LA MAISON DE FRANCK
Lorsque Hugues Gapet monta sur le trône en 987, il apporta au domaine royal le romté de Paris et l’Orléanais, et établit sa capitale à Paris. Le domaine de la couronne comptait ainsi les cinq départements actuels de la Seine, de Seineet-Oise, de Seine-et- Marne, de l’Oise et du Loiret; le reste de la France n’était dans les mains des grands feudataires qu’un lien très-léger qui unissait au suzerain. Alors commença ce magnifique travail de la formation du royaume de France, poursuivi sans relâche par nos rois; tous y ont contribué et, à part quelques faiblesses et des erreurs passagères et inévitables, on peut constater qu’ils ont poursuivi sans relâche et enfin atteint ce but patriotique et grandiose.
On a donc bien le droit de dire que ce sont eux qui ont fait la France.
Il ne faut pas raisonner sur les lointaines époques, comme s’il s’agissait de notre temps, et avec nos idées modernes ; le droit d’alors était différent du nôtre, et il n’était pas moins légitime parce qu’il était approprié aux nécessités sociales, et qu’il était reconnu de tous. La féodalité avait sa raison d’être. Etablie à la suite des invasions des barbares, elle plaçait dans cette société troublée le faible sous l’égide du fort; puis l’Église civilisa, transforma peu à peu* la race conquérante qui s’était rendue maîtresse du sol et s'était réservé l’usage des armes.
Il est ainsi bien acquis par l’histoire que le patrimoine de Hugues Gapet a été le premier noyau de la monarchie française. Des héritages, des donations faites non pas à la nation qui n’existait pas comme corps politique, mais aux rois, des guerres heureuses contre les envahisseurs et les ennemis
événements du moyen Age. Il ne faut pas se dissimuler que pour ce qui regarde la partie de l'histoire antérieure au dix-huitième siècle, la conviction publique, si je puis m'exprimer ainsi, a besoin d’être renouvelée à fond. En France, personne n'est affranchi de personne; il n’y a point chez nous de • i roi t de fraîche date, et la génération présente doit tons les siens au courage 4 le ceux qui l'ont précédée. »
SHt nr PASSÉ RT DR L’AVENIR DE LA FRANCE du pays, une politique fidèlement suivie, et enfin une organisation sociale favorisée par l’autorité royale qui conduisit à l’émancipation de la commune, à la destruction de la féodalité, à la formation du tiers-état, amenèrent progressivement la constitution de la nation française.
Du reste, le tableau des provinces qui vinrent dans le cours des siècles se réunir au domaine royal en dit plus que tous les raisonnements :
1032 — Vexin par reversion.
1180 — Artois par mariage, aliéné en 1477, réuni définitivement en 1678.
1185 — Amiénois par conquête, joint en 1435 au duché de Bourgogne, réuni définitivement en 1477.
1198 — Comté d’Auvergne, par confiscation, devenu apanage et définitivement réuni en 1610.
1200 — Comté d’Evreux conquis, puis apanage, réuni définitivement en 1584.
1204 — Normandie, par confiscation, possédée par les Anglais de 1345 à 1450, souvent apanage de 1332 à 1468.
1204 — Touraine, Anjou et Maine, confisqués, souvent apa-
nage, définitivement réunis en 1584.
1205 — Poitou, par conquête, donné souvent en apanage.
réuni définitivement en 1369.
1205 — Berri par conquête.
1215 — Vermandois et Valois, par conquête, apanage de 1220à 1392,
1259 — Vicomté de Niines, par cession.
1286 — Comté de Chartres, par achat.
1307 — Lyonnais, par conquête, puis par traité.
1343 — Dauphiné, par cession.
1361 — Champagne et Brie, apportés en dot à Philippe IV dès 1284 mais non réunis,