‹ Une page de l'histoire des écoles de Manitoba [microforme]Chapitre 72 sur 80 · LA · texte numérisé non relu

LA

emière session d'un

Congrès National. Le but de ce Congrès était de montrer que l'élément

laïque sentait aussi vivement que son Clergé l'injure qui lui était faite, l'injustice qu'on lui intligeait. Les prêtres furent les premiers à demander de ne point prendre part à ces réunions, précisément pour donner le démenti à ceux qui prétendaient que la revendication de nos droits les plus sacrés était tout simplement le fait du Clergé. De nombreux délégués vinrent de toutes les paroisses ; l'ardeur de ces patriotes sincères, de ces Catholiques convaineus, oftrit un beau spectacle, et ce spectacle ne laissait pas de place à un doute quelconque sur leur unanimité et leur détermination.

La population Catholique ayant fait ses preuves, son Premier Pasteur fut heureux de l'en féliciter, et le 15 Août, il publiait un manuement dans lequel il épancha son âme avec amour et contiance, tout en indiquant les écueils qu'il faut éviter, les moyens qu'il faut employer.

La mort de Monseigneur Faraud força l'Archevêque de St- Boniface à se rendre à Montréal, dans l'intérêt des Missions d'Athabaska McKenzie. il y arriva le 10 Janvier 1891, et le même jour fut atteint de la maladie aigie qui mit sa vie en danger. Il éprouva du soulagement au cours du mois de Février, précisément à l'époque de la campagne électorale. Cette irconstance me met en face de certaines accusations portées contre moi ;

1 plus déraisonnable peut-être est celle qui m'attribue la terrible respon-

sbilité d'avoir sacritié les écoles de Manitcba, parce que je n'ai pas obtenu le désaveu des lois de 1890. Parmi ceux qui formulent cette accusation, ily en à plusieurs qui ont voté la résolution de Monsieur Blake. Le Par-

Jement, par ce vote unanime, avait rendu moralement impossible le

désaveu, et l’on veut que je sois responsable de cette impossibilité créée par nos législateurs. Je suis forcé de dire qu’on ne connaît pas le premier mot de là situation, ou bien que l’on en abuse d’une manière étrange. Pour être absolument et naïvement sincère, je dois ajouter que je ne crois pas qu'il y ait en Canada un homme instruit assez peu sensé pour croire anl était possible d'obtenir ce Désaveu à l'encontre des votes de toute la Législature. Qu'on en finisse donc avec ces accusations et insinuations déloyales et injustes. Evidemment ce n’est pas le désaveu des lois d'écoles de Manitoba que voulaient ceux qui sciemment parlent de cette question. Il D'est pas même nécessaire d’être bien rusé pour lire entre les lignes écrites à ce sujet. Voici tout simplement ce que l’on voulait ; on était en pleines élections et elles étaient chaudement contestées; si seulement l'Archevêque Taché voulait aider l'opposition; si par exemple il reprochait au Gouvernement des trahisons, s’il urgeait le désaveu per fus et mefas, s'il faisait de l'agitation ; le résultat se manifesterait dans les urnes électorales. Il faudrait si peu de choses pour opérer un mouvement de bascule dans la balance politique.

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Je n'ai pas pu et je n'ei pas voulu me prêter à ce stratagème, et dûton m'accuser encore plus, on ne me fera pas regretter de m'être abstenu d'une conduite indigne de mon caractère et de ma position.

Pour protéger notre cause, je me suis occupé de la requête dans laquelle mon nom a l'honneur de figurer au milieu de ceux des autres membres de la Hiérarchie canadienne. Non seulement j'ai signé cette demande, mais même je l'ai rédigée et ai respectueusement sollicité les signatures qui la couvrent. J'ai dit, en commençant cette étude, que ia première école ouverte à la Rivière-Rouge, l’a été d'après la direction de l’'Evique de Québec, dont la juridiction s’étendait alors d’un océan à l’autre. Cette impulsion, venue de la vieille métropole, a été féconde en heureux résultats; de nombreuses écoles se sont élevées dans les plaines et les forêts de l'Ouest. Pendant soixante-douze ans le sentiment catho: lique a été respecté, au point que toutes les autorités civiles ont accueilli favorablement et aidé ces écoles. Après soixante-douze années d’une coutume si constante et si utile, une disposition hostile s'est manifestée

contre cet ordre de choses. J'ai cru alors qu'une protestation énergique “4 de la part de tous ceux dont la juridiction épiscopale couvre collective- ] ment l'immense terntoire canadien, et qui sont ainsi les successeurs et héritiers de Monsciæaeur Plessis, premier organisateur des écoles de la : Rivière-Rouge, j'ai cru, dis-je, qu'une pareille protestation, accompa,'née e

d’une humble prière au Gouverneur-Général en Conseil, ne serait pas hors de place. Il y a des analogies même dans les contrastes, et J'en trouvai là une bien frappante. Le lecteur se souvient probablement aussi que l’'Evêque de Québec avait obtenu de Cir John Sherbrooke, Gouverneur- Général du Canada, des lettres de recommandation, en faveur des deux Missionnaires et du précepteur, que Sa Grandeur envoyait fonder des missions et des écoles à la Rivière-Rouge, et qu’au cours de cette lettre le représentant du roi d'Angleterre disait :

“ J'enjoins par les présentes à tous les sujets de Sa Majesté ... non-seulement de ‘“ permettre aux dits Missionnaires de passer sans obstacles ou molestations, mais aussi ‘“ de leur rendre tous les bons offices et leur prêter assistance et protection toutes les fois ‘“ qu'ils le trouveront nécessaire pour procéder dans l'exercice de leurs saintes fonctions.”

Les recommandations du Représentant de Sa Majesté avaient été respectées depuis 1818, lorsque en 1890 le Gouvernement Greenway inaugura un système “ d'obstucles et de molestations”" Il me parut donc bien naturel que les successeurs de Monseigneur Plessis implorassent la protection du successeur de Sir John Sherbrooke et je leur demanda respectueusement d'apposer leurs signatures à la pétition préparée pour être présentée au Gouverneur-Général en Conseil.

Bien des prélats distingués ont occupé le siège épiscopal de Québec.

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le m'être abstenu on.

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Celui qui l’honore aujourd'hui en a augmenté la gloire par l'éclat de sa pourpre romaine, Notre Eminentissime et Illustrissime Premier Cardinal Canadien signa sans hésitation cette supplique demandant au Représentant de Sa Majesté d'écarter “ des obstacles,” de ne pas permettre “ des molestations contraires aux assurances données au nom de Sa Majesté à “ la population de Manitoba et qui seraient le résultat d'une législation “ qui imposerait à une partie considérable des loyaux sujets de Sa Majesté “ Ja conviction qu'on a manqué à la bonne foi publique.” Sept autres Archevêquers et vingt Evêques, par eux-mêmes ou leurs représentants, Ces voies émues et suppliantes de tout l'Episcopat Canadien, s'élevant d'Halifax à Vancouver, frappèrent ensemble à

à Ja porte du Gouverneur-Général, à celle du Conseil Exécutif et aux por- » tes du Parlement Canadien pour demander d'apporter un remède à une législation pernicieuse et cela de la manière la plus efficace et la plus

juste.

Quand cet important document parvint à Ottawa, le Ministre de Ja

Justice avait déjà signé son rapport au Gouverneur-Général à l'effet de ne “ point recommander le Désaveu.

Il n’est point de situation assez complètement désespérée pour qu'un

rayon d’ espérance ne luise pas à l'imagination de celui qui souffre, aussi

êt malgré tout j'avais espéré contre toute espérance et j'éprouvai une

Cruclle déception quand la décision du Conseil Privé m'imposa la convicbé ]

tion qu'il ne pouvait plus y avoir d'espoir pour le Désaveu ; le Gouverne-

“Ment l'avait refusé.

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