‹ Une nièce de MazarinChapitre 21 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Rome *. Vous pouvez croire que M. le cardinal se porte bien de sa g*outte, puisque nous sommes partis : il ne peut pas pourtant marcher. On a envoyé ici le portrait de la princesse Marg^uerite de Savoie, laquelle il semble que jusqu'à cette heure a la meilleure part de celle qu'on parle pour le mariag'e du roi. Voilà toutes nos nouvelles. Mandez-moi soig^neusement des vôtres en ayant bien soin de votre santé pour l'amour de moi qui suis et serai toujours toute à vous, mon très-cher. Adieu, je vous embrasse de tout mon cœur.

A la Fère, ce I" octobre 1654.

Je vous écris deux lettres à même jour, une par Vilar- qui est parti de ce matin, et celle-ci par l'ordinaire : toutes deux vous assureront que je vous aime de toutes les forces de mon cœur et que j'ai pour vous toute la tendresse dont je suis capable. J'ai eu bien de la joie de voir dans une de vos lettres que je viens de recevoir que vous voulez que je vous aille trouver à Montpellier quand vous tiendrez les états. C'est la chose du monde que j'ai la plus souhaitée. J'attendrai ce bienheureux jour avec des g*randes impatiences et je l'estimerai le plus heureux de ma vie. Vous avez eu bien de la bonté de me vouloir donner cette joie ; aussi bien je ne pouvois plus vivre sans voir mon très-cher,

* François de Harlay, archevêque de Rouen.

^ Villnr, premier gentilhomme de la chambre du piince de Conti.

et il est bien juste, après avoir souffert avec tant de chag*rin une si cruelle absence, de me donner ce contentement. J'en ai un bien g'rand de voir que vous ayez envie de voir la personne du monde qui vous aime le plus. Je suis bien fâchée du mal que vous avez eu et je loue Dieu de quoi vous vous portez bien à cette heure. Je souhaite un heureux succès au siég-e de Puycerda que vous allez faire : je crois que l'on fera ici celui du Gatelet. Je n'ai point de nouvelles à vous mander, et je finis vous assurant que je vous aime plus que moi-même.

La Fère, !«' octobre 1654.

Vilar m'a rendu votre lettre, et, quoique il m'ait assuré qu'il vous a laissé en très-bonne santé, l'accès de fièvre que vous m'écriviez avoir eu m'a mise en g-rande inquiétude, et j'attends l'ordinaire avec impatience pour en avoir des nouvelles. La plus g'rande marque que vous me puissiez donner de votre amitié, c'est d'avoir bien soin de votre santé, vous assurant que c'est la chose du monde qui m'est la plus chère et pour la conservation de laquelle je donnerois ma vie avec joie. En vérité, mon très-cher, vous me rendez justice d'avoir de l'amitié pour moi, car l'on ne vous sauroit aimer ni plus tendrement ni plus véritablement que je vous aime et que je vous aimerai toute ma vie. Je ne vous donne point de nouvelles, car Vilar vous les dira toutes qui vous rendra celle-ci : il pourra vous dire

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