‹ Une paroisse parisienne avant la RévolutionChapitre 18 sur 36 · M D CC XXVIII · texte numérisé non relu

M D CC XXVIII

Cette inscription était gravée sur une plaque de métal que l’on trouva en 1867, en opérant la démolition des derniers restes de Saint-Hippolyte. M. Vacquer, dans un rapport du 24 juin

une demande adressée au directeur des Gobelins, le 24 juin 1753, à l’effet d’obtenir quelques tapisseries pour tendre le chœur et la nef de l’église le jour de saint Hippolyte et à quelques autres grandes fêtes, allègue que dans cette paroisse « on prie spécialement pour la conservation de Sa Majesté et pour la prospérité delà famille royale. »(Arch. Nat. O1 2043).

Les curieux d’ancienne liturgie parisienne apprendront avec intérêt l’existence d’un petit livret de quatre feuilles sous le titre suivant : Hymnes et prose de Saint-Hippolyte, par M. de Santeuil, traduites par le R. P. de la Place, jacobin du grand couvent, docteur de Sorbonne. — Une note manuscrite , ajoutée à l’exemplaire que nous possédons nous apprend que l’église Saint Hippolyte avait « pour usage particulier de chanter un psaume entier au milieu du Répons indiqué ordinairement pour les saluts du Saint Sacrement. »

de cette même année, dit qu’elle fut découverte « sous l’üne des assises inférieures des chapelles ajoutées à l’édifice au siècle dernier. » Sa rédaction première était plus précise encore : .« dans l’assise basse de la chapelle la moins ancienne » (x). Il semble bien alors qu’il s’agisse de cette « chapelle ronde, décorée dans le style du XVIIIe siècle » (2) qui a subsisté jusqu’en 1867 parmi les ruines de Saint-Hippolyte et qui, faisant saillie dans le plan général de l’église, est certainement la dernière en date des chapelles ajoutées à l’édifice primitif.

Cette même année 1728, Ravissar aurait fait rebâtir le presbytère proprement dit ou grand presbytère et la maison commune des prêtres ou petit presbytère. C’est du moins ce que nous trouvons affirmé dans un mémoire pour le curé Jean Delafosse, mémoire dont nous ferons surtout état dans un prochain chapitre (3).

L’un et l’autre presbytère, même après cette reconstruction, étaient d’ailleurs d’une austère simplicité. La maison du curé est « construite de telle sorte que personne ne peut demeurer avec lui : il n’y a qu’un seul appartement où il y ait des cheminées. » Les prêtres qui habitent le petit presbytère n’ont chacun qu’une simple chambre : toutefois quand le curé « les voit sédentaires et attachés à l’étude, il récompense leur assiduité en leur donnant une chambre avec un petit cabinet. » Le vicaire était logé dans la maison commune des prêtres : ne convient-il pas, dit l’auteur du mémoire, « que dans une maison habitée par plusieurs ecclésiastiques, il y en ait un, sur qui le curé puisse se reposer d’une certaine inspection qui est toujours nécessaire? »

Le grand presbytère avait son entrée sur la rue des Marmousets : c’était le premier corps de logis après l’église et du même côté de la rue (4).

(1) Bibliothèque de la ville de Paris. (Papiers manuscrits de M. Vacquer.) On trouvera aux dernières pages de cette monographie d’importants extraits de ces notes.

(2) Bouvenne. Nouvelles recherches sur l’église Saint-Hippolyte.

(3) Bibl. Mazar. in-fol. 3318 C, n" 75.

(4) Ravissar avait joint au jardin du grand presbytère un jardin contenant un quartier ou environ de terre, qu’il avait acquis le 22 janvier 1720 de Pierre Clisson et de Françoise de la Vigne, sa femme. Ce jar-

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Le petit presbytère était alors la sixième et dernière maison de la rue Pierre-Assis, du côté de l’église Saint-Hippolyte, en venant de la rue Mouffetard.

Pourquoi faut-il que nous ayons à signaler chez un curé aussi zélé et aussi charitable, un attachement opiniâtre au jansénisme dont il ne se départit jamais.

Son nom se trouve au bas de toutes les requêtes, lettres ou mémoires, adressés au cardinal de Noailles ou à MF de Vintimille, son successeur, par le groupe janséniste des curés de Paris et de la banlieue.

Il ne se départit pas même à la mort, de sa funeste erreur. En effet, le jour même où il expira, le chanoine Dulac, doyen de Saint-Marcel, qui lui administra les derniers sacrements, lui ayant témoigné « à titre d’ancien ami, qu’il était bien mortifié de le voir mourir dans ses sentiments », Ravissar lui répondit « que c’était après mûre réflexion » et le doyen comprit qu’il était inutile d’insister (1).

Ravissar mourut le 5 mars 1733, à cinq heures du soir. Il fut enterré le lendemain à onze heures du matin, contre l’usage et les règlements qui ordonnaient qu’on n’enterrerait les morts de maladie que 24 heures après leur décès. L’office fut fait par l’archidiacre de J osas, malgré les remontrances du doyen du chapitre de Saint-Marcel (2).

din, qui dépendait d’une maison faisant l’encoignure de la rue desMarmouzets et de la rue des Gobelins, appelée la cour Boisseau, fut abandonné à la fabrique de Saint-Hippolyte par les héritiers de Ravissar, Jeanne-Nicolle Ravissar, sa sœur, et Nicolas Alexandre, son beau-frère. L’acte fut passé le 18 février 1735 devant Alleaume et Baptiste, notaires' (Arch. Nat. S 1943, fol. 6).

(1) Nouvelles ecclésiastiques , 1733, p. 47. — On lit dans un ouvrage anonyme publié en 1737 sur les Convulsions du Temps , le passage suivant qui confirme ce que nous savons des sympathies jansénistes de Ravissar :

« Rosalie est amenée au mois de février 1733 chez M. le curé de Saint-Hippolyte, Ravissar, malade à la mort; les convulsions lui prennent dans le moment et elle assure dans cet état qu’il relèvera de sa maladie; il en meurt quelques jours après ». Cité par Mathieu, Histoire des miraculés et des convulsionnaires de Saint-Médard, 2” édition, p. 306.

(2) Arch. Nat. LL 579, fol. 84.

SAINT-HIPPOLYTE

Par son testament en date du 3 mars 1733, avec codicille du 5 mars, reçu par Aleaume, notaire à Paris, Ravissar léguait à la fabrique de Saint-Hippolyte « toutes sommes généralement qu’elle [pouvait] lui devoir, évaluées à 7 ou 8.000 livres », à la charge de payer à Françoise Guetton, sa servante, 200 livres de pension viagère, — de mettre en main du curé son successeur 2.000 livres une fois payées, pour être par lui distribuées aux pauvres honteux de la paroisse — et de donner aussi 100 livres une fois payées à François Hamon, son domestique, pour l’aider à apprendre un métier.

Et pour exécuter ces clauses, Ravissar fit choix de son vicaire, Pierre Heuqueville, un janséniste comme lui, à qui il fit présent en retour d’une édition en dix volumes des œuvres de Saint Augustin.

Quant au surplus des meubles et autres objets existant en sa maison, il en léguait un tiers à la fabrique de la paroisse, un tiers aux pauvres honteux, et le dernier tiers aux prêtres desservant Saint-Hippolyte au jour de son décès (1).

(1) Archives de la Seine. Insinuations, registre n° 222. — Les prêtres desservant la paroisse au décès de Ravissar, étaient :

MM. Heuqueville Pierre, vicaire, dont nous aurons occasion de reparler.

De Ghavannes (Jean-Baptiste-Domenchin), de Paris, sacristain, qui fut vicaire sous les curés Duval et Delafosse. L’abbé Jean-Baptiste de Chavannes était sans doute proche parent de Pierre-Salomon-Domenchin de Chavannes, peintre ordinaire du Roi et membre de l’Académie royale de peinture, qui, par son testament reçu le 14 novembre 1744 par M°Vatry, léguait au curé Delafosse une « pendule sonnante dans sa boîte de bois de chesne » avec trois cents volumes à son choix et donnait le surplus de sa bibliothèque au vicaire de Saint-Hippolyte alors en fonctions. (Arch. de la Seine, Insinuations, reg. 231, fol. 141).

Leleu Jacques, prêtre habitué qui quitta le service de la paroisse avant le 18 juillet 1735.

Fassot Jean-Baptiste, aussi prêtre habitué.

Durand Guillaume-Ignace, du diocèse de Paris, prêtre habitué, qui était chanoine de l’église abbatiale de Moissac au 26 septembre 1735. (Arch. Nat. S 3371.)

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