‹ Une nuit de la garde nationale, tableau-vaudeville en un acteChapitre 17 sur 26 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

LA SENTINELLE, SAINT-LÉON, DORVAL , madame DE VERSAG, PIGEON, et autres gardes nationaux, qui dorment.

TOUS

AIR : Des Pendanges du Paudevi//e*

Nous voila tous de retour.

Nous avons fini la roude ; Quand on fait dormir le monde^ On peut dormir à son tour.

DORVAL

Notre zèle fait merveille , Et l'on doit être content.

Dans le quartier tout sommeille.

PIGEON

Moi , je vais en faire autant.

TOUS

Nous voila, etc.

LA sENTiisELLE , i?as , à Saînt-Léon.

J'ai fait entrer quelqu'un au corps-de-garde.... je ne saîs> pas si c'est votre homme.... Tenez , il est là qui dort.

SAINT-LÉON

C'est bien.' (^bas à DoryaL) Versac est arrêté. (//^ s^a-^ vancent tous deux j pas à pas ^ et aperçoivent madame de Versac j qui dort ). Que vois- je? c'est sa femme.'

DORVAL

Quelle rencontre !

SAINT-LÉON

Ma foi, je n'y conçois rien... Mais ce tour-ci vaut mieux que le nôtre... Dors , et laisse-moi parler, {liaut). Voyons donc ce garde national que l'on a arrêté.

SAINT-LÉON ^feignant de i apercevoir.

En croirai-je mes yeux!

M AD. DE VERSAC

Monsieur de Saint-Léon !

SAINT-LÉON, à "voix bassô^ les premiers mots.

f)uoi î c'est vous. Madame , à la caserne, en uniforme î Auriez-vous, par hasard, reçu un hillet de garde! Notre sergent-major en envoie à tout le monde; ou plutôt, ce qu'on disoit des dames de Paris , seroit~il vrai.

AIR : Tu vois en moi le régiment, ( Journée au camp.)

Ces dames avoient le projet De former plusieurs compagnies; Pour les commander on devoit Choisir ^ dit-on , les plus jolies.

Mais je vois que c'est une erreur ; Si ia nouvelle tHoit certaine, Au lieu d'être simpU chasseur y Madame seroit capitaine.

MAD. DE VERSAC

Vous triomphez , Monsieur : vous pouvez m'accabler.

SAINT-LÉON

Moi! ail! vous me conuoissez bien mal. (^a^^ec intention). Et cjuoique vous n'aimiez pas les fats....

^ MAD. DE VERSAC, COTlfuSe.

Ah ! Monsieur 3 combien je suis honteuse.

SAINT-LÉON

Non 5 je sais que vous ne les aimez pas.... On ne peut pas disputer des goûts, mais un fat peut quelquefois être utile.... Que puis-je faire pour vous?

MAD. DE VEUSAC,

vous le savez.... me faire sortir de ces lieux.

SAiNT-LÉON.

Impossible pour le moment.... à moins d'en parler au sergent qui en parleroit au capitaine.... qui en parleroit.... MAD. DE VERSAC ^ avec impatience.

A toute la légion.

SAINT-LÉON

Non, pas tout-à-fait.... mais.. qui en feroit son rapport, et vous sentez que demain, celairoità l'état-major.... J'aime mieux, sans en rien dire, saisir la première occasion.... D'ailleurs^ déjà nous quitter, cela n'est pas galant.

MAD. DE VERSAC

Et comment justifier mon absence aux yeux de mon mari? Que lui dire ?

SAINT-LÉON

Mais ce qu'il vous dit lui-même en pareil cas.

ïytAD. DE VEIJSAC.

Oh! les maris ne manquent jamais d'excuses; ils s'entendent avec le capitaine ; ils disent qu'ils sont de garde, et tout finit par-lq,; mais moi, quel prétexte prendre... Encox^e^ s'il y a voit bal de l'opéra.

SAlNT-LÉON.

C'est si commode les bals de l'opéra.

noRVAL, à part.

C'est la garde nationale des dames.

MAD. DE VESAC.

Et d'ici-là ^ si quelqu'un de CQnnoîssance..M si quelqu'un moins discret que vous ?

saint-léox.

Il n'y en a pas?.... Personne ici ne vous connoît, à moins cependant que le jeune Dorval.... N'avez - vous pas idée....

MAD. DE VERSAC

Oui.... oui.... je Tai vu une ou deux fois en société.... et peut-être aura-t-il remarqué ma figure !....

saint-lÉo?î Il seroit difficile qu'il ne reiii pas ftiit? Mais rassurez-vous, je vais parer le coup, (lui frappant 6ur VépaulcJ* Hein.... Dorval.... Dorval 1

MAD. DJÛ VîinSAC.

Quoi ! vous le réveillez? • *

SAINT-LÉOr»î;. ••

Ne connois-tu pas madame de Vei^sac?

DonvAL \ feignant de s" éveiller* Oui 5 parbleu ! la plus jolie femme du monde.... Un peu maligne... un peu prude... un peu...

SAINT-LEON

Je te présente M. Dorlis^ son frère, un de mes camarades.

DORVAL

Monsieur 5 enclianté de faire votre connoissance , comme vous voyez ^ je suis l'ami de la famille, et je tiens beaucoup à devenir le vôtre,

MAD« DE VERSAC

Monsieur....

DORVAL, à madame de Versac,

C'est qu'en effet vous ressemblez beaucoup à votre sœur !.... Charmante petite femme, qui ne peut pas me souffrir !.... C'est le seul défaut qu'on lui reproche dans le monde.... Pardi ^ vous devriez bien nous raccommoder avec elle....

SAIN'Ï-LKON»

Je n'osois vous en prier.... mais c'est là le plus ardent ^^ mes vœux.

AIR Vaud, de la rohe et les hottes^

Dites-lui bien qu'à l'amitié fidèle ,

Parfois malin, mais toujours gcnéi eux. /

DORVAL

De faux rapports nous ont notrci près d'elle ^ Des étourdis ne $oût pas daugcroux.

SÀINT-LKOPT.

Daignez j pour nous, employer vos prières; De vos bontés c'est peut-elre abuser; {Ai^ec intention , et lui prenant la main,') Mais on sait qu'entre militaires On ne peut rien se refuser.

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