‹ Une nièce de MazarinChapitre 25 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

cette heure vous en aurez eu raison. Demain j irai loger à l'hôtel de Condé, M. de Valence m'ayant dit que vous le souhaitiez ; et comme rien au monde ne m'est si cher que de faire des choses qui vous soient agréables, je veux dans les moindres vous faire connoître que vos volontés régleront toujours les miennes. M"" de Long-ueville me vint voir hier et me dit qu'elle partiroit bientôt pour aller trouver M""" de Longueville à Quini, une maison qui est à la Groissette, où M. de Longueville se trouveroit, à ce que je peux connoître. Elles ne sont pas fort bien ensemble : elle me dit que M"" de LongHieville est fort mal satisfaite de vous : voilà toutes les nouvelles que je sais, et je finis, mon très-cher, en vous embrassant de tout mon cœur.

Paris, 7 novembre 1034.

Verbouhet, qui vous rendra cette lettre, vous dira que je partirai jeudi d'ici : vous pouvez croire que j'ai bien de la joie de vous aller trouver, étant assuré comme vous êtes que je n'aime rien tant au monde que vous. Je crois que vous ne doutez point non plus de l'impatience que j'ai de vous revoir : je vous assure qu'elle est bien grande et que les jours me dureront furieusement en attendant ce bonheur. Je partirai le plus tôt qu'il me sera possible. Quelle joie sera la mienne de vous voir, mon très-cher ! Mon bonheur seroit parfait si vous en avez un peu de voir une personne qui est toute à vous. M. le

cardinal a prié M. de Valence de faire ce voyag-e avec moi. Je finis vous embrassant de tout mon cœur et vous assurant de nouveau que j'ai la plus g"rande impatience de vous voir. Adieu, mon trèscher.

Roanne, 26 novembre l6o4.

Je crois qu'il seroit inutile de vous témoig-ner l'impatience que j'ai de vous voir et que vous ne doutez pas que je n'aie beaucoup de déplaisir que le mauvais temps m'empêche de faire toute la dilig-ence que je voudrois. Il y a si long^temps que je n'ai eu des nouvelles de votre santé que je vous prie de me renvoyer cet homme pour m'en apprendre : la dernière lettre que j'ai reçue de vous m'apprenoit que vous n'étiez pas tout à fait g-uéri : cela me donne de l'inquiétude. J'espère que j'aurai la joie de vous voir dans huit jours : elle sera bien gTande pour moi : je veux espérer que vous y prendrez un peu de part : si cela est, je serai contente. Adieu, mon très-cher, je suis toute à vous.

Les ordres du prince de Conti n'avaient permis aucun atermoiement et Cosnac avait répondu au billet du :22 octobre que sous quinzaine il conduirait lui-même la princesse en Languedoc ; mais un accident retarda le départ d'abord fixé au 12 novembre. Trois jours auparavant, la princesse chassant avec le roi dans le parc de Yincennes, son cheval butta dans un terrier de lapins, se renversa et elle tomba sur la tête. L'accident

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