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« À un premier degré de la déformation métatarsophalangienne, la crête est reportée en dehors indiquant le déplacement de l’espace inter-sésamoïdien, la gouttière interne est reportée sur le milieu de la tête métatarsienne, laissant en dedans d’elle une surface déshabitée; la gouttière externe est également reportée en dehors : elle déborde alors le plan externe de l’épiphyse et fait saillie comme une petite console dans l’espace intermétatarsien.
« À un degré extrême, les déformations sont excessives, compliquées d’arthrite chronique et l’articulation est profondément remaniée.
« La crête médiane est encore plus nettement reportée en dedans, elle est fort effacée; la gouttière interne est remplacée par une plage convexe en dedans de laquelle une surface déshabitée s’est recouverte de la capsule interne avec laquelle elle a contracté des adhérences.
« En dehors, la facette externe est complètement rejetée hors de la tête métatarsienne; elle repose sur une console de nouvelle formation qui est extrêmement développée. Elle a perdu aussi son aspect de gouttière et c’est une surface légèrement convexe. Des déformations analogues se sont produites sur les sésamoïdes qui ont perdu leur forme en coin à arête supérieure,
pour devenir plats et concaves en haut. »
Exception faite de ces cas très anciens, il nous a semblé que les lésions d’arthrite sont exceptionnelles
et qu’en supprimant la traction des tendons, la luxa-
tion métacarpo-phalangienne est toujours réductible.
De cette étude anatomique, on peut tirer les conclusions suivantes :
La lésion première sinon prédominante, est le métatarsus varus: il est logique d’agir sur le métatarsien pour obtenir une correction. Il faut pour cela raccourcir la tige cunéo-métatarsienne; ce raccourcissement aura pour résultat de diminuer ou même de supprimer la cause d’irréductibilité: la traction des tendons trop courts.
Il faut ensuite redonner au premier métarsien une orientation normale, c’est-à-dire:
1° Réduire sa déviation en dedans;
2° Corriger par un mouvement de torsion inverse le déplacement selon l’axe: cette action permettra seule de redonner aux sésamoïdes leur position normale.
Il ne semble pas indispensable d’agir sur l’articulation métatarso-phalangienne et sur la tête saillante. L'étude de l’anatomo-physiologie des appuis du pied nous montrera même qu’il est préférable de s’abstenir d’y toucher.