CHAPITRE II. H
sible de vous en écrire tout le détail. Je vous manderai par le premier ordinaire ce que M. Ondedei m'aura répondu, et, dès que je serai à l'Académie, ce que je ferai sur cela. Je suis résolue de pousser la chose fortement. Que cela ne vous mette point en chag-rin : il faut louer Dieu de tout. Marquisio vous informe de nos affaires. Bonsoir, mon enfant : je n'aurai point de joie que je ne vous revoye, j'en meurs d'envie : aimez-moi de tout votre cœur et me croyez vôtre. Je vous embrasse mille fois de tout mon cœur et je vous conjure d'avoir soin de votre santé. Adieu, mon cher mari.
P. -S. — Mon cher, faites comme moi, écrivezmoi des lettres bien long'ues : je vous en prie : aimez-moi , je vous aime tant ! Vous avez toute mon amitié : j'aurois trop de joie si je pouvois être auprès de vous : ayez un peu d'impatience de me voir, j'en ai une furieuse de voir mon cher mari. Bonsoir, je suis toute à vous. Souvenez-vous de prier Notre-Seig-neur pour moi, je vous en conjure.
Péronnc, 5 août 1657.
Je prends trop de plaisir à vous écrire pour en perdre une seule occasion, et de vous dire que je vous aime avec une tendresse que rien ne peut ég-aler, et, quoique je vous en assure souvent , je suis assurée que vous êtes bien aise de le lire dans mes lettres. Je souhaite de tout mon cœur de vous
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le pouvoir dire bientôt et d'avoir la joie de vous revoir. J'en ai une extrême impatience : j'aurai bien du chagrin à attendre ce bonheur. Je presserai fort S. Ém. qu'il v^ous permette de revenir bientôt. Il me l'a fait espérer, et je vous laisse à penser si je l'en presserai, puisque vous savez combien vous m'êtes cher et que je n'ai de joie au monde que quand je suis avec mon cher enfant. Je vous conjure d'avoir bien soin de votre santé pour l'amour de moi. Je suis bien aise de savoir que vous soyez toujours bien à Dieu : rien ne me peut donner plus de joie que de voir que vous lui soyez bien fidèle. Il n'y a rien de solide que cela : priez bien Dieu qu'il me mette cette vérité bien avant dans mon cœur. Je suis toute à vous, mon cher mari , et je vous embrasse mille fois, et je t'aime plus que moi-même. Aimez bien votre chère femme.
Péronne, ce 6 août 1637.
Mon cher mari , j'attends l'ordinaire avec toute l'impatience imagnnable pour avoir nouvelles de votre santé. Je suis dans toutes les peines du monde de savoir qu'elle n'est pas si bonne que je le souhaite. Je vous conjure d'en avoir bien soin pour l'amour de moi : si vous m'aimez, vous le ferez, puisque vous savez qu'elle m'est plus précieuse que ma vie, et que je la donnerois de bon cœur pour sa conservation. Mon cher mari, je vous prie encore