‹ Une organisation sociale lyonnaise: Le dépistage, la surveillance et le traitement des déviations rachidiennes légères à l'écoleChapitre 26 sur 61 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Considérations sur les céviations de la colonne vértébrale, dites scolaires

Si les attitudes scolaires impriment à la colonne vertébrale des inflexions variées et anormales, suffisent-elles à déterminer la déformation anatomique du rachis, la scoliose? Le titre même que nous avons donné à cette seconde partie de notre travail, montre d'emblée que nous considérons comme résolue la question qui fit jadis fortune, des rapports entre la vie scolaire et les déviations du rachis.

L'Influence négative, sur un rachis normal, en évolution de croissance, des attitudes vicieuses temporaires, à été démontré expérimentalement par Max Bohm, de Berlin, qui a apporté les résultats de ses expériences au Congrès allemand de chirurgie orthopédique de 19141.

Ayant pris deux jeunes chiens, il a, au moyen de courroies, imprimé des flexions latérales à leur colonne vertébrale. Ces attitudes vicieuses ont été maintenues cha-

=NpOtTES

que jour, et pendant plusieurs mois, de huit heures à midi, et de deux heures à six heures de l'après-midi. Les inflexions du rachis persistaient bien un moment après l'enlèvement des courroies, mais disparaissaient complètement après. Au bout de plusieurs mois, non seulement il n’y avait pas extérieurement trace de scoliose, mais la radiographie pratiquée n’a montré aucune déformation des vertèbres.

Ces expériences sont venues confirmer les observations faites sur les écoliers. En entrant dans une classe n’est-on pas frappé de voir que presque tous les écoliers ont des attitudes défectueuses et cependant ils ne deviennent pas tous scoliotiques : la proportion des déviés est même relativement peu élevée.

Ainsi Combe estime que l’on trouve 24,6 scoliotiques % écoliers; Guillaume élève cette proportion à 29 % ; Kallbach,Krug et Hagmann la ramènent respectivement à 26, 25 et 20%. Les observations de Gourdon, de Bordeaux, l’autorisent à fixer cette moyenne approximativement à 22 % pour les écoliers de Bordeaux.

Pour que l’action mécanique des attitudes vicieuses temporaires, comme les attitudes scolaires, ait une influence sur le squelette du tronc, il faut que celui-ci n’ait plus sa résistance normale. Cela est admis aujourd’hui par tous les orthopédistes.

Quelles sont donc les causes qui peuvent diminuer la résistance de la colonne vertébrale en provoquant son ramollissement? On peut les énumérer comme suit :

1° Le processus pathologique peut avoir été antérieur à l’âge scolaire. Ce sont alors des scolioses secondaires à des affections évidentes : paralysie infantile, mal de

Page 1