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L'évêché de Paris était loin, à cette époque, de la richesse qu'on aurait pu lui soupçonner malgré Topulonce de la capitale et l'étendue de son territoire (outre le département actuel de la Seine, il comprenait une bonne partie de •la Seine-et-Oise et de la Seine-et-Marne ; le diocèse de Versailles n'existait point encore). Déjà François P'" avait dû solliciter de Clément VII en 1533 la sécularisation de Saint- Maur-les-Fossés et l'union du revenu de ce décanat à la mense épiscopale. La reine-mère, Catherine de Médicis, désirant d'ailleurs obtenir la terre et seigneurie de Saint-Maur-les- Fossés en échange de la baronie, terre et domaine de Levroux dans le Berry, proposa au Souverain-Pontife de donner en compensation à l'évêque deParis, «comme lieu où il pourrait se retirer pour se reposer et se distraire » l'Abbaye de Saint-Magloire dont les revenus étaient supérieurs à ceux de Saint-Maur. Les motifs allégués méritent d'être cités. Ils sont rapportés dans les Bulles de 1564 et de 1575 au métropolitain de Sens pour l'exécution de cette translation. (1) «L'évêque de Paris, premier conseiller royal de Tordre ecclésiastique, était obligé de donner fréquemment l'hospitalité, même aux nobles et aux grands venus de tous les côtés de la France à la capitale; chaque année il devait offrir un festin à tous les clercs de son diocèse, ainsi qu'à de nombreux théologiens, membres
(1) Gallia clirist. T. Vil. Iiistr. CLXXXV
du Parlement et autres personnages de marque; d'autre part les vivres avaient doublé de prix, tandis que les revenus se trouvaient bien diminués par l'effet des guerres, et les biens-fonds ou mobiliers étaient en [)artie perdus et en partie engagés pour dettes. »
Les religieux n'étaient .plus que douze ou treize quand l'évèque Pierre de Gondy consentit à leur translation à Saint-Jacques du Haut- Pas (octobre 1572). Félibien (l) cite, d'après les mémoires manuscrits de Sauvai, le texte du contrat de double échange passé (octobre-novembre) à l'instigation de Catherine de Médicis. La reine-mère désirait bâtir un palais à la place de l'Hôtel d'Orléans occupé alors par le couvent des Filles Pénitentes. Elle demanda à l'évoque de Paris de leur abandonner les bâtiments de l'Abbaye Saint-Magloire, lui proposant d'en transférer les religieux avec le siège de l'Abbaye à l'Hôpital de Saint-Jacques du Haut-Pas. Elle se chargeait de dédommager le Commandeur actuel de cette, maison, Jean Prebet, pour toutes les dépenses qu'il venait d'y faire ; les démarches nécessaires, pour obtenir le consentement de la Cour Romaine, seraient également entreprises par ses soins; elle promettait en outre c< défaire accommoder l'église dudit Haut-Pas de enclos, chaires et toutes autres choses nécessaires, de façon qu'elle fut propre pour les religieux et qu'ils fussent séparés d'avec les laïcs, » sans
(1) Hist. Paris T. III p. 711.
négliger les réparations et transformations des lieux réguliers. —Ces conditions furentacceptées; et sans attendre la ratification du Pape, qui ne fut donnée que le l"'" mars 1580, les Magloiriens s'installèrent à Saint-Jacques, apportant avec eux les reliques dont ils avaient la garde depuis leur fondation. Le Parlement n'enregistra les différents actes concernant cette translation que le 7 mars 1586.