‹ Une nuit du MidiChapitre 11 sur 61 · LES DAMES · texte numérisé non relu

LES DAMES

Ah ! miséricorde ! miséricorde ! mon bel enfant I mon

bel ange ! pauvre innocent ! comme il ressemble à son

pauvre père !

(Elles couvrent le portrait de baisers.) MADEMOISELLE ACZET.

Oh I prêtez-le-moi pour cette nuit, je vous le rendiai demain 1

M. COBARD.

Ayez-en bien soin.

MADAME DUMEtJRIER.

Mais alors, qu'est-ce qu'on attend pom* mettre le drapeau blanc ?

M. COBARD.

On attend... on attend que le duc d'Angoulême de* barque, ou Louis XVII.

MADAME DUMEURIER.

Alors, s'ils débarquent demain ?

M. COBARD.

Demain nous aurons le drapeau blanc.

MADEMOISELLE AUZET.

Demain ! ah! je ne dormirai pas cette nuit; je vais faire un drapeau blanc.

MADAME DUMEURIER.

Notre coquin de voisin ne s'attend pas à ce coup-là.

M. COBARD.

Oh ! celui-lè^ son compte est fait.

M. DUMEURIER.

Ah ! mou Dieu !

M. COBARB.

Nous lui apprendrons à faire des guillotines.

MADAME DUMEtJRlER.

Moi, je ne voudrais pas qu'on le tuât ici.

MADErfOTSELLE AUZET. t

On le tuera où le bon Dieu voudra ; c'est un coqùhi.

M. DUMEURIER.

Et son ami le mameluk, TÉgyptien?

MADAME DUMEURIER.

Et qui jure comme un païen.

MADEMOISELLE AUZET.

Et qui a une jambe de bois.

M. COBARD.

Noua lui Passerons Vautre.

iu , MADEMOISELLE AUZET.

Oh 1 ce sera une punition de Dieu I

M. DUMEURIER.

Avec cela, ce coquin d'Angles n'a pas la mine d'un coquin. .

M. COBARD.

Oui, fiez-vous à celte mine ! et puis vous ne l'avez jamais regardé de près, vous, madame Dumemier ?

MADAME DUMEURIER.

Non.

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