‹ Une page d'histoire [microforme]Chapitre 10 sur 19 · ET PLUS ECLAIREE · texte numérisé non relu

ET PLUS ECLAIREE

Il va plus loin. 11 déclare franchement que lorsque le territoire de la France et celui de la Belgique seront libérés, il sera temps pour l’Angleterre de faire cesser le conflit. Elle n’a aucun intérêt à favoriser les desseins de la Russie, à faire passer des millions de sujets autrichiens “d'une civiliation plus élevée (autrichienne) à une civilisation inférieure (russe).”

Aux “enthousiastes de cette guerre laïssable”, qui parlent de “détruire le militarisme germanique”, il réplique froidement que c’est là une “phrase dénuée de sens” — “a meaningless phrase”.

Les Alliés peuvent détruire les armées allemandes; le peuple allemand seul peut détruire le militarisme allemand.

Si les vainqueurs traitent l'Allemagne comme l’AHemagne a traité la France en 1870, ce sera au tour de l’Allemagne de préparer la revanche; et tout sera à recommencer,

“Si le monde se met à jouer à la refonte des cartes géographi. ques, il ne fera qu'ouvrir des appétits non rassasiés.”

Mais le passage le plus significatif de ectte remarquable étude, c’est bien celui-ci:

Moins d’un an ue la chute de la puissance de l’Allemagne (si tel est le résultat de la erre), la Russie forcera le assage des Dardanelles, dominera la urquie, envahira la Perse, S'avancera sur la route des Indes — et nos Impérialistes [an sais] appelleront à: grands cris (will be calli out) une À MAGNE FORTE POUR CONTENIR UNE RUSSIE ENAÇANTE!

Voilà comment, en pleine guerre, sous l’oeil indulgent de la censure britannique, au coeur même de l'Empire, s'exprime Ja plus traditionnellement anglaise des revues du Royaume-Uni! Elle souhaite virtueliement le triomphe de l’Allemagne, dans l'Est, et la défaite de la Russie. Elie prédit pour “moirs d’un an après la guerre”, une entente ang:o-allemande contre la Russie !

Ceci n’est pas une opinion isolée. Les témoignages que j'ai recueillis à Londres, dans les milieux les plus divers, me permettent d'’affirmer que c’est l'expression exacte de la pensée d'une catégorie très ncmbreuse et très influente d’Anglais appartenant à la politique, à la diplomatie, à la haute finance, au commerce, au monde universitaire.

Un publiciste anglais des mieux renseignée, impérialiste, fort ardent pour la cause des alliès dans l'ouest, me disait, il n’y a pas un mois :

“The moment the war is over, there MUST be an understanding between Great Britain, France AND GERMANY, to check Russia!”

J'ai déjà signalé je soin que M. Asquith a pris dès le début de ‘1 campagne d’enrôlement, de n’accorder le titre d’alliée qu’à la Belgique. Les armées françaises et anglaises sont clliées, pour les besoins actuels de la gucrre; les nations ne le sont pas. Elles ne le seront jamais tant que la France restera l’alliée de la Russie,

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