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ON AVOUE QU’IL Y A EU DES PROVOCATIONS

Le gouvernement Impérial n’hésita pas à dire au Gouvernement

Canadien qu’il avait encouru une grande responsabilité. On lit dans une dépêche de Lord Granville, en date du 30 Novembre 1869 :

“ Le Gouvernement du Canada entreprit de faire certains arpentages . chargea

* le futur Gouverneur d’entrer dans le territoire. . . . après avoir par cette mesure occa- “ sionné des troubles dans le territoire. ...”

Le 4 décembre, l’Honorable Secrétaire d’Etat pour les Provinces,

écrit au Très Révérend Messire Thibault,

mon Vicaire Général :

“,J’ai reyu ordre de Son Excellence le Gouverneur-Général de vous faire part .

“ Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de faire plus que blâmer, en passant, les actes de “ folie et d’indiscrétion attribués à des personnes qui ont pris sur elles de représenter la “ Puissance et de parler en son nom, mais qui ont agi d'après leur propre responsabilité “ et sans la connaissance ou sanction du Gouvernement.”

Le Conseil Privé, en date du 16 Décembre 1869, reconnaît que :

“ La résistance n'est pas dirigée contre la souveraineté de sa Majesté . , mais

“ bien contre la prise de possession par le Gouvernement Canadien.”

Or, comme le Gouvernement Canadien n’avait aucune autorité à la Rivière-Rouge, la prise de possession était non-seulement illégale, mais bien aussi provocatrice, et le Conseil Privé, en le reconnaissant, explique la défiance qu’elle a inspirée.

Le Gouvernement Canadien ne ménagea pas ses sévères appréciations à ceux de ses employés qui avaient commis “ des actes de folie et d’indiscrétion” L’Honorable Secrétaire pour les Provinces écrivait à l’un d’eux en date du 23 Décembre :

“ Les démarches telles que rapportées par lui-même, sont si extraordinaires et

“ si condamnables qu’on ne peut s’empêcher ici d'avoir les plus sérieuses appréhensions “ tant qu’un officier si imprudent agira sous votre autorité. ... Il est impossible de lire “ le rapport concernant les efforts faits. . . . auprès du juge Black pour l’aider à procla- “ mer la loi martiale, sans regretter profondément que vous ayez envoyé, pour vous “ représenter dans la colonie, un homme d’aussi peu de jugement.”

C’est en considérant tous ces actes, dont le Secrétaire d’Etat Canadien rejette le blâme sur des employés du Gouvernement dont il est Membre, que Lord Granville, Ministre des Colonies, ne craint pas, lui, d’en reporter la responsabilité sur le Gouvernement d’Ottawa lui-même. Aussi le noble Lord, dans sa dépêche du 16 Janvier 1870 écrit, en parlant de ce que je viens de citer :

“ Ces procédés ont certainement augmenté la responsabilité du Gouvernement “ Canadien.”

S’il est vrai que : “ péché avoué est à moitié pardonné,” il est évident que les mécontents, à la Rivière-Rouge, ne pouvaient manquer d’éprouver

une certaine satisfaction et sentir renaître un peu de confiance, en étant informés de l’appréciation que l’Autorité faisait de la conduite de ceux qui leur paraissaient si odieux et même si dangereux.

Les autorités comprirent la nécessité de se faire représenter auprès des mécontents par des hommes en qui ces derniers avaient confiance. C’est pourquoi Messieurs Thibault, Vicaire Général, de Salaberry, Donald A. Smith (maintenant Sir Donall) et l’Evêque de Saint-Boniface furent priés, les uns après les autres, de se rendre à la Rivière- Bouge, pour faire connaître les intentions véritables des autorités ; dissiper les craintes et les défiances ; puis montrer l’Union avec le Canada sous un jour tel quelle pût être acceptée. Des instructions furent données à ces Messieurs, ces instructions avaient un but commun, celui d’apaiser les esprits, afin de préparer toutes choses pour que le transfert du pays au Canada pût s’effectuer paisiblement. Le mode à employer était la persuasion et cette persuasion devait s’appuyer sur des garanties consignées dans des documents signés par le Gouverneur-Général.

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