‹ Une nouvelle apologie du gallicanisme; réponse à m.l'abbé LovsonChapitre 33 sur 37 · LA MAISON DE FRANCE ST · texte numérisé non relu

LA MAISON DE FRANCE ST

venir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens; qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et notamment ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve; qu’il ne peut faire le bonheur dçs peuples qu’en régnant suivant les lois. »

Puis, du haut de l’échafaud, il s’écriait une dernière fois : « Français, je suis innocent, je pardonne à mes ennemis, je prie Dieu que le sang de votre roi ne retombe jamais sur la France ! »

Sans doute, dans l’accomplissement de l’œuvre glorieuse qui a fait la monarchie française, nos rois ont commis plus d’une faute ; mais quel est l’homme et le parti qui n’en fit pas ? Les républicains, si ardents à les blâmer, en commirent de bien plus grandes, que la France expie encore aujourd’hui; il faut aussi penser que nos princes furent souvent dominés par les idées du temps, ce que nous appelons l’opinion publique dans notre langue moderne; mais, malgré quelques erreurs et quelques fautes, ils ont achevé leur grande œuvre, et sans nos révolutions, la France aurait recouvré aujourd’hui le frontières de la vieille Gaule.

La Restauration avait repris le programme de la monarchie, la révolution de 1830 a de nouveau rompu la chaîne des traditions françaises, le pays, laissé dans l’isolement, fut réduit à l’impuissance, et c’est avec raison que M. Lafitte a pu s’écrier à la tribune : « Je demande pardon à Dieu et aux hommes de cette révolution. »

Les princes de la maison de France peuvent vraiment être fiers de leur œuvre. De cette nacelle qu’ils ont trouvée flottant au milieu de la Seine, ils ont fait un vaisseau de haut bord, et si le navire est aujourd’hui battu par la tempête, c’est qu'il a perdu ses pilotes, et que l’équipage n'a plus ni foi ni soumission; jadis il a^ait confiance, et malgré les flots souvent contraires, il savait qu’on marchait vers le port.

Pour nous, peuple ingrat et inconséquent, nous avons ou-

!«; DtJ l’ASSK HT DR 1/ A V K N I R DK l.A FRANCK blié que la gloire de cette race si française nous appartient, que c’est notre bien et une partie de notre héritage, et Napoléon P r le comprenait, quand, répondant à M. de Metternich qui regardait la cause des Bourbons comme perdue, il disait: « Peut-être, mais après tout c’est la famille française. »

Ce mot est bien juste, c’est en effet la famille française parexcellence, et résumant toutes les antiques grandeurs du pays. Que de héros, de législateurs , de grands monarques sont sortis de ce sang généreux !

L’Europe presque entière et l’Orient lui ont demandé des souverains; la famille de France, car nos pères l’appelaient ainsi, a été illustrée par 12 béatifications, elle compte 39 rois de France, 4 empereurs d’Orient, 12 rois de Navarre, 7 rois d’Espagne, 29 rois de Portugal, 22 rois de Naples et de Sicile, de Chypre, de Jérusalem, d’Arménie, de Thessalonique, 13 rois de Hongrie, de Pologne, d’Esclavouie, d’Angleterre et d’Irlande, d’Aragon, de Valence, de Mayorque, etc. ; elle a fourni en tout 412 souverains, dont 115 rois et 7 empereurs.

On comprend bien que M. de Chateaubriand ait pu écrire dans ses Mémoires : « Quand il n’y aurait dans la France que cette ^ancienne maison de France, bâtie par le temps et dont la majesté étonne, nous pourrions en fait de choses illustres en remontrer à toutes les nations ; les Capets régnaient lorsque les autres souverains de l’Europe étaient encore sujets. Les vassaux de nos rois sont devenus rois : ces souverains nous ont transmis leurs noms avec des titres que la postérité a reconnu authentiques ; les uns sont appelés : Auguste, Saint, Pieux, Hardi, Sage, Victorieux, les autres, Père du peuple. Père des lettres.

«Sous la famille royale, les ténèbres de la barbarie se dissipent, la langue se forme, les lettres et les arts produisent leurs chefs-d’œuvre, nos villes s’embellissent, nos monuments s’élèvent, nos chemins s’ouvrent, nos ports se creusent, nos

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