LA MON ARC111E HÉRÉDITAIRE
chartes authentiques. Sans doute, à notre époque les libertés municipales du moyen âge ne peuvent revivre dans leur intégrité, mais d’après les traditions de l’ancienne monarchie, elles peuvent être sérieusement associées au gouvernement (le l’Etat, en donnant surtout aux conseils généraux une part plus considérables dans les affaires publiques. La liberté d'association, si vivement réclamée de nos jours, existait également sous l’ancienne monarchie, et il n’est point de liberté qui soit incompatible avec la royauté héréditaire qui, placée au sommet de l’édifice social, a surtout pour mission de défendre le pays contre les ennemis du dehors et d’assurer la paix à l’intérieur.
Tout dans les circonstances actuelles, les leçons de l’histoire, nos malheurs passés, nos calamités présentes, nos impérieuses aspirations vers l’ordre et la stabilité, tont en un mot semble réclamer le retour au milieu de nous de celui qui représente le principe de l’ordre uni à la liberté. Et qui fera mieux que tout autre cette œuvre de conciliation, dont parle Mgr Dupanloup dans sa belle lettre sur les élections : « Les deux grandes forces de l’humanité sont l’autorité et la liberté. L’autorité, force conservatrice ; la liberté, force conquérante ; mais toutes deux forces divines, nécessaires toutes deux à la grandeur d’un pays, et qui devraient, par conséquent, être toujours alliées, jamais en guerre. Elles luttent cependant chez nous Tune contre l’autre. Il y aura à les concilier enfin. »
Ce moment suprême, un esprit perspicace, que le triomphe du plébiscite n’avait pu éblouir et qui entrevoyait à l’horizon de nouvelles catastrophes, semblait l’avoir prévu. Il y a un an seulement, le 2 juillet 1870, M. Estancelin réclamait à la Chambre des députés , l’abrogation de la loi de bannissement contre les princes d’Orléans, et, à ce propos, il rendait la plus éclatante justice à la noblesse, à la dignité, à la grandeur du caractère de M. le comte de Chambord, et il
8fi DU PASSÉ HT DE L'AVEN I R DE LA FRANCE se demandait si les mystères de l'avenir n’obligeraient pas la France à se placer de nouveau sous la sauvegarde du principe de la monarchie héréditaire.
Avant lui, l’illustre Berryer avait eu, au moment de rendre sa belle àme à Dieu, une vision de cet avenir, et il écrivait de sa main défaillante, le 18 novembre 1808 , cette lettre publiée partout et adressée à M. le comte de Chambord : « U Monseigneur ! ô mon roi ! On me dit que je touche à ma dernière heure. Je meurs avec la douleur de n’avoir pas vu le triomphe de vos droits héréditaires consacrant l’établissement et le développement des libertés dont notre patrie a besoin. Je porte ces vœux au Ciel pour Votre Majesté, pour Sa Majesté la reine, pour notre chère France. Pour qu’ils soient moins indignes d’être exaucés par Dieu, je quitte la vie armé •le tous les secours de notre sainte religion. Adieu, Sire, que Dieu vous protège et sauve la France !
* Votre dévoué et Adèle sujet,
« Berryer. »
Et c’est lorsque tous les vieux serviteurs de la royauté, ainsi que tous ses ennemis ont disparu, que les haines du temps passé se sont éteintes, que les préjugés s’effacent, que se présente, pour accomplir la grande œuvre de restauration et d’apaisement, un prince qui veut et qui peut seul sauver la France.