne le vous sont point, qui sont que je vous aime avec toute la tendresse dont mon cœur est capable, et quoique je vous assure souvent de cette vérité, comme je la sens infiniment plus, je n'en ai pas un plus g-rand plaisir que de vous dire que je vous aime, et comme vous êtes la plus aimable personne du monde, vous n'aurez pas de peine à croire que l'on ne vous sauroit connoître sans vous aimer au-delà de toute chose. Au reste on dit pour assuré que vous tiendrez les états en Lang'uedoc. Si cela est vrai, je voudrois bien, si vous le trouviez bon, vous y aller trouver, car j'ai une g-rande impatience de vous revoir. J'espère que vous voudrez bien me donner cette joie : c'est la plus grande que je puisse avoir jamais. Je vous conjure par l'amitié que j'ai pour vous de me l'accorder; si vous en avez un peu pour moi, vous ne me la refuserez pas. M. le cardinal me dit tous les jours mille biens de vous : il est si content de la manière que vous agissez avec lui qu'il témoig'ne avoir beaucoup d'amitié pour vous. Je finis, vous assurant que je suis, mon très-cher, toute à vous, et je vous embrasse de tout mon cœur.

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