SCÈNE DERNIÈRE
BIÊME JOUR.
Le salon de campagne de M. Domenrier comme à la première scène ; plus , un buste de Louis XYIIl sur la cheminée , entre deux trophées de drapeaux blancs. Trois lampes sur un guéridon.
M. DUMEURIER, MADAME DUMEURIER, MA- DEMOISELLE AUZET, M. COBARD, M. CAN-
TOL^ M. GODE AU. (Tou9 assis, excepté K. Gobard.) M. GOBARD.
Nous ne nous couchons pas cette nuit... M. Cantol noas dira la messe de l'aube, et après, nous irons déjeuner sous les pins avec du jambon et des poires de SaintnJean.
M. GANTOL.
C'est dit... Mais je devrais profiter, moi, que minuit n'a pas sonné pour manger un morceau.
MADEMOISELLE AUZET.
Mais^ si vous Toulez dire la messe de Taube.
M. CAKTOL.
Eh bien! je suis en règle avec les canons... It ne faut avoir ni bu ni mangé depuis minuit, dit le concile j il est minuit moins un quart.
M. GODEAU
Ma fenmie dira que je suis un libertin^ moi. ..
Ah ! un jour comme aujourd'hui ! J ^
M. COBARD.
Alors^ nous allons chanter encore...
H. DUMEURIER.
Oh ! vous avez assez chanté; vous m'avez mis la tète comme ça...
M. CANTOL.
Alors, nous devrions faire un petit boston...
M. DUMEURIER.
Faites ce que vous voudrez... je vais me coucher,
moi... (il se lève el prend une lampe. On Trappe h la porte de la ic^'
ra se.) Qui diantre peut frapper à cette heure?
M. ^GODEAU
C'est ma femme qui vient me chercher!
MADAME DUMEURIER.
Mon Dieu! elle a peur que nous vous enlevions.
(Entre Claire.) CLAIRE.
C'est là... là... avec sa vieille.
MADEMOISELLE AUZET.
Qui? qui?
CLAIRE
Chose... le coquin... 11 veut vous pailer, à vous autres.
MADAME DUMEURIER.
Angles?
CLAIRE
Non, l'autre.
MADEMOISELLE AUZET et MADAME DUMEURIER.
L'Égyptien?
CLAIRE
Oui, le païen!
su UNE NUIT DU MIDI
MADEMOISELLE ALZET.
C'est le malin esprit... c'est le malin esprit!
MADAME DUMEURIER.
A cette heure, c'est le démon avec un masque! Monsieui- Cantol, allez faire le xorcisme *.
M. CANTOL.
Au moment où j'allais manger... Monsieur Dumeurier, allez voir, vous.
M. DUMEURIER.
Eh ! il faut le faire entrer...
Prépai'ons des signes de croix. '
MADAME DUMEURIER, le doigt au froDi.
Moi, j'ai déjà la main là.
M. G ODE AU, effraye.
J'avais idée de partir à onze heures.
(Minuit sonne.) MADAME DUMEURIER.
Juste minuit! c'est l'heure de Satan.
(Rentre M. Dumeurier, avec Philippe et Toinette.) * Exorcisme.
M. CANTOL.
Fade rétro ^ Satanas,. Il reste... ce n'est pas Satan, c'est le païen.
MADAME DUMEURIER.
Quelle mauvaise mine I
MADEMOISELLE AUZET.
Mais que vient-il faire ici?... Oh ! regardez sa vieille, elle fait peur...
M. DUMEURIER, à la société.
Ces pauvres gens sont en peine ; M. Angles n'est pas revenu de la ville, et ils n'ont pas de nouvelles de lui... Asseyez-vous, asseyez-vous, voisin.
M. CANTOL, aux dames.
Qu'est-ce que ça nous fait à nous tout ça ?
Savez -vous ce que c'est? Us viennent nous espionner
ici. f
PHILIPPE
Je vous demande miUe pardons de vous avoir dérangés, mais entre voisins on doit se rendre service dans les moments de peine ; c'est un acte de chaiité que je vous
tl6 UNE NUIT DU MIDI
demande ; voiis êtes des personnes de religion^ vous ne
me le refuserez pas.
M. DUMEURIER.
Oui^ oui, mon ami.
MADAME DUMEURIER.
11 parle bien, ce monsieur.
PHILIPPE
Vous savez que nous vivons depuis longtemps comme deux frères avec Angles ; nous sommes deux vieillards qui attendons ensemble que Dieu nous appelle à lui.
M. COBARD, à pan.
Ahl le scdlératl
PHILIPPE
11 y a eu du bruit à la ville, aujourd'hui, des malheurs peut-être...
M. GODEAU, l'inlerrompant.
11 n'y a point eu de malheurs, monsiem\
M. COBARD.
11 y a eu des bonheurs, voilà tout, monsiem*.
M. DUMEURIER.
Laissez donc parler.
UNENUIT DU MIDI tl7
PHILIPPE
Excusez-moi^ messieurs^ si je me suis servi d'un mot qui vous a blesses...
MADEMOISELLE AUZET^ à pari.
Âh ! il est bien poli !
PHILIPPE
Je suis un vieux soldat d'Egypte qui ne connaît pas les usages du monde^ et croyez bien que je n'aurais jamais pris sur moi de vous rendre une visite, si je n'y avais été forcé. Mettez-vous à ma place, messieurs, je suis au moment d'apprendre ime bien mauvaise nouvelle. Je suis seul dans une campagne avec cette pauvre femme ; . j'ôitais besoin de compagnie et de secours, j'en ai cherché !chez mes voisins. Ai- je mal fait?
'' . (Il pleure.)
MADAME DUMEURIER, alleadrie.
Non, non, monsieur.
MADEMOISELLE AUZET.
Oh ! mon Dieu l il pleure ! Pauvre homme !
(Les deux dames se rapprochent de lui.)
ai8 UNE MUIT DU MIDI
MADAME DUMEURIER^ émue.
Avex-vous besoin de quelque chose... d'une goulte de vin ? d'un bouillon ?
MADEMOISELLE ATJZET.
Ah I oui, justement il nous reste du bouillon, ça vous fera du bien... Je vais vous le chercher.
M. CANTOL, à M. Godeau.
Elles sont folles, ces femmes !
M. GODEAU
Ah ! si ma femme était à leur place, comme elle ferait courir ce bonapartiste ! Qu'il vienne chez moi f
PHILIPPE, retenant ma'démqiaelle Auzet.
Non, non, merci, madame, je n'ai besoin de rien, de rien. Seulement, si vous savez quelque chose sur M. Angles, que ce soit bon ou mauvais, je vous en conjure, dites-le-moi.
M. DUMEURIER.
Nous ne savons absolument rien, rien.
PHILIPPE
Bien sûr, au moins ?
MADAME DUMEURIER.
Oh ! rien... Demain nous saurons quelque chose.
PHILIPPE
Demain !... Nous y sommes^ à demain. ^
M. DUMEURIER^ bas à mademoiselle Auzet.
Allez ôter ce buste du roi, ça lui fait de la peine, peutêtre...
MADEMOISELLE AUZET, naïvement an Tieillard.
Ça VOUS fait de la peine de voir le buste du roi là ?
M. DUMEURIER, la ponssant du coode.
Imbécile !
PHILIPPE, souriant.
Non, laissez tout, ne dérangez rien pour moi, madame, je vous en prie.
M. CANTOL, à Cobard et à Godcau.
Ab! qu'elles viennent me demander l'absolution, samedi, je les attends... ces filles de Loth !
PHILIPPE
Je ne veux pas vous gêner plus longtemps, puisque vous ne savez rien de la ville...
M. DUMEURIER.
Nous savons bien quelque ebose... mais sur M. Angles nous ne savons rien... Dès qu'il fera jour, je vous promets
d'envoyer Antoine... Tenez, j'entends sa voix... Oui,
c*est lui : il revient de la ville en chantant.
MADEMOISELLE AUZET , outnnt la croisée da saloo.
Antoine, est-ce vous?
ANTOINE, itt dehora.
Oui, oui, c'est moi.
MADAME DUMEDRIER.
Bon ! nous allons avoir des nouvelles.
M. DUMEURIER, bas à sa femme.
S'il en a de mauvaises pour Angles, marche-lui sur le pied.
MADAME DUMEURIER.
Ah I oui.
(Entre Antoine.) ANTOINE.
M. Godeau est-il ici ?
M. GODEAU, effrayé.
Oui, que me veut-on?
ANTOINE
Moi, rien ; c'est voire femme qui vous veut ; elle vous
UNE NUIT DU MIDI m
croit à la bataille avec M. Cobard. Savez-vous!... Madame Godeau m'a fait perdre une grosse demi-heure à parler sur les affaires de la ville, sans cela j'aurais été plus tôt ici... Et puis j'avais une commission pour les amis du voisin ; mais j'ai frappé à la porte vingt fois, il n'y a personne...
PHILIPPE, se levant.
Vous venez de chez nous ?...
ANTOINE, ëionné.
Ah! VOUS voilà ici!...
MADAME DUMEURIER.
Oui, oui. Pauvres gens, ils sont bien inquiets...
ANTOINE
Eh bien ! ne vous inquiétez plus, mon vieux caiiiarade, M. Angles est plein de vie; il se porte aussi bien que moi, je viens de le quitter. . •
PHILIPPE, pleurant.
Dieu soit loué !
(Toinette se jette à genoux en pleurant, et baise les mains de M"* Dumeurier et de M"' Auzet.)
MADEMOISELLE AUZET, attendrie.
Relevez- VOUS, relevez-vous, ma bonne.
n% UNE NUIT DU MIDI
ANTOINE
Pour ne pas tous mentir^ je vous dirai que M. Angles l'a échappe belle; mais j'étais là, moi, je ne l'ai pas quitté d'une semelle...
Ah! c'est toi qui lui as sauvé la vie...
ANTOINE
Oui, oui, c'est moi, monsieur; qu'avez-vous à dire? voyons.
M. COBARD.
Rien.
ANTOINE
Eh bien! taisez-vous... Pour vous finir l'histoire... je l'aurais bien amené avec moi ici, mais il y avait du danger; je l'ai laissé avec une quarantaine de braves gens comme moi qui Vont conduit au fort.
PHILIPPE
Au fort!
ANTOINE
Ne vous effrayez pas... Oui, au fort... Il fallait laisser passer les premiers moments de rage. Il sera plus tranquille au fort que chez lui, et demain, j'irai vous le chercher; vous Tembrasserez demain, mon vieux.
UNE NUIT DU Mmi 223
M. DUMËURIER.
Antoine, tu t'es comporté en brave garçon, en bon chrétien ..
M. CANTOL, d'an Ion solconel.
Monsieur Dumeurier, c'est pour la dernière fois que je mets les pieds chez vous... Mademoiselle Auzet, dites à Glaire de prendre mes effets dans la chambre de réserve.
M. DUUEURIER.
Monsieur Cantol, je ne crois pas avoir dit ou fait quelque chose qui puisse vous fâcher.
M. CANTOL.
Vous avez donné dans le vide.
M. GODEAU
Ah! et de quelle force !
M. DUMEURIER.
Je ne vous comprends pas.
M. CANTOL.
Vous êtes une idole d'Egypte, aures habent et lum audient,
MADEMOISELLE AUZET.
Ah! sainte Vierge! est-ce que nous aurions fait des péchés?
ni ffNE NUIT DU MIDI
M. CAKTOL.
Irrémissibles ! si tous désespérez de la miséricorde de Dieu.
PHILIPPE
Si c'est pour moi que tous allez vous brouiller ici^ je me retire— Venez, Toinette.
M. COBARD, bas.
Bravo, monsieur Gantol, courage; dites-leur encore quelque chose...
ANTOINE
Oui, oui, allez-vous-en, mon vieux, et vous aussi, grand'mère ; attendez, je vais vous accompagner... Bien, vous avez une lanterne; je vais Tallumer, nous y verrons mieux. Vous êtes tranquilles maintenant, pas vrai?
PHILIPPE
Oh! tout à fait... Mais que de peine nous vous donnons !
ANTOINE
Bahl c'est ma vie, moi! Laissez-moi faire; dormez bien, et demain en vous réveillant, je vous apporte sous
mon bras monsieur Angles; mais dites-lui de se faire
royaliste... (Oq entend en dehors des chants et de» cris confus.) Oh !
ohl attendez...
M. COBARD.
J'entends crier Five le roi! (ii crie.) Vive le roi! venez, venez, allons faire la farandole sur Taire.
PHILIPPE, à H. Dumeurier.
Nous ne risquons rien ici, chez vous?
M. DUMEURIER.
Rien du tout.
Ah ! il faudrait peut-être faire monter monsieur.
M. DUMEURIER.
C'est inutile.
ANTOINE, à la fenêtre.
Ils sont là; il fait si noire nuit, que je ne puis pas en reconnaître un seul... Faut-il ouvrir la porte, monsiem- Dumeurier?
M. CANTOL.
Je vais leur ouvrir, moi... Il faut purifier Fair du salon.
(Il sort.)
ef« UNE NUIT DU MIDI
M. DUMEURIER.
Ne dirail-on pas qu'il est chez lui, ce M. Cantol ?
MADAME DCMEURIER.
Ah! Dumeurier! point de mal des prêtres.
M. COBARD, h H. God(;au.
LaisFCz entrer les amis, et nous allons faire enrager M. Dumeurier, et ce vieillard de la chaste Suzanne.
M. GODEAD.
Oui, oui, je ne pars {)as exprès.
(Entrent des volontaires roy.aux ; au milieu, Yéiranger et M. Cantol. En tête, un enfant qui porte au bout d'un bâton l'habit ensanglanté d'Angles.)
l'Étranger.
Plve le roi /... Monsieur Dumeurier, j'ai tenu parole, reconnaissez-vous cet habit?
(L'enfant jette l'habit devant Philippe.) PHILIPPE.
L'habit d'Angles!
ANTOINE
Malédiction! cù est Angles?
l'étranger, souriant.
Les chiens de bouchers l'ont déjà mangé. Ion Angle*.
(Toinette, évanouie, est emportée par deux volontaires hors du salon, Philippe garde un silence d'effroi , les yeux fixés sur la dépouille sanglante d'Angles. Antoine, les bras croisés, et muet d'indignation, ' contemple l'étranger.)
M. DUMEURIER, furieux.
Sors d'ici, assassin! sors, brigand!
MADAME DUMEURIER, sanglotant.
Ils l'ont assassiné! Oh! les maudits de Dieu!
MADEMOISELLE AUZET.
Otez-vous, ôtez-vous, vous nous faites peur !
(Elle se laisse tomber sur le sofa, à côté de M"* Dumeurier.) M. CANTOL.
Prenez garde, mesdames...
Pas un mot de plus, monsieur Cantol...
M. CANTOL.
Malheureux! vous élevez la voix contre un honnête
homme !
l'étranger.
Laissez-les dire^ laissez... (a la troupe.) Chantez, vous autres, chantez; ce salon est à vous.
^La troupe entonne le Vive Henri IV,)
t28 UNE NUIT DU MIDI
M. DUMEURIER, bnsaul la talle de :en.
Tenez, voilà voli'e table de jeu. On ne jouera plus.
MADEMOISELLE AUZET, d'une voix ctouffëe.
Non, non, i^lus... Oh! mon Dieu! pardonnez-nous.
MADAME DUMEITRIER, sanglotant.
Ils rpnt assassiné ! Antoine, ôtez cet habit de là. tez-le !
ANTOINE, froidement, toujours les bras croiscV.
Ce n*âBt pas l'habit qu'il faut ôter, ce n'est pas rhal>it.
M. DQilEURIER, su comble de la fureur.
Tas d'assassins, sortez d'ici, sortez.
H. COBARD.
Monsieur Dumeurier, ménagez vos...
M. DUMEURIER.
Je ne ménage rien; je suis chez moi, sortez, vous le premier, Cobard, sortez.
ANTOINE
Allons, hut, sortez.
M. COBARD.
Écoutez...
ANTOINE
Sors^ carlin.
(M. Cobaid et M. Godeau se sauTent.) l'étranger^ froidement.
Et moi, qui me fera sortir?
M. DUMEURIER.
Ah! par exemple! moi, je te ferai sortir, moi, sors assassin, tu as déshonoré le nom de royaliste; tu as trempé tes mains dans le sang de tes frères en Jésus-Christ...
M. CANTOL.
Dans le sang des ennemis de Dieu et du roi; il a bien
fait!
(Les deux dames poussent vi cri d'horreur et se couvrent les yeux avec les mains.)
Il a bien fait? et vous direz votre prière demain, monsieur Cantol, et Tâme ne vous tremblera pas... Sortez tous, vous dis-je, allez boire des carafes de sang, allez manger des entrailles de chrétiens...
l'étranger, recoDnai88ant Philippe awis.
Ohl oh! le voilà! voilà Tautre brigand. — Camaïade^
230 UNENDIT DU MIDI
saisissez ce vieux et t rainez-le dehors. (Les deux i
lèvent on poutsant de grands cris et embrassent le Tieax ioyalide, M, Dumeitrier et Antoine, des cliaises i la main, le couvrent de leur corpe. Une rixe terrible s'engage. L'inyalide est arraché de vive force par les toIodtairesi et emporte hors du Faion. On entend nn coup de fen dans le vestibule. LVtrauger rentre en criant : ) En YOilà enCOre Un! On Ta
jeter son cadavre dans ton puits, Dumeurier.
(Antoine et M. Dumeurier donnent des soins à madame Dumeurier et à sa belle-sœur, évanouies sur le parquet, et les déposent sur le iofa. M. Cantol est assis, et parait indifférent à ce qui se passe.)
CLAIRE, entrant.
Ah! bonne mèrel quel jour de malheur I Monsieur Cantol, monsieur Cantol, venez vite à la cuisine, la vieille va mourir.
M. CANTOL, rroideuient.
J'y vais...
(Il sort avec Clairu ] L ÉTRANGER, frjpi^aol sur l'cpaule d'Antoine.
A nous deux à présent, camarade, tu m'as traite' d'assassin; eh bien! regarde... Voilà deux pistolets chargés, je puis t'assassincr, et je ne le fais pas, tu vois que je suis un brave homme.
ANTOINE, d'une voix clouffce.
Brigand!
l'étranger^ A présent, tu vas sortir avec moi... Tiens, choisis... Quel pistolet prends-tu? Nous allons nous voir de près, à six pas.
ANTOINE, preDaut un pistolet.
C'est ce que tu as fait de mieux dans ta vie. Viens. l'étranger.
C'est un duel à la lampe... (ll s'approche d'un guéridon, prend une lampe, et fait signe à Antoine de prendre Taulre.) NoUS y VCrronS
clair comme ça.
ANTOINE, une lampe d'une main et le pistolet de l'autre.
Viens, brigand!
M. DUMEURIER. Il quitte un instant les deux dames et crie :
Antoine, Antoine, ils vont t'assassiner!
ANTOINE
Impossible! ils n'oseraient pas.
(Antoine et Yétranger sortent : une seule lampe éclaire le salon.) M. DUMEURIER.
Ah! voilà ma femme qui revient à elle... Marie f Marie!
MADAME DUMEURIER, d'une voix sourde.
Les assassins! les assassins! Mon Dieu! pardonnezleur!
131 UNE NOIT DU MLDl
M. DUMEURIER.
Oh! jour de malédiction!
(On eotend Bur-la terrasse'plusieors coups de fea.) MADAME DOMEURIER^ M letinU
Sainte Marie!
(La tâte p&le d'Antoine parait an nivean de la croûée.) ANTOINE^ d'une voix «éteinte.
Monsieur Dumeurier, monsieur Dumeurier!
M. DUMEURIER.
Antoine! Antoine!
ANTOINE^ avec effort.
Priez pour moi, ils m*ont assassiné !
(La tâte disparait.)
M. DUMEURIER.
Miséricorde ! ! (U se laine tonMr à côté de sa femme^ en disant:)
25 juin 1845...
LE