‹ Une nuit du MidiChapitre 23 sur 61 · LE JEUNE HOMME · texte numérisé non relu

LE JEUNE HOMME

Je suis un bon royaliste...

l'étranger.

Tu es un espion... Quelqu'un connaît-il ici ce particulier? quoiqu'un en répond-il? (^u-nce générai.) Tu es un espion d'Angles... je le sais depuis hier...

le jeune homme.

Je TOUS jure sur ma foi...

l'étrange.r.

Silence, c'est jugé î va te mettre en faction sur cette grosse pierre lî-las... vite... vite, te dis je... canaille... Il r'ida't, Faulrd soir, dans la campagne de Dumourier...

roais j'ai bon oeil... (Lr joimo homme va s'asseoir sur la pierre, au fond ae la grolie.) Joachim, icl !

OACHIM.

Oui, père.

l'étranger.

Mire au ventre.

JOACHIM

Oui, père.

(Il fait feu : le joane homme tombe,)

L'ÉTRANGER. Il va vers le cidavre, l'examine, et revient auprès de son fils.

Bien tiré, bien tiré, Joachim, mais un peu trop haut ;

ça ira mieux une autre fois, (a h. Ic comte.) A présent; monsieur le comte, vous voyez bien ce cadavre, eh bien ! c'est comme ça que vous \ errez Angles demain, c'est moi qui vous le dis ; Angles et bien d'autres... Voyez mon doigt... je viens d'y peindre une bague avecle sang de celui-là... eh bien ! je ne me laverai les mains que lorsque j'aurai dixl)agues pareilles ; je les aurai demain soir, sans l'assistance des nobles et des Anglais. Je ne compte que sur la sainte Vierge et sur moi... et sur vous aussi, braves gens... Me suiMez-vous?

TOUS

Oui<

l'étranger.

A la vie, à la mort^ à la guillotine, à tout?

TOUS

Oui.

l'étranger.

Vous jurez de vous faire démolir jusqu'au dernier poui' le roi et la religion?

TOUS

Oui, nous le jurons.

l'étranger* Vous le jurez par tous les saints des litanies?

TOUS

Oui.

M. CAMTOL^ sorlant des prorondeurs de la grolte.

Que la bénédiction de Dieu soit sur toi, légion sainte de Victor et de Maurice ; ceignez-vous tous les reins et partez... niais avant, avant, à genoux et dites tous avec moi de bouche et de cœur (tous à genoux) : Sub tuum prœsidium confugimus, sancta Dei Genitrix»..

ANTOINE, rentrant.

Trahis ! trahis comme des chiens ! enfumés comme des renards ! (ils se lèvent tons.) Us ne sont pas à une demi-lieue d'ici, les gendarmes de Brune; ils m'ont coupé le chemin.

l'étranger, exalte.

Ah ! c'est ici où nous allons voir les honunes ! Antoine, tu restes avec nous, n'est-ce pas?

ANTOINE

Moi> tant que j'aurai une balle... j'ai vingt coups à tirer.

l'étranger.

Monsieur le comte, voulez- vous un fusil f

M. duteuil.

C'est un fusil anglais.

M. le comte.

Oh! j'ai toujours sur moi ce qu'il me faut...

l'étranger.

Des pistolets de poche ! Tenez, déchaigez-l^* -moi dans

la mainàcinq pas. je vous renvoie les balles sur le nez...

Prenez-moi donc un fusil.

M. LE COMTE

Mieux que cela, mieux que cela ; je vais vous quérir du renfort: j'a ma petite armée aussi à deux pas... Au revoir dans rinstant, mes bons amis.

(Il sort.) TOUS. *

boules nobles!

l'étranger.

Que celui qiû a la crampe à Vestomac sorte des rangs... Je bnile la cervelle au piemiiT qui a peur de mourir... Je ne veux avec moi que des Lrûlés... Etesvous tous des biûlés?

TOUS

Oui.

l'étranger, U prend un drapeau.

Eh bien! en avant sur la colline, derrière les pins.

(Us sortent aux cris de : Vive le roil) M. CANTOL, d'une Toix laille.

Je vais prier pour eux.

(11 s'enfonce dans la grotte.)

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