INTRODUCTION V
tématiqiie de noire exposé qui appesantissait notre attention sur les traits dimpérialisme théorique épars dans les ouvrages récents? Nous pouvons affirmer (et nous renouvellerons plus loin notre assertion spécialement au sujet de 1 impérialisme esthétique) n'avoir parcouru depuis plus dune
« conscient. Mais, d'un autre côté, cette dernière appellation ne « semble guère adéquate : on a l'air de donner corps, grâce à elle, « à une sorte d'antitliése logique de la conscience, ce qui est « évidemment un point de vue tiès étroit, les pliénomènes « inconscients ne s'oiiposant pas plus, dans l'ensemble, aux faits « de conscience qu'une note ne saurait passer pour l'antago- « niste d'une autre dans la gamme nmsicale.
« On nous répondra peut-être que ce terme critiqué n'indique « que le défaut de conscience et non l'opposition à la con^^cience, « au sein de certaines activités vitales; qu'il sert à diï^tinguer 0 seulement celles qui sont accompagnées de conscience de « celles qui en sont dépourvues. Pariait; mais quelle désignation « peu pliilosopliique que celle qui se contente de nier un attribut, « sans autre caractérisation positive; remarquons, en outre, « qu'on risque de tomber par là dans une concei)tion moins « satisfaisante encore que celle de l'antith'lisme écartée tout à « l'iieure, en taisant de l'inconscient une sorte de non-èlrc par « rapport à la conscience, comme l'ombre en fonction de la « lumière. — conception que les faits démentent également puisque « la vie dite inconsciente, nous venons de le dire, se manifeste « constamment par une activité autonome prodigieuse.
« Il peut être intéressant de discuter la légitimité logique « d'un mot, et utile de le i>roscrire au besoin ; encore faut-il pou- « voir le remplacer par un autre mieux approprié. Si nous avons « entrepris cette discussion, c'est que, convaincu que le pro- « grès de la connaissance est solidaire de l'évolution du langage, « nous tenons à proposer au monde pensant, à la place du « terme périmé d'inconscient, celui, préférable selon nous, « d'« extra-conscient ». (On comprend que nous repoussions « également l'expression, meilleure, du reste, de subconscient, « qui ne s'appliquerait guère qu'à notre infra-conscient termino- « logiquement et qui n'enveloppe pas l'idée de nuances, de « dégradations inflnies que notre concept du spectre psychique « dégage.)
« A part celui de ne rien faire préjuger, le principal avantage « de cette dénomination nouvelle réside dans la large com- « préhension du mot, susceptible de représenter toute modalité « d'existence dilférente delà conscience; cependant le bénéfice « de la désignation serait illusoire, car elle resterait tout aussi
année aucun livre qui ne toucliàt par quelque côté à la question dominatrice. Dans ces conditions, on s'étonnera peut-être de nous voir invoquer, au cours de c(5S pages, quelques écrits seulement, toujours les mêmes presque ; mais c'est que nous tenons à montrer combien chacun de ceux-ci, choisis dans divers domaines de la pensée, est susceptible de
« négative que la précédente prise dai)s un des sens que nous « examinions tantôt, si sa largeur d'intcrprrlation ne nous per- « mettait de faire dans le domaine de Ve.rlrd-coitscient une dis- « tinction des plus fécondes, que l'ancien vocabulaire ne pouvait t que contrarier : ne semiile-t-il pas, à première vue, peu métho- « dique de ranger sous la même ruhriijue d'inconscieut les phé- « nomènes proto-neuriques qui président, d'une part, à l'activité « cellulaire, et ces vasti's organisations mentales qui gouvernent, « d'autre part, les synthèses sociales et autres agrégats « super- « organiques », pour user du vocabulaire de Spencer, harmo- « nique du nôtre dans la circonstance, ceux qui semblent être, « parmi les phénomènes psychii]ucs. des résidus anciens de « conscience claire et ceux qui ne semblent pas encore avoir été « touches par le grand jour de la conscience.
« La dénomination d'exirn-coiisiieni facilite, au contraire, l'éta- « blissement de cette distinction éminemment commode pour « les investigations psychologiques. Il n'y a pour cela qu'à « ranger dans l'ordre iafi-d-couscient tous les pliénoménes men- « taux relatifs aux activités inférieures. — éléments des indivi- « dualit'S conscientes : vie « intra-orgauique », organique (base « de la cnencsthésie), élaboration des contres nerveux isolés, des « ganglions du Sympathique, etc. ., et dans celui que nous « appellerons nltra-conscient ceux dont les éléments seuls trou- « vent leur point d'appui conscient dans les mentalités indivi- « duelles, mais dont la synthèse exige une lucidité, une direc- « tion supérieure, une « aperception » qui dépasse éminemment <' ces dernières, — tels que les groupements sociologiques. On « accède, du reste, d'une zone mentale à la zone suivante en <c franchissant les degrés d'une hiérarchie intégrante, « une « série d'impressions inconscientes se combinant pour former « une sensation • (Paulh.xn. Aclivilé m e >} tal c (Alcan). \.i).
« Infra-conscient, conscient pur théorique (tenons compte des « effusions de la volonté infra-consciente et de l'atfectivité ultra- <' consciente au sein de l'intelligence consciente), ultra-cons- " cient, nous avons là un vrai spectre mental, dont la suggestion « métaphorique nous incite à chercher des analogies avec le <' spectre lumineux, analogies qui nous olfriront des i)oints de « comparaison persuasifs pour l'exposé de noire théorie. »