‹ Une nuit de Shakespeare; conte en trois actes. Pref. de Grégoire Le RoyChapitre 16 sur 32 · LE PROLOGUE · texte numérisé non relu

LE PROLOGUE

Paix, cessez vos discordes \ Je viens le rameau d'olivier en main implorer votre indulgence. Nous avons promis de vous montrer un de ces demi-dieux qui étonneront les hommes jusqu'à la fin du monde. Mais certains héros sont trop grands. Aucun cadre ne peut contenir leur image complète, aucun piédestal soutenir leur lourde effigie. C'est pourquoi nous nous contenterons, aujourd'hui, de montrer notre vaste et immortel personnage sous son plus humble et simple aspect. Vous le verrez, ici, rire et pleurer d'amour, comme un homme. Cela blessera, à coup sur, et malgré cet avertissement, les sots, pour qui tout ce qui est humain est étranger et méprisable. Que nous importe! Nous ne jouons pas pour les sots! Et, au surplus, il y en a, pour le moment, si peu dans cette enceinte que nous sommes certains d'être applaudis. Si nous nous trompions en ceci, veuillez avoir la politesse de siffler aux bons endroits.

Trompettes, le rideau du petit théâtre descend. (En ce moment Pistol et Brown se sont retrouvés dans la foule.)

PISTOL (bas)

C'est pour ce soir, ici, après le spectacle.

BROWN Ce soir?

PISTOL

Ce soir... ici même f Faites cerner l'auberge, ils seront deux...

BROWN Bien.

LE BOURGEOIS

Fly [ Fly [ À boire I

FLY Voilà I Voilà I

Le rideau du petit théâtre s'ouvre. On voit Green en costume d'Achille. Il porte un casque grec, une armure milanaise et une lourde rapière.

LA FOULE

Green ! Green I Vive Green f Hourrah f

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