CHAPITRE II
que VOUS y veniez, j'irai au-devant de vous bien loin, enfin je n'omettrai rien pour m'avancer cette joie, quand ce ne seroit que d'un moment. Adieu, mon cher mari, je suis toute à vous. Aimez celle qui n'aimera jamais rien que vous.
Metz, l^"^ septembre 1657.
Mon cher mari, l'impatience que j'ai de vous voir croît à tout moment: les jours me durent des années : en attendant ce bonheur, je crois que je mourrai de joie quand je reverrai mon cher enfant. Montent, nous serons bien aises quand nous serons ensemble. Je ne te veux plus quitter : je veux toujours être auprès de mon cher mari pour avoir soin de lui, pour le divertir. Je suis bien assurée que, tant qu'il aura sa chère femme auprès de lui, rien ne le pourra chag-riner. Je suis bien en peine de votre santé; conservez-la, mon cher enfant, pour l'amour de moi. Je crois que ma lettre vous trouvera à Lyon. Dès que le courier que vous m'avez promis de m'envoyer pour m'avertir du jour de votre départ sera arrivé, je partirai tout aussitôt pour vous aller trouver, mon cher mari, car j'ai une impatience extrême d'embrasser de tout mon cœur. 11 ne faut plus song-er, dès que nous serons ensemble, qu'à nous donner bien à Dieu. Priez-le bien pour moi, je vous en supplie. Bonsoir, mon tout : aimez-moi bien, et soyez assuré que l'amour et la tendresse que j'ai pour vous surpassent toutes
choses. Qu'il me tarde que je te voye! J'en meurs d'envie. Je vous embrasse mille fois , mon tout , mon cher marij et tout ce que j'ai de cher au monde.
A Metz, 3 septembre 4657.
Mon cher mari, j'apprends avec bien du déplaisir que vous vous trouvez mal : vous pouvez penser les inquiétudes que cela me donne, vous aimant aussi chèrement que je fais. J'en suis dans une peine extrême : j'espère que l'air de France vous remettra et que la joie que vous aurez de me revoir contribuera à vous rendre la santé. Je vous conjure d'avoir bien soin de vous conserver pour l'amour de moi. Vous savez que votre santé m'est plus chère que ma vie. J'ai peur que les fatig^ues du voyag"e ne vous incommodent, c'est pourquoi je vous supplie de vous coucher tous les jours en arrivant et d'avoir bien soin de vous durant, le chemin. Je crois que vous aurez déjà reçu votre cong-é et que vous serez déjà parti. Je crois que vous ne doutez pas que, si vous ne l'avez pas au plutôt, ce n'est pas manque de le presser et de le demander, car l'impatience que j'ai de vous voir est extrême : elle croît à mesure que le temps approche que je devois avoir cette joie: mon cher mari, nous serons bien aises. Je meurs d'envie de te voir : mon pauvre cœur, mon tout, il ne faut plus nous quitter, et nous aimer toujours de tout notre