CHAPITRE X
GUILLAUME-DENIS RAVISSAR
Une charte de paix ou ia transaction du 5 juin 1703. — Le grand chantre et les écoles de charité. — Infidélité du sieur Vuyard, directeur du séminaire des maîtres d’écoles. — Trois curieuses gravures de confréries. — Pose d'une première pierre en 1728. — Un janséniste impénitent !
Un portrait du nouveau curé, gravé par Crespy, nous le montre jeune encore, les traits fins, le regard intelligent, avec un pli de lèvres qui accuse de la ténacité, mais sans dureté. De fait, il alliait un esprit large et conciliant dans la pratique — ses bonnes relations avec le chapitre en font foi — à une singulière opiniâtreté dans les idées, témoin la persistance de ses attaches jansénistes.
Guillaume Denis Ravissar, prêtre du diocèse de Paris, remplissait les fonctions de chanoine sacristain de Saint-Marcel quand il fut promu à la cure de Saint-Hippolyte. Il n’était encore que bachelier en théologie et mena de front pendant plusieurs années le soin de sa paroisse et la poursuite des grades jusqu’au doctorat.
Quelques mois à peine s’étaient écoulés depuis qu’il avait succédé à Michel Lebreton, lorsque fut rendue l’ordonnance archiépiscopale en forme de transaction dont nous avons déjà parlé. L’importance de ce document est telle que nous croyons devoir en reproduire, malgré sa longueur, toute la partie intéressant Saint-Hippolyte (i).
Briittfette orc*onnance est en grande partie citée dans le Mémoire contre
Les passages omis sont particuliers à la paroisse Saint-Martin ou ont trait à la communauté des clercs établie dans deux maisons du cloître Saint-Marcel.
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Louis-Antoine de Noailles, par la permission divine, cardinal prestre de la sainte Eglise romaine du titre de Sainte-Marie sur la Minerve, archevesque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France, commandeur de l’ordre du Saint-Esprit : A tous ceux qui ces présentes verront, salut. Scavoir faisons que sur les différends et contestations meües et pendantes par devant nous entre les sieurs doyen, chanoines et chapitre de notre église collégiale de Saint- Marcel-lez-Paris, seigneurs spirituels et temporels de la ville de Saint-Marcel, patrons et curez primitifs des paroisses de Saint- Martin et de Saint-Hippolyte, demandeurs et deffendeurs d’une part ; et M8 Guillaume de Voulges, prestre docteur de la maison et société de Sorbonne, curé ou vicaire perpétuel et les marguillers et paroissiens de ladite paroisse de Saint-Martin, deffendeurs et demandeurs d’autre part; et encore entre lesdits sieurs doyen, chanoines et chapitre, demandeurs et deffendeurs d’une part et Me Guillaume-Denis Ravissart, curé ou vicaire perpétuel et les marguillers et paroissiens de la paroisse de Saint-Hippolyte intervenans en ce qui leur est commun avec ladite paroisse Saint- Martin deffendeur et demandeur d’autre part ; veu les compromis ou pouvoirs donnés par les parties : scavoir desdits sieurs doyen, chanoines et chapitre du sept et dix du mois de may dernier, des sieurs curé ou vicaire perpétuel, marguillers en charge et anciens de la dite paroisse de Saint-Martin du dix-sept février dernier en conséquence du pouvoir à eux donné par l’assemblée de l’œuvre et fabrique de la même paroisse du même jour dix-septième de février; et des sieurs curé ou vicaire perpétuel, marguillers en charge et anciens de Saint-Hippolyte du quatre dudit mois de may dernier; les dits compromis ou pouvoirs annexez à ces présentes portant nomination de notre personne pour juge et arbitre des contestations qui sont entre lesdites parties...
(Suit l’énoncé des pièces produites au procès).
« Ouy le rapport de messire Antoine Jagon, prestre docteur en théologie de la faculté de Paris, abbé de Chatrices, commissaire par nous député pour l’instruction de la présente affaire ; et après avoir entendu plusieurs fois contradictoirement les parties, tout considéré : nous, tant comme juge ordinaire en cette partie que comme arbitre convenu par les parties, faisant droit sur les demandes et contestations des parties, avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
i° Les curés ou vicaires perpétuels, clergé et habitans des paroisses de Saint-Martin et Saint-Hippolyte seront tenus d’assister avec leurs croix, en corps de clergé, à la procession des doyen,
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chanoines et chapitre de Saint-Marcel le jour de l’Assomption et aux autres processions dudit chapitre, lorsqu’il sera convoqué pour se trouver aux processions de notre église métropolitaine ; et ces jours-là les deux paroisses ne pourront faire de processions particulières hors de leurs églises, mais les jours qu’elles ne seront point mandées par le chapitre, elles pourront faire chacune leur procession particulière, même hors de leur église.
2° Aux dites processions de Saint-Marcel auxquelles se trouveront lesd. paroisses, lesdits curez ou vicaires perpétuels assisteront dans leur rang ordinaire de chapelains, scavoir, après le dernier chanoine. Le clergé et les marguillers de Saint-Martin y tiendront la droite et le clergé et les marguillers de Saint-Hippolyte y tiendront la gauche,
3° A l’égard de toutes les autres processions qui se font dans le cours de 1 année par ledit chapitre, les deux paroisses y assisteront alternativement d’année en année en corps de clergé ; la paroisse Saint-Martin commencera son année jeudy prochain feste du Saint Sacrement et celle de Saint-Hippolyte à même jour l’année prochaine et l’on continuera ainsi alternativement d’année en année à perpétuité.
5° Tous les ans, le dit jour de Saint-Marc, 'le sieur curé ou vicaire perpétuel de Saint-Hippolyte attendra dans son église avec son clergé la procession de Saint-Marcel pour la recevoir à l’ordinaire; et quand la paroisse de Saint-Hippolyte sera en tour d’aller aux processions du chapitre, elle assistera à la messe que le chapitre vient célébrer dans ladite église, après laquelle ledit sieur curé ou vicaire perpétuel, clergé, marguillers et peuple de Saint-Hippolyte accompagneront la procession du chapitre jusqu’au chœur de Saint-Marcel et ledit sieur curé ou vicaire perpétuel tiendra son rang de chapelain tant à ladite messe qu’à la procession suivant l’usage, sans étole et en aumusse.
6° Le lundy et le mardy des Rogations, la paroisse qui ne sera pas en tour ne pourra sortir avant neuf heures pour les processions particulières et le mercredy, attendu que le chapitre reçoit notre église métropolitaine, la dite paroisse non en tour ne pourra sortir avant neuf heures et demie: les deux premiers jours susdits, la paroisse non en tour fera station dans quelque église du quartier Saint- Victor, et le troisième en une du faubourg Saint-Jacques, descendant le long de la grande rue Mouffetard, coupant par les' rues de l’Arbalestre et des Postes et revenant par derrière les murs du Val-de-Grâce.
7° En toutes les processions de Saint-Marcel auxquelles assisteront les deux paroisses ou l’une d’icelles, lesdits curez ou vicaires
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Curé de Saint-H ippolyte de 1703 à 1733.
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perpétuels, chacun à leur égard, se trouveront avec leur clergé, leur croix, les marguillers ou deux anciens les représentant accompagnez de leurs bedeaux ; et en cas d’absence, de maladie ou de légitime empêchement desdits curés ou vicaires perpétuels, ils commettront leurs vicaires ou un autre prêtre de leurs paroisses pour les représenter, lequel prestre marchera à la tête du clergé de la paroisse et non au rang de chapelain.
90 Le jour de la feste du Saint Sacrement, le sieur curé ou vicaire perpétuel de Saint-Martin ou Saint- Hippolyte qui sera en tour viendra avec tout son clergé, marguillers et peuple, assister à la procession générale de Saint-Marcel ; ledit sieur curé ou vicaire perpétuel en tour apportera le Saint Sacrement de son église en celle de Saint-Marcel sous le dais de la paroisse jusque sur le grand autel de Saint- Marcel. Le clergé de la paroisse en tour ne chantera point dans le choeur, mais il cessera de chanter à l’entrée d’iceluy et alors l’orgue commencera de jouer et continuera jusqu’à ce que le Saint Sacrement soit posé sur le grand autel, après quoy les officiers du chœur de Saint-Marcel lèveront le chant qui sera continué alternativement par tout l’ensemble ainsi que se chantent les Pseaumes et lorsque la procession sera rentrée et que le sieur curé ou vicaire perpétuel en tour reprendra le Saint Sacrement pour le reporter dans son église, il ne donnera point la bénédiction ; et le clergé de la paroisse en tour ne pourra relever le chant que lorsque le Saint Sacrement sera sorti du chœur et à ce moment l’orgue cessera de jouer.
io° Ledit sieur curé ou vicaire perpétuel en tour posera le Saint Sacrement sur le grand autel sans donner la bénédiction et. à l’instant l'officiant de Saint-Marcel entonnera une antienne du Saint Sacrement qui sera chantée par tout le chœur sans verset ny oraison à la fin et la procession sera commencée sans que ledit officiant donne la bénédiction, laquelle il donnera à l’autel de Saint- Marcel, étant rentré.
ii° En cas d’absence, de maladie ou de légitime empêchement du sieur curé ou vicaire perpétuel qui sera en tour, le chapitre de Saint-Marcel commettra un chanoine pour aller dans l’église de la paroisse en tour prendre le Saint Sacrement pour l’apporter à Saint-Marcel ; et en ce cas les mêmes fonctions et cérémonies seront observées par ledit chapitre et par le clergé, marguillers et peuple de la paroisse que si le curé ou vicaire perpétuel de la paroisse était présent.
i2° Le jour de la fête du Saint Sacrement, la paroisse qui ne sera pas en tour de se trouver à la procession de Saint-Marcel fera dans l’étendue de sa paroisse sa procession particulière, laquelle ne
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pourra commencer avant dix heures et pour éviter toute confusion la procession de Saint-Marcel commencera à huit heures précises et sera rentrée à dix heures.
i3° Le jour de l’octave de la fête du Saint Sacrement, il n’y aura pas de procession générale ; chacune des trois églises fera sa procession particulière. Il sera libre au chapitre de faire la sienne hors de son église, auquel cas il en avertira les deux paroisses, huit jours auparavant ; elle sera rentrée pareillement à dix heures et les paroisses ne pourront commencer les leurs qu’à cette heure là ; et au cas que ledit chapitre ne fasse pas la procession hors de son église, il sera libre aux deux paroisses de commencer chacune la leur plutost que dix heures, ainsi que les autres paroisses de Paris: et les deux paroisses disposeront leurs marches de manière qu’elles ne puissent se rencontrer.
14» Les curez ou vicaires perpétuels de Saint-Martin et de Saint- Hippolyte recevront avec la croix, l’eau bénite et l’encens et avec leur clergé le chapitre de Saint-Marcel le jour de l’Ascension, et toutes les fois qu’il ira processionnellement dans leurs églises, à l’exception des stations qu’il fait à Saint-Martin le jour et dans l’octave de Pasques.
1 5° Le chapitre de Saint-Marcel continuera à faire prêcher dans son église aux tems de i’Avent et du Carême, aux festes et dimanches de l’année à une heure après midy et le vendredi saint le matin, sans que l’on puisse prêcher à cette heure-là dans les deux paroisses, excepté la feste du Patron de chacune desd. paroisses, laissant la liberté aux curez ou vicaires perpétuels de faire prêcher dans leurs églises le matin des jours ci-dessus marquez ou à la messe paroissiale ou l’après-midi ensuite de leurs vespres, lesquelles ne pourront commencer qu’à deux heures et demie que le sermon de Saint-Marcel doit être fini.
160 Les jours de festes et les dimanches, la messe paroissiale à Saint-Martin et à Saint-Hippolyte commencera à telle heure que le prône et l’instruction soient finies à onze heures précises, afin qu’après la messe paroissiale les peuples puissent avoir la commodité d’aller au sermon de Saint-Marcel, et suivant l’acte de délibération capitulaire dudit chapitre du jour d’hier quatrième de juin, l’on ne pourra sonner de messes basses les dimanches à Saint- Marcel depuis neuf heures et demie jusqu’à onze, pour ne pas détourner les peuples des instructions de la paroisse.
iq° Au surplus, les arrests du Parlement des 14 aoust 1642 et 3 mars 1644, la sentence des requestes du Palais du 22 février 1641 aux chefs confirmés par lesdits arrêts, le jugement de notre Prédé-
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cesseur du i3 avril 1688, le règlement de notre dit prédécesseur du 16 juin audit an 1688, l’accord en forme de transaction du 4 juin mil six cent quatre-vingt-dix-sept et notre ordonnance du 5° dudit mois de juin audit an 1697 ci-dessus mentionnez seront exécutez selon leur forme et teneur.
20° Et sera notre présent Règlement exécuté non obstant oppositions ou appellations quelconques, sans préjudice d’icelles, à peine de cent livres d’aumône applicables à l’hôtel-Dieu de cette ville de Paris, payables par les contrevenans pour chacune contravention. Donné à Paris en notre palais archiépiscopal le cinquième jour de juin mil sept cent trois.
Signé : f L. A. Card. de Noailles, Arch. de Paris.
par son Eminence : Chevalier.
Les précisions infinies dans lesquelles entre le règlement que nous venons de citer, jusqu’à interdire le son des cloches de Saint-Marcel pendant la prédication des paroisses, ne doivent pas nous donner à sourire. Il n’y a pas de trop minutieux détails, quand il s’agit d’assurer l’accord entre des parties d’humeur aussi susceptible. De fait, la paroisse Saint-Hippolyte dut à ce règlement plus de 60 ans de bons rapports avec le chapitre de Saint-Marcel et n’est-ce donc pas un bienfait inappréciable que cette longue trêve dans la querelle séculaire dont nous avons tant de fois déploré les excès?
Ravissar put ainsi, en toute liberté d’esprit, consacrer au développement des œuvres de sa paroisse toutes les ressources de son zèle et de sa charité.
Les écoles tout d’abord furent l’objet de sa sollicitude. L’école des filles fut dotée par lui d’un nouveau local, une maison sise rue des Trois Couronnes, la septième du côté droit en venant de la rue Mouffetard : cette maison appartenait aux sieurs Guillaume et Jeanne Bouillerot, qui en firent donation par acte passé le 3 mai 1706 devant Leroy, notaire à Paris (1).
(1) Arch. Nat. S 1925 b. — Une rente de 100 livres pour la dot d’une fille pauvre au choix du curé fut constituée, le 11 janvier 1733, par une
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Mais c’est surtout l’école de garçons qui eut besoin de son appui dévoué. Les maîtres écrivains firent effectuer en effet au mois de juillet 1704 une saisie générale dans cette école, comme dans plusieurs autres de Paris.
Le 22 février précédent ils avaient obtenu contre M. de la Salle une sentence qui lui ordonnait de ne recevoir dans ses écoles que « des enfants dont les pères sont véritablement pauvres » et de ne leur enseigner « que des choses proportionnées à la profession de leurs pères ». Or les maîtres écrivains avaient trop d’estime du noble art d’écrire pour le ranger au nombre des choses proportionnées à la profession des pauvres gens. M. de la Salle n’avait pas cru devoir tenir compte de l’interdiction détournée qui lui était faite d’enseigner l’écriture et c’est de cela que prirent occasion les maîtres écrivains pour requérir la saisie qui fut effectuée en juillet à l’école du faubourg Saint-Marcel. Ravissar n’hésita pas un instant à intervenir, conjointement avec le curé de Saint-Martin, pour revendiquer le droit de faire donner à son gré l’instruction aux enfants pauvres de sa paroisse et de choisir les maîtres chargés de les enseigner. L’affaire fut plaidée avec force par le défenseur des curés et des frères. Mais l’opinion des juges était faite.L’intervention des curés fut écartée. La sentence qui fut rendue le 29 août 1704 leur permet sans doute de « proposer telles personnes que bon leur semblera pour enseigner à écrire aux pauvres de leurs paroisses, à la charge de faire un estât des noms des pauvres enfants qu’ils enseigneront, lequel estât... sera mis es mains [du juge] à la fin de chaque mois. » Mais défense fut faite « aux frères des escolles de charité de demeurer ensemble ny de faire aucun corps de Société ny commerce jusques à ce qu’ils ayent
personne de piété « voulant exciter et engager les pauvres de la paroisse à envoyer leurs enfants dans les écoles charitables d’icelle... et les encourager à leur donner le plus d’éducation qu’ils pourront en formant un établissement dans la paroisse dont les seuls enfants qui sauraient lire et écrire pussent bénéficier ». L’acte fut passé devant M" Alleaume. La même personne de piété « qui ne veut pas être nommée » constituait le même jour une rente de 120 livres pour un catéchisme à faire aux pau* vres à l’issue des vêpres ou office du soir, chaque dimanche, et une autre de 40 livres pour le médecin des pauvres de la paroisse.
Ces diverses fondations sont deM. de Jullienne, le bienfaiteur insigne de la paroisse dont nous parlerons longuement à l’occasion des embellissements de l’église Saint-Hippolyte sous le curé Delafosse. (Arch. Nat. L 655, n°‘ 27-30.)
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obtenu des lettres patentes du Roy et icelles fait enregistrer, le tout à peine de 300 livres d’amendes et autres, portées par les édits et déclarations de sa Majesté (1) ».
Une autre épreuve, plus cruelle encore, atteignit l’école naissante et ruina le séminaire des maîtres de campagne. Le frère Nicolas Vuyard qui était le directeur de ces deux œuvres connexes, avait été constitué par Lebreton héritier des sommes qu’il avait réunies pour assurer l’existence de l’une et de l’autre. Lebreton n’avait pu en effet léguer directement cet argent à M. de la Salle qui était trop connu comme supérieur des frères et d’autre part l’Institut n’ayant pas encore de lettres patentes ne formait pas une personne morale capable de posséder légalement. Nicolas Vuyard abusa de cette disposition pour méconnaître l’autorité de M. de la Salle et lorsque le saint fondateur vint, après la mort du curé, prendre avec lui quelques arrangements au sujet de ce legs, il le congédia en déclarant que cette fortune lui appartenait et qu’il saurait bien en user conformément aux intentions du donateur. Cette conduite indigne aliéna à Nicolas Vuyard les sympathies dévouées qui l’avaient soutenu jusqu’alors. Les libéralités des bienfaiteurs prirent fin et les élèves du séminaire s’en allèrent.
Vuyard qui avait quitté l’habit religieux et rompu entièrement avec les frères, continua encore assez longtemps à son compte les petites écoles sur la paroisse Saint-Hippolyte. Un jour vint où poussé par le besoin, pressé peut-être aussi par le remords, il voulut rentrer dans l’Institut. Mais les portes ne lui en furent pas rouvertes et il mourut en 1719. Son infidélité avait causé la ruine d’une des plus admirables et des plus utiles fondations de M. de la Salle (2).
Cette même année 1719, le pape Clément XI avait accordé une indulgence plénière aux conditions ordinaires aux fidèles qui visiteraient l’église paroissiale de Saint-Hippolyte le jour de la Dédicace de Saint-Michel.
Cette concession, en date du 2 avril, est mentionnée au bas
(1) Arch. Nat. Y 9413.
(2) Guibert, ouvrage cité, p. 362.
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d’une gravure de confrérie dont un exemplaire est conservé dans un précieux recueil de pièces de ce genre formé au début du xvme siècle par un collectionneur parisien et qui se trouve aujourd’hui au Département des Estampes de la Bibliothèque nationale (i).
Cette gravure représente Saint Michel terrassant le démon (2).
On lit au-dessous :
« La Confrairie de Saint-Michel, Erigée par les Compagnions Tondeurs dans l’Eglise Paroissiale de Saint-Hyppolite, faubourg Saint-Marcel les Paris. Cette planche appartient aux campagnons tondeurs. »
Le même recueil contient encore une image gravée pour la confrérie du Saint-Sacrement de la paroisse Saint-Hippolyte, par F. Frappier (3).
Le motif est le suivant : Au-dessus d’un autel, un ostensoir dans un cercle de petites têtes d’anges adorateurs, — • le Père Eternel et la colombe, symbole du Saint-Esprit, planant au-dessus, Au côté droit de l’autel, saint Hippolyte en costume de soldat romain, avec casque et lance, — au côté gauche, saint Laurent en dalmatique, avec le gril comme attribut.
Au-dessous, ces paroles mises dans la bouche de saint Laurent : « O Hippolyte, si vous pouvez croire en N. S. J. Ch., je vous montrerai les trésors du ciel et je vous promets la vie éternelle. » Suit une prière.
Nous possédons nous-même une troisième image de ce genre, commémorative des « pardons et indulgences plénières accordés (sic) par Notre Saint Père le Pape en faveur de la confrérie de Saint-Roch érigée en la paroisse royale (4) de Saint-Hyppolite, faubourg Saint-Marcel à Paris. »
Elle représente saint Roch en costume de pèlerin avec le chien
(1) Rel3, in-folio, p. 175.
(2) Dans le haut du sujet, trois écussons armoriés. — Sur le bouclier, trois forces, instrument à l’usage des tondeurs.
(3) Rel3, p. 289,
(4) Nous ignorons à quelle date la paroisse prit ce titre de « royale » que nous rencontrons ici pour la première fois et qui est d’un usage constant dans la seconde moitié du xvm» siècle. Le curé Delafosse dans
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son inséparable compagnon. De la main gauche, aidé par un ange, il relève un pestiféré étendu demi-nu sur la paille.
Quels travaux importants donnèrent lieu en 1728 à la pose de première pierre que commémorait l’inscription suivante, publiée par Guilhermy dans le tome Ier de ses Inscriptions de la France du Ve au xvme siècle, page 175 ?