CHAPITRE III
Oii(iANis.\Ti()N i)K LA Paroissk. — Lc Clei*;;c' : Vicuiros, jn-ôti-os li;iljitu(''s ; le pi'êtrc du silence. — Le Culte. — ContVc'M'ies de |)iété ; eniifVéries de métiers. — Les l»rein:ei'S ('uivs. — Iiiliunuitioii de l'AMié de S;».iiit- ('yi'îiii. — Lt^ ('ui'é Marcel. — La Duchesse (](\ L()ii.u;ueville. — Aciièv(MU(Mit de l'église ; Dédicace solennelle.
La nouvelle Paroisse n'avait pas besoin crunc organisation particulière : dès les premiers temps de l'érection en succursale, l'initiative des habitants avait pourvu à tout : l'une des clausesde cette érection leur faisaitd'ailleurs une obligation de subvenir par eux-mêmes aux dépenses du culte, à l'entretien de leurs prêtres et à la décence de l'église. L'administration temporelle était dès lors aussi bien dirigée et surveillée qu'elle le fut jusqu'au dernier jour : nous aurons à nous en occuper spécialement dans le chapitre suivant.
Malgré les dépenses occasionnées par la construction à intervalles si rapprochés de leurs deux églises, les paroissiens de Saint-Jacques avaient trouvé des ressources pour s'assurer le ministère de plusieurs prêtres. Dès 1589, avec le chapelain, nous voyons un vicaire et un prêtre sacristain, sans compter plusieurs autres ecclésiastiques qui venaient dire leur messe. Dans
la suite il y eut constamment un des prêtres chargé de la surveillance de tout le matériel de l'église, et de Texôcution des délibérations de la Fabrique : c'était le Clerc de V Œuvre. Le diacre et le sous-diacre d'office ainsi que les chapiers étaient aussi des prêtres.
Une fonction particulièrement intéressante était celle du Prêtre du Silence. Malgré l'esprit religieux de la population, peut-être même en raison de l'assiduité générale de tous les habitants aux offices (c'est un fait qui se rencontre encore de nos jours dans de bonnes paroisses de nos catholiques provinces), la tenue n'était pas toujours irréprochable à l'église. La fréquence de semblables abus porta plusieurs fois (1) les rois eux-mêmes à intervenir, et en 1686 l'Archevêque de Paris, François de Harlay, publiait un mandement sur ce sujet. Un des paroissiens les plus en vue de l'époque, Louis d'Amoressan, conseiller du roi en ses conseils, ci-devant intendant en la province d3 Hainaut, offrit une rente annuelle de 120 livres, dont 100 pour les honoraires d'un ecclésiastique qui serait chargé de faire garder la modestie dans l'église pendant le service divin. Une inscription placée sur le pilier voisin de la Chapelle actuelle des Morts, à droite en entrant, rappelait la teneur avec les causes de cette fondation : « Considérant que les peuples s'écartent de leur devoir en profanant les lieux sacrés par de
(1) Voir, avec rOi'doniianee de 168G, celles des 10 mars 1700, 18 fevner 1710, 13 iioveinbi-c 1725, etc....
continuelles irrôvéï'cnoes, des immodesties et des indécences ((iii l'ont ([U(3 la mais(jn du Seigneur devient trop souvent un lieu de commerce, ce ((ui cause du scandale aux lidèles, au lieu d'y faire régner la modestie et la piété i)our édilier par de bons exemples les chrétiens et les exciter à rendre en esprit et en vérité le culte que Dieu demande d'eux afin d'éloigner par là l'effet de la menace qu'il a faite de perdre ceux qui profanent son temple... » Cette fonction ne cessa d'être remplie que plusieurs années après l'époque de la réduction des fondations dont nous parlerons plus tard (1732) : La nomination du prêtre du silence se faisait à l'assemblée des Marguilliers où l'on devait appeler le chef de la famille d'Amoressan ; un règlement très circonstancié rappelait à l'élu l'importance et les détails de ses fonctions.
A la Grand'Messe et aux Vêpres furent successivement ajoutés des saluts du Saint-Sacrement,soitàcertainsjours de fêtes ou de dimanche, soit même en semaine : la plupart de ces offices avaient Qiè fondés par la piété des paroissiens-: la fabrique et tous les officiers du chœur étaient indemnisés de leurs dépenses ou de leur présence. Nous verrons dans la suite ces différentes cérémonies se multiplier, mais toujours dans une sage mesure.
Outre les offices communs à tous les fidèles, l'église Saint-Jacques avait des réunions spéciales à ses nombreuses Confréries. Ces associations étaient de deux sortes: les confréries
de piété et les confréries de métiers. Chacune voulait avoir sa chapelle dont elle assurait l'entretien ; chacune administrait ses ressources, avait ses marguilliers, payait une redevance à la fabrique paroissiale.
La plus ancienne des Confréries pieuses était celle de Sainte- J alienna , Dès 1581 il est question d'une procession en l'honneur de cette sainte dans un temps de mortalité. On célébrait sa fête le mardi de la Quinquagésime, et le souvenir de la translation de ses reliques l'avantdernier dimanche après la Pentecôte. Tous les ans la paroisse députait des représentants au Val-Saint-Germain (diocèse de Chartres), où était le centre de cette dévotion : un cierge armorié était continuellement entretenu dans ce sanctuaire au nom des fidèles de Saint-Jacques.
En 1598 commence le premier livre de comptes de la Confrérie de Saint-Roch. En 1622 le Bailliage de Paris défend aux Confréries du Saint- S acre ment et de Saint-Roch d'employer aucuns deniers de leurs quêtes sans appeler à la reddition de leurs comptes M. le Curé et MM. les Marguilliers. — A l'époque de l'installation des Carmélites (V. chapitre VI), le bailly du Palais vient assister (20 août 1G03) à l'inventaire des meubles de la Confrérie de la Sainte- Trinité fondée dans l'église Notre-Dame des Champs et transférée alors à Saint-Jacques. L'année suivante (3 décembre) la Confrérie de Notre-Dame-du-Chapelet transporte aussi son siège du prieuré à l'église succursale. Citons
ciicori^ les conlVérics de, Xo/fe-Danic de Licsna et de Saiitt-SébasticN antérieures à 1()3.'J ; depuis fut éi'igée celle de Notre-Daiïie des Nei(jes ou de Boiine-Inspiraiioii (l()39)à qui les Dames de la Visitation de ce faubourg firent présenta d'une portion du suaire de saint François de Sales et de la poussière de sa chair sainte qui sont enfermées dans le Pied-cV estai de la figure d'argent de la sainte Vierge appartenant à la Confrérie. »
Saint Michci^ saint Clair et sainte Anne étaient aussi honorés par des associations spéciales. Anne d'Autriche, si généreuse pour plusieurs des établissements religieux de la paroisse, offrit en 1652 le pain bénit le jour de la fête de sa sainte patronne.
Les différents corps de métier tenaient alors à honneur d'avoir parmi les saints un protecteur particulier ; ils célébraient sa fête avec la plus grande solennité. Les chapelles de l'église leur étaient concédées pour leurs réunions religieuses : c'est ainsi que la chapelle de la Nativité est accordée en 1637 aux tissutiers rabanniers, celle de Saint-Denys (depuis Saint-Honoré) aux maîtres boulangers (1640), celle de Saint-Pierreés-Liens aux maîtres savetiers (1646) ; les maîtres carriers pourront jouir de la même chapelle que les maîtres cordonniers, à condition de respecter les statues de saint Roch et de saint Sébastien, tout en y plaçant celle de saint Jean, leur patron.
Les premiers Curés continuèrent l'œuvre
généreusement entreprise de la reconstruction de l'église ; mais leurs efforts ne devaient pas amener un résultat définitif avant cinquante ans. Le chœur seul fut édifié, et relié à l'église primitive qui lui servit de nef; la voûte même ne put en être alors entreprise. Le style de cette partie du monument, de ses bas-côtés et de ses chapelles latérales montre assez, par ses différences avec celui du reste de l'édifice, qu'elle est de construction plus ancienne.
M. RouLLK, prêtre de l'Oratoire, succéda à M. ViTALis en 1G36 ; lors de sa nomination à la Cure de Saint-Barthélémy, il fut remplacé par M. Jean de Mouchy (1643).
C'est en cette année que fut inhumé dans le sanctuaire, du côté gauche (épître) de l'autel, c'est-à-dire à l'endroit où était alors le siège du célébrant(rautel se trouvait placé tout au fond du chœur) Messire Jean du Vergier de Haaranne, Abbé de Salnt-Cyran^ le célèbre patriarche des Jansénistes. M. deCaumartin, évèque d'Amiens, célébra la messe du service. Nous donnons l'ancienne épitaphe conservée jusqu'à la Révolution : elle dénote une admiration très significative pour l'humilité et l'orthodoxie de ce personnage :
Non erit tibi Dejs recens. Non erit tibi Ver'.tas recens.
Hic jacet Dominus Joaniies Du Vergier de Hauranne^ Abbas Sti Sigiranni, Vi/'^ quod rarissimum est, eruditionis siniul et huinilitatis pro/undissiniœ ^
(lui ccc/esiasticd' /(//itatis, jxticriuc tritclitionis^ et antiquiv oeritath ainaKiiHHÎiaus ac scieidissiinus, pro Ecclesta catknlica^ ciii uni totus ndditus erat, ndversus tiostri teni/joris liœreses scril)ens, eu m suinino unioersi Cdcri Gallicani et pioruin oiuniuni desiderio^ ohiit XI Octobris. Anno Cliristi MDCXHH. /EtatisLXII {i), Veritas Charitas Humilitas.
Cette épitaphe a été l'emplacée dans notre siècle par la simple inscription suivante gravée sur une dalle du pavé, près de la porte qui fait communiquer le sanctuaire avec le chœur des chantres. « Ici repose Jean Du Vergier de Hauranne, Abbé de Saint-Cyran, décédé le 11 Octobre 1613, célèbre par sascience et par ses vertus.»
Les disciples de Saint-Cyran avaient dans la paroisse de nombreux adeptes : l'Abbaye de Port-Royal de Paris devait en attirer un bon nombre dans son voisinage ; nousaurons l'occasion de constater leur influence sur l'esprit religieux de la population.
(1) Eu voici la traduction :
li n'y aura pas pour toi de Dieu II n'y aura pas pour toi de
nouveau. Vérité nouvelle.
Ici repose Messirc Jean Du Vergiei' de Hauranne, Alihé de Saint- Cyran, homme, ce qui est ti-ès rare, à la fois d'une science et d'une humilité très pi-ol'ondes ; très ami et ti'ès instruit de l'unité de l'Eglise, de la tradition des Pères, et de l'antique véi-ité; il écrivit pour l'Eglise catholique, à laquelle seule il était entièrement attaché, contre les hérésies de notre temps. Il mourut avec le souverain regret de tout le Clergé de Finance et de toutes les personnes pieuses, le 11 octobre de l'an du Cln-ist 1G43, de son âge le ()2"\
Vérité Charité Humilité.
En 1G4G, Pihrrl: de Poxs, docteur en droit, prend possession de la Cure ; il est remplacé en 1649 par Edme Amyot, docteur de Sorbonne, prieur de Saint-Sauveur, vicaire-général de l'évèqued'Auxerre, doyen de Saint-Etienne delà même ville, qui devait plus tard être nommé à la Cure de Saint-Merry de Paris. Le presbytère et le clocher de l'ancienne église durent leur réparation à ce curé; une cloche fut refondue, grâce au don de 100 livres de la maréchale de Schomberg, paroissienne de Saint-Jacques (1650).
En 1652, Jacques Amyot succède à son oncle ; en 1654, François de la Barthe le remplace. Ses treize années d'administration virent régler définitivement, après bien des difticultés, la question restée en suspens des limites de la paroisse. La Fabrique ne paraît pas avoir aidé beaucoup le pasteur dans cette solution : nous trouvons même, en 1658 une délibération déclarant qu'elle s'en désintéressait comme d'une affaire qui regardait plutôt les avantages de M. le Curé. A la même époque, nous apprenons le grand émoi causé à l'assemblée paroissiale par la nouvelle que M. le Curé s'est emparé de ia clef de la sacristie sans V ordre de MM. les Marguilliers : le tout est remis à la prudence de ceux-ci ! La paix se fit cependant : en 1662 il fut décidé que les dépenses occasionnées par les expertises, enquêtes et jugements du Parlement seraient payés par frais communs entre le Curé et la Fabrique.
Des quêtes nouvelles avaient été recommen-
cécs par le pasteur, lesllcli^ieiises lli-sulinos et les prêtres (1(^. la Communauté de la rue Saint- Dominique (peut-être i)lusieurs des futurs hôtes (1) de PortUoyal), pour l'achèvement de l'église (1G58). Le pavé du chœur fut donné en 16()1 par les maîtres carriers. La Fabrique décide en 1G62 de se charger de la couverture do la partie construite. On i)araît bien disposé à poursuivre l'œuvre, puisqu'en 16G5 trois piliers de pierre sont démolis et remplacés provisoirement par des piliers de bois. M. de la Barthe ne devait pas assister au couronnement de ses efforts : cette joie était réservée à M. Louis Marcel, bachelier en théologie, l'un des Curés qui aient gouverné le plus longtemps la paroisse (1667- 1704). Un service fut célébré en 1671 pour l'ancien pasteur et les anciens marguilliers.
Le zèle des paroissiens de Saint-Jacques allait trouver un puissant appui dans la générosité de la duchesse de Longueville. Un coup terrible venait de la frapper : son iils était tombé victime d'une imprudente audace au passage du Rhin (12 juin 1672j. La seule consolation de la mère fut d'apprendre qu'il « avait été à confesse avant de partir «.«Comme il ne se vantait jamais de rien, — écrit Madame de Sévigné le 3 juillet suivant, — il n'en avait pas même fait sa cour à Madame sa mère ; mais ce fut une confession conduite par nos amis (les partisans de Port- Royal), et dont l'absolution fut différée de près
(1) Note de M. le Curé Cochiii dans le Jounial de la Paroisse.
de deux mois... Il faisait une infinité de libéralités et de charités que personne ne savait, et qu'il ne faisait qu'à la condition qu'on n'en parlât point : jamais un homme n'a eu tant de solides vertus ; il ne lui manquait que des vices, c'est-à-dire un peu d'orgueil, de vanité, de hauteur ; mais, du reste, jamais on n'a été si près de la perfection : pago lui, pago il mundo, il était au-dessus des louanges : pourvu qu'il fût content de lui, c'était assez. Je vois souvent des gens qui sont encore fort éloignés de se consoler de cette perte ; mais pour le gros du monde, cela est passé; cette triste nouvelle n'a assommé que trois à quatre jours... Les intérêts particuliers de chacun pour ce qui se passe à l'armée empêchent la grande application pour les malheurs d'autrui. »
La duchesse vint chercher un refuge contre Toubli du monde dans la maison des Religieuses Carmélites. Paroissienneassidue, elle sut édifier pendant ses dernières années les habitants du faubourg ; elle fit plus : chaque année elle donnait 2 000 livres pour aider à la construction de l'église ; et, à sa mort, en 1679, elle léguait 2 000 livres pour le même objet ; le total s'éleva à la somme de 13 000 livres.
La Fabrique reconnaissante lui avait accordé les clefs de la rue des Deux-Églises (rue de l'Abbé-de-l'Épée) et avait même fait exhausser le cintre d'une des portes de cette rue pour permettre le libre passage de son carrosse. En 1G76 on lui avait concédé la chapelle actuelle de Saint-
Dcnys, îilors clinpi'llo du Hoii-Pastcur; c'est là que SCS entrailles furent déposées après un service solennel célébré aux fi'ais de la Paroisse. Une inscription placée à l'entrée de cette chapelle, ù l'endroit où se trouve encore aujourd'hui celle qui l'a rcm})lacéc, (1) rappelait sa retraite au Carniel, sa charité pour les pauvres et sa libéralité pour l'église paroissiale. Lorsque Port-Royal des Champs fut détruit par ordre de Louis XIV en 1711, le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, permit de rapporter à Saint-Jacques du Haut-Pas le cœur de cette princesse et celui de son fils qui étaient conservés dans le monastère supprimé ; leurs deux épitaphes furent en môme temps transportées et encastrées dans le pavé de la chapelle du Bon- Pasteur. En voici la traduction :
« Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville. Après avoir goûté dans ses premières années le bonheur de servir le Christ, enlevée ensuite par l'amour du siècle, et engagée dans les guerres civiles au milieu de la félicité des temps, réconciliée enfin avec Dieu et son roi, elle conçut dans son cœur un profond regret : mortification corporelle, douleur de l'âme, distribution d'argent aux provinces affîi-
(1) L'iusci-iptioii actuelle exagère la portée des lai-gesses de la duchesse de Longueville. Nous verrons au chapitre suivant que rachèvement de réglis<' coûta sous l'adnn'nistration du Curé Maicel 200.000 livres envii-on : sur cette somme la duchesse avait donné 13.000 livres. Le roi Louis XIV, dont les libéralités étaient aussi. célébrées dans la plaque commémorative de la dédicace du monument, avait octroyé 4.000 livi-es.
gées par la guerre, dons distraits de ce qui lui restait pour les pauvres et l'ornement des temples, tout lui servit pendant 27 ans à réparer ses fautes. Dominée par l'amour de Dieu seul et de l'Eglise, n'ayant faim et soif que de la justice, et par là plus sûre de la miséricorde, elle mit le comble à sa pénitence par une précieuse mort, le 15 avril 1G79. Elle a voulu que son cœur fût caché dans le monastère qui lui était si intimement uni. »
c( Ici est placé le cœur de Charles P'' d'Orléans, duc de Longueville, prince suprême de Neufchâtel, des Suisses, etc. Jeune homme d'une sagesse, d'une foi, d'une habileté, d'une munificence, d'une magnanimité, d'un courage incroyable parmi les hommes, et même entre les princes d'une humanité vraiment princière, il remplit avec vaillance toutes les fonctions militaires dans l'expédition de Belgique (1657), dans celle de Bourgogne, à la défense de Candie (1658), dans l'expédition des Pays-Bas (1672). Illustre par son caractère, sa discipline, ses exploits, sa renommée, sur le point d'être proclamé roi sur les désirs spontanés des grands de Pologne, mais pensant sérieusement à de plus hautes destinées, c'est-à-dire à l'éternité et au royaume des cieux, le Roi des Rois prit en pitié les dangers de son Age et de la dignité qui lui était préparée, et tandis qu'il combattait avec le plus grand courage au passage du Rhin à Tholhuys, il l'enleva, âgé de 23 ans, encore célibataire, à l'attente de tout Tunivers, aux vœux
des Polonais et A des affaires très difOciles, le 12 juin de l'année du salut 1G72. »
Le 19 juillet 1()75, Madame de Longueville avait posé la première pierre delà tour et du portail de l'église Saint-Jacques; la construction en avait été confiée, l'année précédente, à Gitard, architecte du roi : on devait employer de la pierre d'Arcueil. Le 22 novembre 1070, la reconstruction de la nef au niveau du chœur est décidée : dons des fidèles, quêtes, emprunts, tout concourt à l'achèvement définitif de l'œuvre depuis si longtemps commencée.
Le clocher devait être terminé dés 1683 : cette année on y installe une nouvelle cloche solennellement bénite par le curé Marcel : le parrain est Très Haut et Très Puissant Seigneur Messire Anne Jules duc de Noailles, (1) Pair de France, Lieutenant-général des armées du Roi, premier Capitaine des gardes du corps, commandant en chef pour Sa Majesté, Lieutenantgénéral en la province de Languedoc, gouverneur des comtés de Roussillon, Confiant et Sarnes, Capitaine général desdits comtés, gouverneur particulier des ville, château et citadelle de Perpignan ; — la marraine, Haute et Puissante Dame Madame Gabrielle de Rochouart, épouse de Haut et Puissant Seigneur Messire Eléonore de Damas, Marquis de Thyange. La cloche portait en outre les indications suivantes : « Messire Roland de Brye de la Clergerie, conseiller du Roi en ses conseils, Président du
(l) L'Hôtol de Noailles se trouvait alors rue d'LMifer.
Trésor du Palais, gouverneur de la ville et château delà Ferté-Bernard, marguillier d'honneur ; les Sieurs Paschal Boitel, Sébastien Houdouart et Jean Deshaussois marguilliers en charge. » — Le parraui offrit 192 livres ; la cloche avait coûté 126 I. ; et l'on avait dépensé 91 1. pour la collation donnée aux invités.
La même année, la délivrance du legs de la duchesse de Longueville, malgré la longue opposition de ses héritiers, et le don de 4.000 livres par une personne inconnue à charge d'une messe quotidienne à perpétuité, — charge qu'un prêtre de la paroisse s'engage aussitôt à acquitter sans honoraires sa vie durant, — permettent de commencer la voûte de la nef et même celle du chœur qui n'avait pas encore été faite. — Il est d'ailleurs facile de se convaincre qu'elle n'est pas du même style que les voûtes des bas-côtés et chapelles du pourtour du chœur. — Il est décidé que « la Yoùie sphcrique de la croisée, suivant les plans de Gitard, sera faite en bois de charpente ; les voûtes du chœur seront en pierre de taille en pendentifs comme celles de la nef; les arcs-boatants du chœur seront remplis en dedans pour les fortifier; il n'y aura pas de corniche (1), et les vitraux du chœur demeureront dans le même état sans être exhaussés ; les combles des bas-côtés d'au-
(1) On voit (|ue loB clauses de cette décision ont été exécutées sans modification, sinon en ce qui concerne la coi'niclie. Nous attirerons l'attention sur une i)articularité de cette construction : la voûte en forme de calotte elliptique élevée au-dessus des grandes orgues.
tour du chœur seront reformés en appentis. » L'Abbé Viroux, prêtre do la p«aroisse, chargé de conduire CCS travaux, reçoit du 17 mai au au 30 décembre 9.045 1. et dé[)ense 8.980 !..
Enfin l'église entièrement aciievée })ut être solennellement consacrée le G mai 1685, deuxième dimanche après Pâques; l'évoque de Coutances, Loménie de Brienne, en fait la dédicace. Durant huit jours les paroisses, les chapitres et communautés de la ville se succèdent pour y célébrer les offices ; de célèbres prédicateurs s'y font entendre : le premier sermon est donné par l'abbé Fléchier, le futur évêque de Nîmes, et le dernier par l'abbé de Fénelon, futur archevêque de Cambrai. Le salut de clôture est présidé par l'Archevêque de Paris, François de Harlay de Champ vallon.
Une inscription sur marbre noir, placée sur un pilier à gauche en entrant, rappelait ces heureux événements : la pose de la première pierre de la tour et du portail (19 juillet 1675) par la duchesse de Longueville, MM. de Santeuil, (1) Trésorier de France , Cocquelard , Duval , Gouault et Furet étant marguilliers ; — la continuation de l'église d'année en année grâce aux aumônes de la duchesse et des paroissiens, et son achèvement par les libéralités du roi Louis le Grand en septembre 1684,M\l.Fournier
(1) Fi'aiioois de Santeuil, coiiseillei* du Roi et Tréso-' i\ei' de France, Général des Finances en la Généralité de Paris : il liaijitait Cul-de-Sac Saint-Dominique (Impasse Royer-CoUai'd).
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de Montigny, Trésorier de France (1), Theroude, Mcran et Breton étant marguilliers ; — enfin la dédicace le deuxième dimanche après Pâques de l'an 1685 ; Messire Louis Marcel étant Curé pendant tout ce temps ; MM. Pelletier de la Houssaye, conseiller du roi, et Delfel étant aussi marguilliers.
Une dernière construction' restait à faire : celle de la chapelle de la Sainte-Vierge. La première pierre en fut posée en 1688 par Mlle Delaporte, qui donnait 1.000 livres pour les travaux; en 1690, l'entrepreneur offrit huit années pour le paiement des ouvrages faits et à faire, en s'engagant à les continuer sans interruption.
(1) Con.soillcr du Roi, Ti'ésoi-ier général de France do la Gênéi'alité de Paris.