CHAPITRE II, m
trouvez à l'armée pour faire du bien' : Dieu soit béni. Je vous conjure d'avoir bien soin de votre santé pour l'amour de moi. Vous savez combien elle m'est chère. Bonsoir, mon tout, je vous aime avec un amour extrême : aimez-moi , mon cher mari, et croyez-moi toute à vous.
Je ne doute pas que, si vous pouvez m'écrire, vous ne hasardiez de le faire passer par les pays ennemis et que vous ne fassiez toute chose pour cela. Je suis bien assurée de votre soin et du plaisir que vous avez à me mander de vos nouvelles. Vous savez que c'est mon unique joie et la seule que je suis capable d'avoir, séparée de mon cher mari que j'aime de tout mon cœur. Le temps me dure furieusement, en attendant le bonheur de le revoir. J'en ai une horrible impatience, et je n'aurai pas de joie que cela ne soit : aimez-moi bien et me croyez sans nulle réserve toute à vous. Bonsoir, mon cher mari, je vous aime avec un amour extrême , je vous le proteste.
Ghanest m'a prié de vous mander que je suis bien contente de lui; je le fais et tout de bon, cela est vrai.
' « Nous avons porté doucement la plupart de mes domestiques de toute qualité et quelques officiers de l'armée de se confesser et communier, ie le lis ici publiquement le jour de l'Ascension et le ferai encore le jour de la Pentecôte. » (Lettre du prince au P. de Cirou, de Lyon^ 15 mai 1657.)
F'orgesj 18 juillet 1657.
Mon cher mari, j'ai reçu avec beaucoup de joie votre chère lettre; elle m'en adonné d'autant plus que je craig-nois de n'en point avoir cet ordinaire et qu'il vous seroit impossible de faire passer vos lettres. Vous avez tant de soin de mon repos que quand je n'en recevrai pas, ce ne sera pas manque de soin : c'est mon unique consolation. Elles sont si pleines de tendresse que je ne puis assez vous exprimer à quel point je suis sensible à votre amitié : elle fait tout le bonheur de ma vie : conservez-la-moi, mon cher enfant, et ayez bien soin de votre santé : ce sont deux choses qui me sont mille fois plus chères que ma vie. Vous avez trop de bonté pour moi de vouloir avoir mon avis sur ce que vous avez donné la main au prince de Garig*nan; je trouve que, puisque vous ne l'avez fait qu'après que Madame a protesté qu'en cas qu'il vînt en France cela ne tireroit pas à conséquence et que vous ne le traiteriez que comme les autres princes, vous n'avez pas mal fait, mais je crois qu'il vaudroit encore mieux que cela ne fût pas : je vous dis librement mon sentiment parce que je sais que la bonté que vous avez pour moi fait que vous êtes bien aise que j'en use de la sorte. J'ai fait vos compliments au niilord : dorénavant que nous ne serons plus au même lieu et que je ne lui pourrai pas dire de vos nouvelles, soyez soig-neux