‹ Une paroisse parisienne avant la RévolutionChapitre 16 sur 36 · LE RÉNOVATFUR DE LA PAROISSE : MICHEL LEBREXON · texte numérisé non relu

LE RÉNOVATFUR DE LA PAROISSE : MICHEL LEBREXON

très cultivé en effet que ce docteur de Sorbonne qui trouvait, au milieu des soucis incessants d’un ministère très actif, le loisir de composer un traité « De la rhétorique selon les préceptes d’ Aristote, de Cicéron et de Quintilien, avec des exemples tirez des auteurs sacrez et profanes tant anciens que modernes », publié l’année même de sa mort (1703) avec privilège royal, à Paris, chez Grégoire du Puis, rue Saint-Jacques, à la Fontaine d’or (1).

Nous citerons la finale de cet ouvrage, car le prêtre s’y révèle tout autant que l’homme de goût.

« Un prédicateur peut exciter quelques mouvemens sans scavoir les préceptes de l’art; mais il n’ira pas loin, semblable à un navire sans gouvernail qui vogue quelque temps et qui échoue bientôt. Celui qui sçait les règles de l’art a encore un autre avantage, il peut mieux juger de la beauté d’un discours et est plus en état d’en profiter. Après tout ce que j’ay dit à l’avantage de l’éloquence, je suis obligé d’avouer que la plus grande qu’un prédicateur puisse avoir, c’est d’être touché des vérités qu’il prêche, s’il en veut toucher les autres. »

Michel Lebreton mourut le g mars 1703, épuisé par les fatigues d’un court, mais laborieux ministère. Il n’avait pas 52 ans (2).

L’office fut fait, le jour de l’enterrement, 12 du même mois, par Guillaume Denis Ravissar, qui lui avait succédé depuis le 4. Le doyen de Saint-Marcel et les chanoines signèrent l’acte mortuaire, mais en mentionnant expressément qu’ils n’entendaient pas approuver la qualité de curé donnée au défunt. A vrai dire, Michel Lebreton était seulement qualifié dans cet acte d’ancien curé et comme il n’était plus titulaire de la cure de Saint-Hippolyte à son décès, son enterrement par Guillaume Ravissar ne pouvait aucunement préjudicier aux droits du chapitre.

(1) C’est un volume in-12 de 526 pages (Bib. Nat. X 18.482). Guérard (France littéraire , tome I p. 505) indique comme auteur de ce traité M. Breton, curé de Saint-Hippolyte au faubourg Saint-Marcel.

L'ouvrage est divisé en trois livres.

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