II. — LA CIRCONSCRIPTION PAROISSIALE
Rien ne vaut, pour se rendre un compte exact de la circonscription paroissiale de Saint-Hippolyte à la fin du xvme siècle, un simple regard jeté sur l’extrait ci-contre du plan des paroisses de Paris dressé en 1786 par J. Junié, ingénieur géographe de Mgr l’archevêque Le Clerc de Juigné. ( Voir page 128.)
Ce plan ne s’étend guère il est vrai au-delà des boulevards qui limitaient le Paris de Louis XVI et, comme Saint-Hippolyte débordait le mur d’octroi, nous ignorons où cessait exactement la paroisse du côté de la campagne.
Saint-Hippolyte était limitrophe avec six paroisses :
Avec Saint-Martin-du-Cloître (Limites : une ligne allant du second bras de la Bièvre au coin supérieur de la rue des Trois- Couronnes, la dite rue à droite, puis toujours à droite la rue Mouffetard continuée par la rue Gautier-Renaud) ;
Avec Saint-Médard, qui pénétrait très avant dans le territoire de Saint-Hippolyte pour englober l’enclos des Cordelières;
Avec Saint-Jacques (voir plus haut, page 66, les limites fixées par l’arrêt du 17 avril 1655 (2) ;
Avec Saint-Etienne-du-Moht, qui avait une partie détachée sur le chemin d’Orléans;
Avec Montrouge (paroisse actuelle de ce nom hors Paris) ;
Et avec Gentilly.
Une grande partie du territoire des paroisses actuelles de Sainte- Anne de la Maison-Blanche et de Saint-Pierre du Grand- Montrouge appartenait jadis à Saint-Hippolyte. Le moulin de Mouxoury est plusieurs fois nommé dans les pièces d’archives
(1) Page 123 du journal intime de Mulot, publié dans le t. XXIX des Mémoires de la Société de l’Histoire de Paris.
(2) Avant la création de la paroisse Saint-Jacques, Saint-Hippolyte s’étendait en largeur non plus jusqu’à la rue de la Santé, mais jusqu’à la rue d’Enfer.
A LA VEILLE DE DISPARAITRE
de la paroisse (1). De même, la Tombe Issoire : aussi voyons-nous le clergé de Saint-Hippolyte assister le 7 avril 1787 à la bénédiction des catacombes qui s’étendent sous toute cette région et que l’on destinait à devenir l’ossuaire général de toutes les paroisses de Paris (2). Toute cette partie était déjà fort peuplée à la fin du XVIIIe siècle, ce qui faisait écrire à l’abbé Denoux (3), curé de la Madeleine en la Cité, dans son projet de nouvelle distribution des Paroisses de Paris, qu’il « serait assez utile de bâtir une chapelleentrelepetitMontrouge etlepetitGentilly»(4).
Quant à la partie du territoire de Saint-Hippolyte située en dedans du mur d’octroi, elle est toute entière comprise aujourd’hui dans la circonscription paroissiale de Saint-Médard. Il n’y a d’exception que pour les deux parcelles de ce territoire situées à gauche de la rue de la Santé, qui ont été naturellement attribuées à la paroisse Saint-Jacques.
(1) Arch. Nat. S 1920, doss. 5.
(2) Héricart et Thury. Description des catacombes de Paris, 1815, p. 181.
(3) « Projet concernant les divers territoires ou districts des paroisses de Paris, etc. » (Bib. Nat. Lk? 13820). Denoux proposait de diviser Paris en 21 quartiers, qui contiendraient 40 paroisses de 20 à 25.000 âmes chacune.
(4) « Il dépend de cette paroisse [Saint-Hippolyte] la maison royale des Gobelins..., l’hôpital de Sainte-Anne situé sur le chemin de Gentilly comme aussi plusieurs habitations, appelées guinguettes, tenant au clos Payen, aussi situé sur le chemin de Gentilly ; les maisons attenant les barrières où se reçoivent les droits du roy, scavoir : celle de Couillebarbe située derrière les Gobelins — de la porte du clos Payen — de Loursine et celle des Capucins derrière les Capucins de Saint-Jacques...» (Bibliothèque Méjanes. Manuscrit 820 : Histoire des paroisses de la ville et des faubourgs de Paris, 1722.)