‹ Une nouvelle apologie du gallicanisme; réponse à m.l'abbé LovsonChapitre 29 sur 37 · LA MAISON 1)E FRANCE · texte numérisé non relu

LA MAISON 1)E FRANCE

M. le comte de Chambord est né à Paris, le 29 septembre 1820. Sept mois auparavant, M. le duc de Berry tombait sous le poignard révolutionnaire de Louvel, et avant d’expirer il disait avec tristesse : « — Qu’ai-je fait à cet homme? » et il demandait sa grâce. Il dit encore à l’héroïque duchesse de Berry : « — Ne vous laissez pas accabler. . . Ménagez- vous pour l’enfant que vous portez dans votre sein. »

Cet enfant, nommé Henri-Charles-Ferdinand-Marie-Dieudonné, duc de Bordeaux, fut salué à sa naissance par des cris de joie et d’amour. Lamartine, Victor Hugo, tous les poètes de l’époque chantèrent son berceau ; il fut appelé l’enfant du miracle, l’enfant de l’Europe. Quand le vieux roi de France, Louis XVHI, le présenta à la multitude qui se pressait sous les fenêtres des Tuileries, il s’écria : « Mes enfants, un enfant nous est né à tous ; il vous aimera, comme je vous aime, comme tous les miens vous aiment. » Et la mère faisait approcher son lit de la fenêtre, se soulevait et montrait elle-même son fils, le fils de France, à la foule qui applaudissait et pleurait.

Dix ans après, cet enfant suivait en exil son grand-père, le roi Charles X, et M. Odilon Barrol, chargé d’accoinpagner

OIJ PASSÉ ET OU L'AVENIR DE LA FRANCE le malheureux monarque sur le chemin tle la terre étrangère, prenait congé de lui en prononçant ces paroles devenues prophétiques : « Sire, gardez bien cet enfant ; il porte avec lui les destinées de la patrie ! »

Depuis cette époque, M. le duc de Bordeaux, qui s’est fait appeler le comte de Chambord, en souvenir de la résidence de François 1 er , qui lui fut offerte au moment de sa naissance, a toujours vécu loin de sa patrie, se tenant au courant de toutes les affaires du pays, étudiant ses besoins, s’associant à ses souffrances, se réjouissant de ses triomphes, compatissant à ses désastres, digne et noble dans son malheur, respecté et honoré de toute' l’Europe.

Mais avant de parler de lui, nous devons parler de ses ancêtres.

On a dit souvent que l’ingratitude était le défaut des rois, mais combien plus grande est l’ingratitude des peuples! Ils manquent complètement de mémoire, de justice et de reconnaissance. On parle sans cesse des temps passés, avec les idées modernes, les préjugés et les injustes haines qu’une histoire, faussée à plaisir, a amassés dans tous les cœurs. Mais l’histoire impartiale est là pour juger l’œuvre admirable de nos anciens rois, car on ne peut nier les faits, effacer les règnes, les victoires et les traités qui ont constitué notre unité nationale ’.

1 Pour combattre les idées fausses répandues dans le peuple, un travail immense de redressement historique a besoin d’ètre fait et oir doit s’eu occuper sérieusement. Ace sujet voici ce que dit M. Le Play dans la Réforme sociale, t. I". a Les études locales sur la France révélent une foule de préjugés ayant pour origine les décla'inations révolutionnaires. Je me suis souvent indigné en voyant une certaine littérature contemporaine pervertir l'opinion publique et affirmer que notre vieille France ne se composait que de tyrans et d'opprimés. Plus j'étudie les faits contemporains ou les traces i)U passé, plus je m’assure que nous nous méprenons dans le jugement que nous portons chaque jour sur les rapports sociaux qui existaient dans les siècles passés. »

M. Augustin Thierry a dit aussi ( Lettres sur V histoire de France, avertissement) : « Nos historiens modernes présentent sous le jour le plus faux les

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