CHAPITRE IV
deux princes, ses enfants : les moments de la f;ràcc viendront; le dessein de Dieu s'accomplira; les larmes d'une mère sainte ne couleront pas en vain ! »
Nous ne pouvons mieux terminer cette étude qu'en reproduisant, comme conclusion, l'épitaphe que les fils de la princesse firent graver sur le mausolée qu'ils lui élevèrent dans l'église Saint-André-des-Arcs. Cette épitaphe , ce qui arrive rarement^ ne traduit que l'exacte vérité :
« A la gloire de Dieu et à l'éternelle mémoire de Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conty, qui, détrompée du monde dès l'âge de dix-neuf ans, vendit toutes ses pierreries pour nourrir, durant la famine de 1662, les pauvres de Berry, de Champagne et de Picardie ; pratiqua toutes les austérités que sa santé put souffrir ; demeura veuve à l'âge de vingt-neuf ans, consacra le reste de sa vie à élever en princes chrétiens les princes ses enfants, et à maintenir les lois temporelles et ecclésiastiques dans ses terres ; se réduisit à une dépense trèsmodeste, restitua tous les biens dont l'acquisition lui étoit suspecte , jusqu'à la somme de huit cent mille livres ; distribua toutes ses épargnes aux pauvres , dans SCS terres et dans toutes les parties du monde, et passa soudainement à l'éternité, après seize ans de persévérance, le 4 février 1672, âgée de trente-cinq ans. »