‹ Une passionChapitre 11 sur 17 · LE FLAGRANT DELIT · texte numérisé non relu

LE FLAGRANT DELIT

Georges poussa un cri de joie et, se laissant glisser à genoux devant la comtesse, il saisit la main qu'elle lui tendait et il la pressa passionnément contre ses lèvres.

Le contact inattendu des lèvres du jeune homme contre sa chair fit éprouver à Marie une sensation qui ressemblait à du vertige. — Un tremblement bizarre secoua son corps; — elle chancela; — les battements de son cœur s'arrêtèrent, et c'est à peine si elle eut la force de dégager son imprudente main.

— Souvenez-vous de votre parole, — halbutia-telle d'une voix éteinte ; — partez pour ne plus revenir, et n'oubliez jamais que je viens de vous dire adieu pour toujours...

Georges allait répondre... — il n'en eut pas le temps.

A cette minute précise, madame de Talmay devint pâle comme un linceul, et les deux jeunes gens se regardèrent avec une inexprimable émotion.

En même temps l'un que l'autre ils entendaient un bruit faible, et cependant distinct, dans le salon

voisin.

Quelqu'un se trouvait là, près d'eux, - un ennemi

ueut-être, — un espion à coup sûr !... Ta situation devenait terrible. - Marie, surprise à cette heure de la nuit avec un homme, Marie, dont nous connaissons l'éclatante innocence, allait être infailliblement compromise.

Georges bondit jusqu'à la porte et fit tourner la clef deux fois dans la serrure.

Madame de Talmay, à demi-folle de terreur et de désespoir, se tordait les mains.

— Vous me perdez ! — balbutia-t-elle.

- Je vous sauve, — répondit Georges.

Dans le salon le bruit augmentait. - On eut ait que plusieurs personnes s'approchaient et parlaient

tout bas. . t

Une main s'appuya sur la serrure... - la porte

ébranlée résista. Nantit

Alors une voix, s'élevant dans le silence, retentit aux oreilles de Georges et de Marie comme retentira dans la vallée de Josaphat la trompette du jugement dernier, - la voix du comte de Talmay.

-Je suis le maître de cette maison... - disait Henri avec une lenteur menaçante. - Qui que vous soyez, je vous ordonne de m'ouvrir.

Marie était tombée à genoux, - ses mains elen-

dues cherchaient autour d'elle un point d'appui qu'elles ne trouvaient pas. — Elle allait s'évanouir.

M. de Commarin ne perdit point la tête dans ce péril suprême que rien ne semblait pouvoir conjurer. — La distribution intérieure du château lui était familière jusque dans ses moindres détails. — Il connaissait l'existence de la petite pièce attenant au boudoir et celle de l'escalier dérobé. — Il prit dans ses bras la pauvre femme anéantie, et il s'élança, chargé de ce fardeau léger, vers la porte qui communiquait avec l'escalier.

— Madame, — dit-il, — fuyez par là... — il en est temps encore... — hâtez-vous...

Marie se ranima.

— Et vous, — demanda-t-elle, — qu'allez-vous devenir?

— Soyez sans inquiétude, madame, — je vous jure que vous ne serez pas compromise. — Au moment où votre mari brisera la porte, je m'élancerai par la fenêtre.

Puis, sans attendre la réponse de la comtesse, Georges rentra dans le boudoir.

Marie, seule dans les ténèbres, essaya de suivre le conseil de M. de Commarinetde fuir parl'escalier de dégagement... — La porte qui La séparai! de cette unique voie du salut refusa de s'ouvrir! — les verrous extérieurs avaient eto poussés !...

La comtesse éperdue roula sans connaissance sur le tapis.

Tout uTi s'était passé en beaucoup moins de

temps que nous n'en avons mis à le raconter.

Georges en rentrant dans le boudoir courut à la croisée. Une distance de dix ou douze pieds à peine la séparait du sol. — Son projet d'évasion par cette voie ne semblait donc point impraticable... — mais à peine venait-il de jeter un coup d'œil au dehors qu'il recula terrifié. — A travers les ténèbres il avait entrevu sur la terrasse, précisément au-dessous de la fenêtre, des formes immobiles et qui semblaient attendre.

Toutes les issues étaient gardées.

La voix du comte de Talmay s'éleva de nouveau.

— Qui que vous soyez, — dit cette voix, — je vous somme pour la seconde fois de m'obéir !... — Si la porte ne s'ouvre pas, elle sera jetée en dedans avant une minute !

Georges, marchant à grands pas dans le boudoir comme un lion captif se meurtrissait le visage avec ses poings fermés...

— Malheureuse femme ! — se disait-il, — elle est perdue, et perdue par moi ! — Misérable fou que je suis ! —Que faire? — quel parti prendre? — Mourir pour elle ! — Oh ! je le voudrais, mais ma mort ne la sauverait pas ! — mais mon cadavre l'accuserait. — Son amant s'est tué ! dirait-on, et mon sang viendrait se mêler à la boue qui va jaillir sur son nom déshonoré ! Et cependant elle est innocente ! — Mon Dieu ! si tout ceci n'est qu'un rêve, éveillez-moi, car ce rêve est horrible! — Éveillezmoi, car je souffre trop !

Quelques secondes s'écoulèrent.

La porte ébranlée craquait. — Georges sentait les vertiges de la folie furieuse envahir rapidement son cerveau.

— Au moins, je la défendrai, — balbutia-t-il, — je la vengerai, — et malheur à celui qui franchira le premier le seuil de cette chambre... — Oui... malheur, malheur, — car beaucoup de sang va couler...

Il tira de sa gaine son couteau de chasse et il se tint prêt à frapper, en répétant :

— Malheur, malheur !

La porte allait céder aux chocs qui l'ébranlaient.

— Faites bonne garde! — cria le comte; — l'homme qui se cache est un voleur, un assassin peut-être... — S'il cherche à s'échapper, feu sur lui!...

— Un voleur... — murmura Georges ; il — dit que je suis un voleur...

Un éclair soudain traversa sa pensée tandis qu'il répétait ce mot, et jeta dans les ténèbres de son esprit une lueur éblouissante.

— Eh bien, oui, — reprit-il, — un voleur s'il le faut !... puisque à ce prix elle sera sauvée ! 0 Marie... Marie... je vais vous donner plus que ma vie ! — Ce que nul homme n'a jamais lait pour une femme, je vais le foire p<»ur vous, et vous saurez si je vous aimais !

Avec une rapidité presipir fantastique, Georges franchit l'espace qui le séparait du petit meublo de bois de rose dans lequel, quelques heures auparavant, il avait mi madame de Talmay serrer les vingt

mille francs. — La lame de son couteau de chasse joua le rôle de ce levier puissant avec lequel Archimède se faisait fort de soulever le monde. — La serrure ne put résister à cette pression impétueuse, — le tiroir s'ouvrit et, à l'instant précis où la porte arrachée de ses gonds tombait, Georges saisissait le portefeuille et éparpillait les billets de banque sur le tapis du boudoir.

M. de Talmay s'élança.

Le docteur Martial, le receveur général, plusieurs des domestiques du château, se trouvaient à quelques pas en arrière, muets et haletants.

A la vue de Georges immobile et seul auprès du meuble brisé, à la vue des billets épars, le comte s'arrêta et jeta autour de lui un regard tout chargé de haine et de soupçons.

M. de Commarin saisit au vol l'expression de ce regard.

— Monsieur le comte... — balbutia-t-il d'une voix éteinte, en cachant son visage dans ses deux mains, — j'étais ruiné... — j'étais perdu... — j'ai cru me sauver par un crime. — Dieu me punit et Dieu est juste... Je suis un misérable... je ne vous demande pas de grâce...

Un lugubre silence suivit ces paroles.

La décomposition du visage de M. de Talmay était effrayante.

Le docteur semblait en proie à une indicible stupeur.

• Le receveur général, à demi vêtu, murmurait entre ses dents :

— Je savais bien qu'il finirait mal, mais je ne me serais jamais douté qu'il irait si vite et si loin ! — Je lui refusais vingt mille francs ce soir, il trouve tout simple de les voler cette nuit! — Ah! le gredin!

— Quel dommage que le procureur du roi ne soit plus ici !

M. de Talmay, pâle comme la statue du commandeur au festin de don Juan, marcha lentement jusqu'auprès de Georges. — Il le saisit par le bras et il l'entraîna dans l'angle le plus reculé du boudoir.

Là il se plaça en face de lui , plongeant dans ses yeux son regard plus étincelant que celui du tigre qui va bondir sur sa proie, et il lui dit d'une voix assez basse pour n'être entendue que de lui seul et en le brûlant de son haleine :

— C'est vrai, vous êtes un misérable, — mais vous n'êtes pas un voleur.

— Monsieur le comte, — répondit Georges, — j'ai avoué mon crime... et d'ailleurs pouvais-je mer l'évidence?... — J'appartiens à la justice désormais... — Livrez-moi... — je ne veux pas de pitié.

— M. de Commarin, — continua Henri d'un ton de plus en plus sourd, — j'ai tout compris... — Mo croyez-vous dupe <le la comédie diffraction que \ou.s venez déjouer avec un merveilleux talent 2 —

— Allons donc! — Jugez-moi mieux! — Vous vous Sacrifiez pour votre complice, c'est fort beau, mais c'est inutile! — Ge Sacrifice ne sauvera personne ! Madame de Talmay, ma femme, n'a pu s'échapper

par un escalier dont j'avais moi-même condamné la porte ! Elle est là, tout près de nous, dans la pièce qui touche à celle-ci, — - et vous voyez qu'elle est assez lâche pour accepter votre dévouement... — Je l'accepte aussi, moi, monsieur! — J'ai voulu vous prouver que je savais tout, mais soyez sans crainte, je ne vous trahirai pas... — Vis-à-vis du monde entier je vous tiens pour ce que vous voulez être , c'est-à-dire pour un voleur , et je serai joyeux , je vous jure, de voir au bagne l'amant de ma femme !

En écoutant ces derniers mots Georges frissonna, non point pour lui mais pour Marie.

— Elle est innocente... — balbutia-t-il, — je vous le jure sur mon honneur.

— Votre honneur ! — répéta le comte avec amertume, — l'honneur d'un bandit, n'est-ce pas? — Nous verrons si vous parlerez de votre honneur sur les bancs de la cour d'assises !

Georges laissa tomber sa tête sur sa poitrine avec accablement. — Il comprenait qu'il était perdu et qu'il n'avait pas sauvé Marie 1

Le comte se tourna vers les spectateurs de la scène que nous venons de raconter.

— Messieurs, — leur dit-il, — vous avez vu... — Fixez bien vos souvenirs, je vous prie, car vous aurez à déposer devant la justice des faits dont vous êtes les témoins... — Le flagrant délit est manifeste... — voilà le meuble brisé... — voilà les billets de banque... — voilà le coupable... — Il avoue son crime d'ailleurs... et comment le nierait-il? — Un

de mes gens va monter à cheval et courir chercher la gendarmerie. — D'inutiles rigueurs me répugnent... Je ne ferai donc point attacher les mains de cet homme que nous appelions notre ami il y a quelques heures... mais, jusqu'au moment où la force publique arrivera, je réclamerai votre assistance pour prévenir de sa part toute tentative de N fuite.

Un sourire d'une étrange amertume vint aux lèvres de Georges.

— Puis-je compter sur vous, messieurs? — continua Henri.

— Oui, certes... cher comte!... — s'écria le receveur généra], — je me mets absolument à vos ordres.

Martial se contenta de s'incliner affirmativement.

— Monsieur de Commarin... — reprit le comte de Talmay, — nous allons quitter cette pièce et nous rendre dans mon cabinet de travail. — Passez le premier. — Je vous avertis que je suis armé et qu'au besoin je me servirais de mes armes.

— Voilà une menace inutile, monsieur le comte... — répondit Georges avec une expression triste, mais résignée, — vous savez bien que je ne résisterai pas.

— Comment le saurais-je, monsieur? — répliqua Henri, — j'étais bien loin de me douter aujourd'hui, qu'en Berranl votre main je serrais la main d'un voleur.

— Un voleur!... — se disait Martial en même temps. — Non! non! c'est impossible! — Je connais Georges depuis vingt ans : — Georges est un imprudent, mais il ne peut être un infâme ! — L'évidence est là, je le sais ; et pourtant, en face même de l'évidence, je ne me sens point convaincu. — J'aime mieux douter du témoignage de mes sens que douter de l'honneur de Georges! — Ce qui se passe est étrange ! — Je devine un mystère funeste enseveli sous d'épaisses ténèbres ; mais, quel qu'il soit, je soulèverai les voiles... je sonderai les ténèbres... je saurai la vérité...

Un des domestiques s'était éloigné depuis un instant pour aller chercher les gendarmes.

M. de Talmay s'adressa aux autres valets :

— Faites en sorte, — leur dit-il, — que le sommeil de madame la comtesse ne soit point troublé, et donnez à vos camarades les instructions nécessaires afin que demain, à son réveil, elle n'apprenne par aucun d'eux les déplorables événements de cette nuit. — Celui qui contreviendrait à mes ordres serait immédiatement congédié... — Ne l'oubliez pas, et retirez-vous. — Je nJai plus besoin de vos services cette nuit...

Cinq minutes après , le comte , le receveur général, le docteur et Georges se trouvaient dans le cabinet de travail transformé en geôle provisoire.

Deux heures s'écoulèrent et parurent bien longues au prisonnier et à ses gardiens.

Enfin les pas de plusieurs chevaux retentirent sur

iîB UNE PASSION

les pavés de la cour. — On enlendit résonner les éperons de grosses bottes dans les corridors du château.

Un brigadier et quatre gendarmes venaient d'arriver. — Georges fat remis entre leurs mains.

Le comte avait fait atteler une voiture.

M. de Commarin se plaça dans cette voiture entre le brigadier et un gendarme.

Les trois autres cavaliers servirent d'escorte, et l'équipage prit le chemin de Dijon.

Aussitôt que le bruit des roues eut cessé de se faire entendre Henri s'assit à son bureau, attira devant lui une feuille de papier à lettre et écrivit les lignes suivantes :

« Cette lettre vous apporte une mauvaise nouvelle, ma chère Marie, et cet argent dont vous aviez si grand'peur de vous charger hier au soir nous a véritablement porté malheur. — Voici les faits. — Je vais vous les raconter très-brièvement, car le temps me presse :

« Cette nuit, pendant votre sommeil, je suis revenu au château pour y prendre quelques papiers importants que, par une inexplicable distraction, j'avais oui die d'emporter.

« Une Lumière maladroitement dissimulée et des bruits suspects me firent soupçonner la présence d'un malfaiteur dans le boudoir où se trouvaient les vingt mille francs.

« Je me hâtai d'aller réveiller deux ou trois de nos amis et plusieurs domestiques, et je revins m'as-

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surer avec eux du plus ou moins de fondement de mes craintes.

« Par malheur je ne m'étais pas trompé dans mes conjectures! — Il nous fallut faire le siège du boudoir car le voleur, surpris par nous en flagrant délit d'effraction, s'était enfermé pour gagner du temps...

« Jugez de notre surprise et de notre douleur à tous lorsque nous reconnûmes le misérable qui tenait encore à la main les billets de banque, auprès du meuble brisé! Ce misérable était l'un de nos hôtes!... un homme qu'aucune accusation de ce genre ne semblait pouvoir atteindre ! . .. — Gaorges de Commarin, en un mot!...

« Vous frémissez de stupeur et d'épouvante en apprenant ce nom, n'est-ce pas? — A qui se fier désormais, grand Dieu! — L'un de nos amis est un voleur! rien ne prouve qu'un autre n'est pas un assassin ! — Il faut envelopper l'univers entier dans une suspicion générale ! Cela glace le cœur et donne le frisson !

« En face d'un crime si manifeste, si audacieux, et dont les témoins étaient si nombreux, il me restait à remplir un douloureux devoir, celui de livrer le coupable à la vindicte des lois.

« J'eus besoin, je vous l'affirme*, de faire un appel à tout mon courage ; mais l'hésitation et la faiblesse m'étaient interdites dans cette terrible occurrence... — La gendarmerie, appelée par moi, vient d'emmener M. de Commarin à Dijon, et la justice prononcera sur son sort... — La condamnation sera

sévère et méritée... — le bagne attend ce malheureux.

« Je ne puis rester au château jusqu'à votre réveil, chère Marie. — Vous savez que mes fonctions de juré me privent pour quelques jours de toute liberté d'action. — La nuit touche à sa fin, — l'heure me presse... — il faut partir.

« N'oubliez pas que vous m'avez promis votre bonne visite, et réalisez promptement cette charmante promesse. — Ce ne sera jamais assez vite au gré de mon impatience.

« Adieu, ou plutôt au revoir, — vous savez si je vous aime.

« Henri. »

M. de Talmay cacheta cette lettre avec la môme froide et complète impassibilité qu'il avait mise à l'écrire.

Il prit un flambeau, il quitta son cabinet et, traversant le salon de réception et le boudoir, il ouvrit la porte de la petite pièce qui communiquait avec l'escalier dérobé.

Ainsi qu'il s'y attendait il trouva la comtesse étendue sans connaissance sur le tapis.

Un sourire d'une expression cruelle jusqu'à la férocité souleva ses lèvres.

Pendant quelques seconde*, il regarda fixement ce beau corps inanimé et cett<> tête pâle noyée dans des Ilots de cheveux blonds.

Alors sa physionomie changea, — ses yeux se

remplirent de larmes qui coulèrent lentement et une à une sur ses joues.

— Comme je l'aimais!... — balbutia-t-il. Mais cette émotion dura peu.

Les yeux se séchèrent et reprirent la métallique iroideur de l'acier. — Le regard redevint sinistre et menaçant... — Ce môme sourire dont nous avons déjà parlé contracta les coins de la bouche.

M. de Talmay, par un geste bizarre, appuya la main sur son cœur dont il sembla chercher les battements.

Au bout de quelques secondes il secoua la tête, et il dit presque à voix haute :

— Allons, c'est fini, —il est mort ! — il est bien mort ! — Fasse Dieu qu'il ne revive jamais I

Il se pencha ensuite vers la comtesse ; — il glissa la lettre que nous connaissons- entre ses doigts roidis et crispés, puis, sans même jeter un dernier regard à la malheureuse femme, il s'éloigna d'un pas rapide.

Revenu dans son cabinet il brûla la lettre anonyme qui lui avait été remise par Michel, en présence du procureur du roi, à la grille du parc, — lettre qui n'était autre qu'un billet sans orthographe écrit par mademoiselle Flore pour se venger de sa maîtresse en prévenant M. de Talmay qu'un rendezvous devait avoir lieu la nuit suivante entre la comtesse et M. de Commarin.

Mademoiselle Flore, nous le savons, avait basé sa dénonciation "sur de faibles indices ; mais nous savons aussi que le hasard l'avait bien servie.

La soubrette chassée pouvait être joyeuse et fière, — elle allait être amplement vengée !

Henri descendit aux écuries, — il se fit seller un cheval par le palefrenier de service, et il lança et cheval au galop sur la route de. Dijon.

Au moment d'entrer dans la ville il rejoignit et il dépassa la calèche que les gendarmes escortaient.

— A LUI d'abord 1 — se dit-il, — à ELLE ensuite !

Et il se dirigea vers l'hôtel du Chapeau Bouge où il descendit.

Au bout d'un peu moins d'une demi-heure les portes de la prison se fermaient sur Georges.

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