‹ Une nièce de MazarinChapitre 33 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

que je vous donnerai que rien ne peut jamais ég'aler l'amour et la tendresse que j'ai pour mon aimable mari. Aimez-moi si vous voulez que je vive, mon cher amour. Je suis assurée que, si vous pouviez voir combien vous êtes avant dans mon cœur et avec quelle tendresse je vous aime, vous en seriez tout à fait aise. Oui, mon cher enfant, je meurs d'amour pour vous. .Je suis tout à fait fâchée de la blessure qu'a eue mon pauvre père Talon, quoique vous m'assuriez que ce ne soit rien. Dites-le-lui, je vous en prie, et assurez-le de mon amitié. Adieu, mon ang-e, je vous embrasse un million de fois et j'ai une impatience extrême de vous voir. Aimez-moi autant que je vous aime et revenez bientôt embrasser votre chère femme.

La Grange, ce 19 juin 1655.

J'attends avec impatience la nouvelle de la prise deCastilion, et j'espère que, quand cela sera fait, vous viendrez voir votre chère enfant qui a une impatience extrême de vous revoir et de vous embrasser un million de fois, mon cher amour. En vérité vous me ferez justice quand vous aurez de l'amitié pour moi , car je la mérite par l'emportement d'amour et de tendresse que j'ai pour vous. Oui, mon aimable enfant, je vous aime tout ce que je suis capable d'aimer, et je vous aimerai jusqu'au dernier moment de ma vie mille fois plus que moimême. Je vous conjure d'avoir bien soin de votre

santé pour l'amour de moi ; si je vous suis un peu chère, vous le ferez. Au reste, j'ai vu dans la lettre de l'évêque de Valence ce qu'il vous écrit de moi; il vous mande que je suis mal satisfaite de lui par des mauvais offices qu'on lui a rendus auprès de moi qui sont imag'inaires , car je ne l'ai été que par sa lettre qu'il avoue lui-même avoir été un peu forte, à laquelle j'eusse répondu aussi fortement sans l'ég'ard que j'ai eu pour vous. Je crois que ma mère et ma sœur viendront ici, car je les supplie de vouloir bien prendre cette peine, craig'nant pour ma santé de voyag^er par les g'randes chaleurs ; elles seront ici dans huit jours. Mandez-moi si vous reviendrez bientôt, je ne puis plus vivre séparée de mon cher mari : je crois que je mourrai de joie en revoyant mon cher amour. Ayez aussi un peu d'impatience d'embrasser votre pauvre femme qui vous aime tant et si tendrement. Je vous conjure de m'aimer ; je ne puis point vivre sans votre amitié : elle fait tout mon bonheur, et je mourrois de douleur si j'y voyois la moindre diminution. Adieu, mon tout : j'ai bien de l'amour pour vous, croyezmoi : l'on ne vous sauroit connoître sans vous aimer de toute sa force, car vous êtes bien aimable, mon cher enfant : je vous aime aussi du meilleur de mon cœur. M'"" de Mercœur m'a priée de vous faire ses compliments.

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