‹ Une nuit du MidiChapitre 9 sur 61 · LES DAMES · texte numérisé non relu

LES DAMES

Nous ne nous en souvenons pas.

M. DUMEURIER.

C'est bon, c'est bon ; je vous en dois deux cents. Ah ! quelle leçon !... C'est bien la dernière fois que je joue.- Je vous en dois deux cents, monsieur Cantol.

M. CANTOL.

Deux cents... sans regret. Une autre fois j'écrirai les dettes sur une mauvaise carte. A vous à donner, mademoiselle Auzet.

MADAME DUMEURIER.

Vous venez de la ville, monsieur Cobard?

M. COBARD.

Oui, j'ai profité de la cariole de M. Martin.

MADAME DUMEURIER.

Et qu'est-ce qu'on fait à la Tille ?

M. COBARD.

11 y a toujours les chevaux sur le Cours, à Marseille; ces coquins.de chevaux mangent les arbres; on les fait mourir de faim; Bmne n'a pas un sou pour les nourrir^ et les royalistes ne veulent pas lui vendre leur foin.

Boston !

MADEMOISELLE AUZET.

11 n'y en a que pour lui.

M. DUMEURIER.

La couleur? '

M. CANTOL.

A la préférence. *

MADAME DUMEURIER.

Toujours à la préférence. Monsieur Cobard, et les mameluks? 11 y a toujours des mameluks sur le Cours?

M. COBARD.

Ah! les brigands! ils ont des moustaches comme cola; et des mines!

MADEMOISELLE AUZET.

Oh! ne parlez pas de ces gens; ils me font peur la nuit quand je rôve.

M. COBARD.

Je viens de faire baisser les ^eux à un, au grand, qui a un chapeau pointu, vous savez, celui que j'ai pris à tic... Servez carreau^ madame Duraeuricr.

MADAME DUMEUR1ER.

Oh! vous vous compromettrez, vous; quelque jour ils vous guillotineront.

A propos de guillotines, il y a un menuisier de Castellane qui en a fait vingt-sept.

TOUS

Ah ! mon Dieu !

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