L*ÉTRANGER
Ah! les affaiies, les affaires, que voulez-vous? Nous travaillons beaucoup.
MADEMOISELLE AUZET.
Asseyez-vous un instant, vous être bien fatigué.
l'étranger.
Moi! bah! j'en ai vu bien d'autres.
MADAME DUMEURIER.
Avez-vous appétit? avez-vous soif?
l'étranger.
Comme ça, non ; mais je mangerai un morceau debout.
M. CANTOL.
Comme les Israélites.
l'étranger.
Oui, debout; il faut que je parte dans une demi-heure.
M. DUMEURIER.
Vous ne couchez donc pas ici ce soir?
l'étranger.
Non... je coucherai à la belle étoile, à la garde de Dieu.
mademoiselle auzet.
C'est un saint.
l'étranger, il sou iiU.
Joachim, as-tu faim, toi?
JOACHIM
Oui, père.
MADAME DUMEURIER.
Quelle soumission... Eh bien! venez, venez, Joachim, nous vous tiendrons compagnie; voyons, qui soupe avec nous?
M. CANTOL.
Mais moi, je soupe... Allons voir ce souper qui est l)i-ûlé. Vous ne venez pas, messieurs ?
M. DUMEURIER et M. COBARD.
Non, nous souperons plus tard.
MADEMOISELLE AUZET.
Moi^ je n'ai pas faim.
(Joachim, M. Cantoli M"* Dameurier sortunl.} M. COBARD.
Eh bien! notre brave ami, où en sommes-nous?
l'étranger.
C'est pour demain.
M. COBARD.
Nous le savions.
l'étrang r.
Étes-vous prêts, vous autres ?
MADEMOISELLE AUZET.
Je vais passer la nuit à faire un drapeau blanc.
L'ÉTltltNGER.
Avez-vous des armes... vous... les hommes?
M. DUMEURIER.
Moi, j'ai mon fusil de chasse.
l'étranger.
Bon pour les chardonnerets... et vous, Cobard?
UNE NUIT DU MIDI So