‹ Une nièce de MazarinChapitre 55 sur 113 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

m'aime toujours bien tendrement; je suis bien assurée que je suis bien avant clans son cœur et qu'il aimera toute sa vie sa chère femme. J'ai pourtant la plus g*rande joie du monde d'en voir des marques dans ses lettres et dans tout ce qu'il fait, et, quand il me le diroit cent fois par jour, la chose du monde qui me seroit la plus chère et la plus ag-réable seroit qu'il me dît encore qu'il m'aime. Vous le croyez bien, mon cher, et que l'amour que j'ai pour vous est extrême. Mais, mon enfant, il faut aimer Notre-Seig-neur par-dessus toute chose et ne rien aimer que pour l'amour de lui. Priez-le qu'il nous fasse cette g-râce et celle de nous donner tout à lui ; tout le reste n'est que bag*atelle. Je remercie Dieu de tout mon cœur des g'râces qu'il nous fait : il faut lui être bien fidèle. Je me réjouis de quoi vous avez fait le 24'' : priez bien Notre- Seig*neur pour moi, car j'en ai bien besoin. J'ai fait vos compliments au milord. J'ordonneray qu'on donne à M. Stitier (?) ce que lui-même a jug-é à propos : je crois qu'il vous en écrit lui-même. Je lui ai demandé si on pouvoit en conscience avoir un ordre du roi pour faire arrêter le g-entilliomme qui a fait des insolences que vous me marquez dans la vôtre : il m'a dit que cela se pouvoit sans difficulté . Marquisio vous en a écrit : je lui ferai mander ce soir que jecrois à propos qu'on lui envoie un ordre du roi pour le faire venir. Je crois que je serai encore ici quinze jours pour achever de prendre les eaux, qui me font du bien, et je prendrai huit jours

du lait d'ânesse. Le roi et S. Em. sont à Sedan : la reine est demeurée à la Fère. Chanet vous mandera toutes les' nouvelles : Guillerag'ues et Chanet sont mal ensemble à cause de la charg'e de secrétaire de la maison du roi. Pour moi, je trouve que Chanet a raison; mais, comme j'aime Guillerag'ues, je ne veux point m'en mêler et il faudra que ce soit vous qui les accordiez. Vous saurez assurément par eux leur différend.

Forges, d6 juillet 1657.

Le Meni, qui s'en retourne auprès de vous, pourra vous apprendre des nouvelles de ma santé : je lui envie bien le bonheur qu'il aura de vous voir. Je voudrois bien pouvoir être à sa place : je me meurs d'envie de voir mon cher mari, et son absence m'est insupportable. Je l'aime plus que je n'ai jamais fait, et rien ne me sauroit être ag-réable, privée de lui. Priez Notre-Seig-neur pour moi, et qu'il me fasse la g'râce de souffrir le chag-rin que j'ai de votre absence pour l'amour de lui : il faut se donner tout à Dieu, c'est notre unique affaire et la seule pour laquelle nous sommes au monde, tout le reste n'est que bag-atelle. Je me réjouis des g-ràces qu'il vous fait. Je fis mes dévotions hier et je priai Notre- Seig'neur pour vous. J'ai fait vos compliments au milord: j'ai donné déjà ordre pour l'affaire d'ittier : je me réjouis de la bonne disposition que vous

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