‹ Une Nouvelle Opération pour la Cure de l'Hallux ValgusChapitre 13 sur 18 · HAS · texte numérisé non relu

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Sorrel et Leriche, qui ont également pratiqué l’intervention, lui ont fait des reproches analogues.

Lance trouve deux obstacles à la méthode de Juvara : la rétraction de la partie externe de la capsule ; la rétraction du tendon extenseur, qui peuvent empêcher l'articulation de reprendre sa rectitude normale.

Il semble, comme le dit Mouchet, que l’opération de Juvara manque « de cette simplicité, de la facilité que nous recherchons tous en chirurgie ».

D’autre part, cette intervention néglige un détail anatomique bien précisé par Massart : la déviation selon l’axe du métatarsien, amenant sa face supérieure en position interne et basculant en dehors les sésamoïdes. Sur les radios les plus démonstratives publiées par Juvara, on constate que le sésamoïde externe n’est pas réduit et reste dans l’espace interosseux.

d) Opération de Ludloff

Ce procédé consiste dans la simple résection très oblique d’arrière en avant, et de dehors en dedans, du corps du métatarsien qui est ainsi presque dédoublé en longueur. Le métatarsien mis à nu par une incision interne dorsale, les parties molles protégées par des écarteurs, le métatarsien est fendu avec la scie circulaire automotrice. Les fragments sont ensuite glissés sur la surface de section jusqu’à ce que

l’orteil reprenne sa position normale. Le fragment

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antérieur étant ainsi repoussé en dehors, on immobilise dans un appareil plâtré de position. La soudure des fragments se fait par un cal épais.

e) Opération de Cotte

Il pratique sur la partie moyenne de la diaphyse une ostéotomie cunéiforme à base externe. Il transplante en le retournant le fragment libéré avec le côté large en dedans. Il immobilise dans un appareil plâtré avec traction agissant sur l'orteil ramené dans axe du métatarsien.

L'opération présente des difficultés aussi grandes que l’opération de Juvara. Il semble que la correction soit moins complète.

3° SUR L'ARTICULATION CUNÉO-MÉTATARSIENNE

Albrecht, puis Dreesmann, considèrent que les interventions dirigées sur l’articulation métatarso-phalangienne sont insuffisantes. Il faut s'adresser à l’articulation métatarso-cunéenne.

Dreesmann pratique à ce niveau une résection en coin assez étendue du premier cunéiforme dont il enlève la surface cartilagineuse. Il en résulte une ankylose qui n’a pas d'importance au point de vue fonctionnel. Le raccourcissement ainsi obtenu, obvie à la rétraction des tendons du gros orteil et permet une correction facile.

Une capsulorraphie latérale au niveau de l’articu-

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lation métatarso-phalangienne est nécessaire pour maintenir cette réduction.

Cette intervention est tout à fait logique et s’attaque directement à la cause de la déformation. Juvara lui reproche d’être d’exécution difficile et de menacer les tendons du tibial antérieur et du long péronier latéral, très puissants soutiens de la voûte plantaire.

Sur le cunéiforme :

Elle est pratiquée par Riedl et Brenner et consiste dans la résection de la partie moyenne du corps de cet os, sous la forme d’un coin à base externe.

Pour que le segment antérieur du cunéiforme, fortement enchaîné par de puissants ligaments à la racine du second métatarsien et de son cunéiforme, puisse être déplacé en arrière et mis en contact avec le fragment postérieur : il faudra couper aussi tous les liens et déloger de sa gaine le long péronier latéral. En outre, le métatarsien en basculant, soulève le fragment du cunéiforme qui lui est attaché et qui va faire saillie sur le bord interne du pied.

La technique que nous proposons et que nous a enseignée notre Maître le Docteur L. Bazy consiste dans la section du métatarsien au niveau du col, après avoir ruginé le périoste. La tête est basculée et évidée et l’extrémité diaphysaire effilée pénètre dans la tête : c’est la manœuvre du bilboquet, décrite pour l’orteil en marteau et qui nous paraît parfaitement convenir à la réduction de l’hallux valgus.

La tête est alors en position instable ; aussi nous paraît-il utile de la fixer par un point d’appui interne qui prend les tissus de la base de la première phalange et du col du métatarsien ; ce point serré ramène l’orteil en rectitude et fixe la tête.

Il est prudent, étant donné qu’il s’agit d’une intervention osseuse, de nettoyer le pied à l’éther dans les deux jours qui précèdent et d'appliquer sur lui un pansement aseptique.

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