‹ Une page d'histoire [microforme]Chapitre 9 sur 19 · CE · texte numérisé non relu

CE

M. Braïilsford ne se fait pas, du reste, je protagoniste des hommes d'Etat autrichiens et allemands. 1] blâme Ja maladroite impatience du comte Berchtold, chancelier d’Autriche, et la “lourdeur de la psychologie bismarckienne” des Allemands.

Russie a eh le mouvement de la rande Serbie, qui visait à

provoqua la Russie. 1, question se posa dès lors, en toutes lettres, sous cette forme: la Serbie va-t-elle evenir la vassale de l’Autriche ou rester l’instrument de la Russie? Une entente diplomatique était encore possible; mais la Russie fit la démarche menaçante de décréter la mobilisation générale, et nie, répliqua par un ultimatum, qui précéda la guerre de quelques heures y

un crime co-opératif. Elle est née des ambitions de la Russie et des craintes de l’ llemagne. 11 serait aussi juste de dire que Le vérita-

: par sa propre action, a précipité une guerre générale en 1914, c'est Principalement parce que sa caste militaire, saisie de cette crainte orgueilleuse qui est l’émotion propre à toute classe dirigeante dont le pouvoir réside dans la force, était persua-

ée qu’elle aurait tôt ou tard à relever le gant de la Russie.

EF + + Dès le 29 août, j'écrivais ceci ;

“Les responsabilités sont multiples, et puis il faudrait rechereher les “préparations lointaines autant que les causes et les mobiles immédiats.

“] y a de bonnes raisons de croire que l'objectif principal des “préparat'fs militaires de l'Allemagne était, dans la pensée de l’'Empe-

= re

“reur, la résistance au choc plus ou moins prochain du pan-slavisme: “et l'histoire établira peut-être que la responsabilité principale de lu ‘guerre actuelle réside plutôt à Pélersbourg qu'à Bertin.”

M. Brailsford, on le voit, exprime, en la précisant, une opinion sensiblement analogue à la mienne sur les causes du conflit. Et cett- opinion, la principa'e revue de Londres la publie au pire moment de la guerre, lorsque les Allemands sont en marche sur Paris, quelques jours après la courageuse mais sanglante retraite du général French à Mons!

L'auteur ne s’arrête Pas un instant à la pensée que “ce n’est pas le temps de parler de ces choses”: il juge même que c'est le meilleur temps d’en parier :

: “Le jugement que l'historien futur portera sur ce chapitre émouvant de l’histoire sera, dans un sens, moins impartial que le nôtre. Il accordera son verdict, comme les historiens font généralement, en faveur de celui qui aura gagné. Pour nous, l'issue est encore incertaine: nous devons partager notre étonnement et nos censures. Les panslavistes, pour réaliser leur rève d’unité ethnique, ont précipité toute la civilisation européenne dans un abîime où elle risque d’être engloutie. Les AHemands, en provoquant imprudemment une solution qui peut-être ne se serait jamais imposée, vont peut-être s’attirer la catastrophe mêm- qu’ils redoutaient.... Une politique conciliatrice aurait pu renûre toute insurrection imossible (en Autriche). L'étoile de la Russie ne s'élevait guère en urope. La situation en Perse avait déjà singulièrement refroidi l'attitude de sir Edward ti à à l'égard de la Russie — attitu e qui équivalait jusque là à une ienveillance sans critique (uncritical regard). L'amitié anglo-allemande s'accentuait (was deepening). uelque chose comme la roposition “utopique” de notre Livre blanc (l’idée, émise par sir Edward Grey, d’un engagement collectif de la Triple Entente garantissant la Triple Alliance contre toute agression) aurait pu isoler la Russie à l'arenir, si elle avait en réalité songé à une guerre des Slaves contre les Teutons.

L'entente anglo-allemande de demain

M. Brailsford ne se borne pas à faire le partage des responsabilités passées. 11 se risque à porter un jugement sur les problèmes qui se poseront lorsque la guerre sera terminée,

“Nous nous faisons une idée fort étroite du conflit mondia! (a parochial view of Armageddon), si nous nous IMAGINONS que c’est principalement une lutte pour l'indépendance de la Belgique et l'avenir de la France. —

— Evidemment, ce “traître” n’a lu ni le Mail, ni le News, ni la Patrie. Ii n’a pas entendu M. Rodolphe Lemieux ou M. Maréchal.

—Les Allemands sont plus près de la vérité lorsqu'ils ne voient dans le conflit que ja guerre russo-allemande. Ce conflit est né de la lutte pour la domination de l’Europe orientale, avec Belgrade

… Comme axe. Si l’une ou l’autre des alliances obtient un succès décisif, elle se terminera logiquement par une réfection #énérale des frontières de l'Est et le règlement par la force brutale de ce pro-

e: l'Europe orientale sera-t-elle gouvernée par l’Allemagne ou par la Russie? C'est, à mon avis, un l'ésultat si barbare, si étranger

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aux intérêts réels des Iles Britanniques, si éloigné de nos préoccu-

ations quotidiennes, que je ne puis que m'étonner des illusions et

AUDIRE la fatalité qui nous ont entraînés dans cette guerre. Aucune voix du sang, aucun calcul supérieur de notre propre intérêt, aucun espoir dans l’avenir de l'humanité, ne nous commandent d'appuyer le Slave contre le Teuton. Nous ne pouvons désirer que l’Autriche ou la Russie domine dans les Balkans; mais si nous devions, à sang froid, exercer un choix, {a plupart d'entre nous donneraient la BrTérence à l'influence allemande PLUS TOLERANTE

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