CHAPITRE PREMIER
SUS, et, dès que vous me manderez de partir, je vous obéirai avec joie, n'ayant point d'autre volonté que la vôtre et une très-g*rande impatience de vous revoir. J'ai peur que la long*ueur de ma lettre ne vous ennuie; c'est pourquoi je finis, vous embrassant de tout mon cœur et vous assurant que je suis toute à vous.
M™<^ de Mercœur m'a priée de vous assurer qu'elle étoit votre très-humble servante.
Paris, 27 octobre 1 634.
Quoique je n'aie point des nouvelles à vous mander, je ne veux pas laisser de vous écrire pour vous en dire qui ne vous le sont point, que je vous aime de tout mon cœur et que la tendresse que j'ai pour vous est si g-rande qu'il n'en fut jamais une ég*ale : en vérité vous êtes obligée d'avoir de l'amitié pour moi, et comme c'est d'elle seule que dépend tout mon bonheur, je me flatte en espérant que je ne vous serai pas tout à fait indifférente et que vous aurez quelque sentiment de tendresse pour une personne qui n'aime rien au monde que vous. Si je voulois vous dire tout ce que je sens pour vous, je n'aurois jamais fait. J'ai des impatiences de vous revoir les plus g*randes du monde, et tant de chag-rin et d'inquiétude d'être privée de ce bonheur que je n'ai point de repos. Vous occupez toutes mes pensées, je song*e toujours à vous. Souvenez-vous aussi quelquefois d'une personne qui est toute à
VOUS. Je VOUS dis bien des démences, mais en vérité ce n'est que la moindre partie de ce que je ressens pour vous. J'attends vos ordres pour savoir si j'irai en Lang'uedoc. Si vous ne voulez pas que je fasse ce voyag^e, je vous conjure de dépêcher le plus qu'il vous sera possible toutes les affaires que vous avez en ce pays-là et de vous en venir bientôt. J'ai la plus g'rande envie du monde de vous voir et de vous embrasser. Adieu, mon très-cher, aimez-moi autant que je vous aime.
Paris, 25 octobre 1654.
Je reçus deux de vos lettres : vous pouvez croire si elles me sont chères et si elles me donnent de la joie : je vous aime beaucoup plus que moi-même. J'ai eu aussi bien du déplaisir d'apprendre par elles que vous vous étiez encore trouvé mal, et je serai toujours en inquiétude et n'aurai point de repos jusqu'à ce que je sache votre entière g'uérison : je vous conjure, si vous avez un peu d'amitié pour moi, d'avoir bien soin de votre santé. J'apprends avec bien du déplaisir que vous êtes toutes les nuits à la tranchée et que vous voulez voir toute chose, et que vous exposez une vie qui m'est mille fois plus chère que la mienne. Je vous supplie pour Famour de moi de conserver avec plus de soin une vie qui m'est si précieuse et pour laquelle je donnerois la mienne de bon cœur. Je souhaite un heureux succès au siég-e de Puycerda et je crois qu'à