‹ Une nièce de MazarinChapitre 88 sur 113 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Plus tard la princesse refît son testament, préoccupée naturellement de l'avenir de ses enfants ; mais cette fois elle le dicta seulement. Il est daté du 22 décembre 1671, et commence absolument do même pour les trois premiers paragraphes. Nous lisons ensuite:

« Gomme il n'y a rien au monde qui me soit si cher que mes enfants, ni dont je sois plus redevable à Dieu que de leur éducation, il n'y a rien aussi que je désire avec plus de passion que de les laisser après ma mort entre les mains d'une personne qui continue de leur inspirer les sentiments qu'ils doivent avoir pour le service de Dieu et du Roy. Je ne croy pas que les grandes occupations qu'a M. le Prince, et d'autres encore plus grandes qu'il peut avoir à l'avenir, luy permissent de prendre tous les soings qui sont nécessaires pour l'éducation de mes enfants, et c'est pourquoy je désire que M""* de Longueville en soit chargée : elle a toutes les qualités requises : elle a beaucoup de tendresse pour eux et dedans Testât oii elle est a tous les loisirs nécessaires. S'il se rencontroit quelque difficulté dans ce choix, je supplie très-humblement Sa Majesté d'avoir la bonté de la faire lever et faire accorder la protection à mes enfants dans cette occasion que je crois très-importante pour eux et dans toutes celles où ils auront besoin de sa bonté.

« Je désire que mes enfants se servent de ceux que j'ay mis auprès d'eux, dont la piété et la fidélité me sont connues, mais principalement de M. du Trouiart, et de MM. de Lancelot, la Pairan, Tury et Jasse dont je connois l'affection et la fidélité, et aussi de M. Yidone et du sieur Arnaud, mon maître d'hôtel que je lui recommande parliculièroment '. »

' Cf ilonmicni rnnstnfc qu'il rotto l'-poqiip In iDoisoii do In prinrossf-

La princesse laissait à l'abbé Vidone , son aumônier, 400 livres de pension; autant à M"'' Lenoir, sa première femme de chambre, avec le logement sa vie durant, plus 12,000 livres comptant; 48,000 livres à ses divers domestiques, et elle ajoutait les aumônes suivantes : aux Carmélites de Narbonne, 10,000 livres; aux Bernardines du sang précieux, 6,000 livres; aux pauvres honteux de Paris, 4,000 livres; à la maison de M""" de Mondonville, pour entretenir des maîtresses d'école à Pézenas, 4,000 livres; aux Capucines, aux Filles de VAve-Matna, aux Récollettes, aux Filles de la Miséricorde du faubourg Saint-Germain, 5,000 livres chaque; aux pauvres des terres de ses enfants, pour entretenir des maîtres et des maîtresses d'écoles, 4,000 livres; à la maison de la Providence, dirigée par M"*" Violle, 4,000 livres ; h l'œuvre des enfants trouvés de Paris, 4,000 livres *.

se composait de : un aumônier. M"'' Cécile Leuoir, première femme de chambre; MM. des Forges, deTury, écuyers; Arnaud, maître d'hôtel; MM"*^ Margot, Fanchon, femmes de chambre; le sieur du Val, \alet de chambre; Gautier, contrôleur d'écurie. Plus, Croselier, Jacques, Sambraires, officiers ; quatre valets de pied, deux garçons de chambre, un valet de garde-robe, sis hommes d'écurie.

* Le testament du prince de Conti, daté du 24 mai 1664, contient un passage qui mérite d'être cité ici : « J'ai un très-grand regret d'aycir été assez malheureux pour me trouver dans ma jeunesse dans une guerre contre mon devoir, pendant laquelle j'ai toléré, ordonné et autorisé des violences et désordres innombrables, et quoique le roy ait eu la bonté d'oublier ce manquement, je suis demeuré toutefois devant Dieu solidairement redevable envers ses communautés, et les particuliers qui ont souffert pendant ce temps, soit en Guyenne, Xaintonge, Berry, la Marche, soit en Champagne et au voisinage de Dampvilliers, sur quoy j'ay fait restituer en Guyenne et en Berry quelques sommes dont le sieur Jasse, mon trésorier, a une particulière connoissance, et j'ai souhaité avec beaucoup de passion de pouvoir vendre tout mou bien pour satisfaire plus largement; mais, m'étaut soumis sur cela à plusieurs prélats et docteurs très-sçavants et très-pieux, ils ont jugé que je n'étois pas obligé de me réduiic à une vie privée, mais que je devois

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